Harmony Verna – Les orphelins du bout du monde – Premier roman traduit de l’américain – Editions Belfond  » Le Cercle « 

 

 

 

Titre original : Daughter of Australia

 » 1898, dans l’Ouest australien

Ils s’avançaient dans le soleil.

Elle marchait d’un pas mécanique, trop petite pour voir bien loin; d’ailleurs, ses yeux s’ouvraient à peine. Elle n’avait pas eu besoin de s’habiller, car elle portait ses haillons de jour comme de nuit. Elle n’avait pas déjeuné, mais  elle ne remarquait plus les tiraillements de la faim.

A l’horizon, la boule de feu diffusait déjà des vagues de chaleur à  la surface du lac sombre de la plaine. Les animaux nocturnes fuyaient la lumière, glissaient sous les pierres,  se terraient pour dormir. Les autres se réveillaient, vifs,  jaillissaient des fourrés, des tanières   …

… Le sol de terre cuite, rouge,  s’émiettait. L’air étouffant du matin pesait sur tout …  Ils arrivèrent à hauteur d’un eucalyptus solitaire qui se dressait sur la terre aride, ses feuilles étroites grises de poussière. L’arbre projetait  un peu d’ombre vers lequel il la guida d’un pas chancelant. Il la fit asseoir en retirant sa main de la sienne.  Les yeux vitreux, il décrocha de sa ceinture la gourde cabossée et la posa par terre, à côté d’elle.  Et puis il se détourna, fit un pas, puis deux … Sa silhouette se fit de plus en plus  petite et ne fut plus  qu’un point sombre. Ensuite, plus rien.  Il s’évanouit dans l’air vibrant de chaleur …

… La frayeur l’envahissait, frisson cruel sur sa peau …  Les  appels de l’enfant, dans la nuit désertique,  n’avaient pas plus d’effet qu’un bourdonnement d’insecte « .

Ainsi commence, de façon très forte, ce splendide premier roman qui peut plonger dans la cruauté,  pour rendre encore plus sensibles la bonté, la tendresse.

Car celui qui va découvrir la petite fille est un pauvre homme mutilé dans la mine, qui gagne difficilement sa vie en faisant des livraisons avec son chariot, bravant lui aussi la  chaleur. Ghan aperçoit quelque chose au pied de l’eucalyptus, et quand il va voir, il se rend compte que la toute petite fille  est inconsciente, brûlée par le soleil. Tout doucement, il la pose dans son chariot avec l’aide de Neely. Là où ils se rendent il n’y a plus d’hôpital, mais un médecin qui tente de la sauver, tout en précisant qu’il ne voudra pas la garder. Ghan qui ne sait ni lire ni écrire, et ne connait pas la haine,  repart en emportant les mots que Mirabelle la cuisinière a su lui dire : « Vous lui avez sauvé la vie, à cette petite « . Une énergie nouvelle monta en lui « .

La femme du médecin, Elsa, voudrait adopter la petite fille qui ne prononce pas un mot, et elle est prête à lui donner toute sa tendresse, ce que son mari refuse. Un jour, alors qu’on l’a habillée si joliment, robe neuve et souliers vernis,  l’enfant est emportée   par un homme en uniforme, tandis qu’elle entend les cris d’Elsa. Elle part avec un prénom,  le nom  de la ville qu’elle quitte, Leonora.

On la conduit dans un orphelinat tenu par un bon prêtre, le père McIntyre venu d’Irlande où sa famille a été massacrée, images terribles qu’il ne peut oublier. Il entoure d’affection les enfants qui lui sont confiés. James, jeune Irlandais lui aussi devient le protecteur de la petite fille si fragile et tous les deux grandissent ensemble. Avec lui, elle peut parler.

Le père McIntyre voudrait protéger  » ses  » enfants le plus longtemps possible  malgré le manque d’argent. Il vient un moment où il ne peut plus résister aux pressions. Il accepte de confier Leonora aux riches époux Fairfield car elle est exactement la petite fille qu’ils souhaitent adopter et ils  l’emmènent aux Etats-Unis où ils la présentent comme l’enfant de la soeur décédée de Mrs Fairfield. Quant à son mari,  il est plein de bonnes intentions, mais il est accaparé par la gestion de sa fortune. Toujours plus ! Mais pourquoi Mrs Fairfield se montre-t-elle si sévère, tout en comblant Leonora qui  est bien habillée, reçoit la meilleure éducation ?

Quant à James, il a toujours voulu retrouver sa famille irlandaise et c’est ce qui se produit, quand elle vient tenter l’aventure en Australie. James met de côté ses rêves d’Irlande et travaille dur dans leur ferme. Et le père MacIntyre,  privé des enfants qu’il préférait ? Il connait un destin semblable à celui des prêtres de Georges Bernanos.

Leonora arrive à l’âge où l’on voudrait la marier, de préférence avec un riche prétendant. Peu à peu, elle s’affirme  vis à vis de sa mère adoptive surtout quand la guerre amène à l’hôpital des combattants blessés, car elle se propose comme infirmière et réussit très bien. Le mariage se fait  avec Alex, riche, entreprenant, séduisant qui va partir pour l’Australie diriger la mine des Fairfield. Elle a eu le temps de ressentir sa brutalité et reste sur ses gardes. Pourtant elle est  heureuse de retrouver les paysages australiens qui lui rappellent la campagne, le bord de mer près de l’orphelinat.

Leonora  se fait une vie où elle s’intéresse aux personnes qui travaillent à la mine, et elle met tout en oeuvre pour les protéger des duretés de son mari, particulièrement quand il veut séparer les enfants Aborigènes de leurs parents. Quand elle découvre  les pauvres cahutes dans lesquelles les familles ne sont  pas à l’abri des intempéries, elle se bat pour leur sécurité et leur santé. Ils manquent même d’eau potable, et la typhoïde fait des ravages. En tant qu’infirmière, elle intervient contre son mari qui ne veut rien voir, et elle parvient à ses fins.

Les circonstances font que James accompagné d’un ami vient chercher du travail, et Alex  leur confie des responsabilités. Dans ce vaste continent, tout est possible, la réussite côtoie la misère, et la bonté affronte les cruautés.

Harmony Verna  mène avec brio sa grande fresque, où tous les sentiments peuvent se confronter, dans une nature  qu’elle décrit parfaitement  avec sa dureté et  sa richesse.

Ses orphelins amis  d’enfance gagnent le coeur du lecteur/de la lectrice et l’on voudrait tellement que la belle histoire d’amour et de fidélité connaisse une  » happy end  » ! Ils le méritent vraiment ! Et Ghan, l’homme qui reste bon tout au long de sa vie misérable, que devient-il ?

Magnifique roman  » page-turner « .

Harmony Verna – Les orphelins du  but du monde – Roman traduit de l’américain par Florence Hertz – Editions Belfond  – 571 pages- 22, 90 Euros – Collection ‘ » Le Cercle « 

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Beatriz Williams – Les lumières de Cape Cod – Roman traduit de l’américain – Editions Belfond  » Le Cercle « 

 

Toute la famille Hardcastle se réunit l’été dans la demeure familiale vaste et  chic de Cape Cod – et cette année-là, 1966, est cruciale, car le père de Frank voit arriver la consécration pour son fils, la Présidence. On se réunit afin de suivre à la télévision la cérémonie de remise de la Médaille d’Honneur. Elle sera suivie du grand dîner des donateurs, et  tout le monde compte sur Tiny   » l’élue de l’élu  »  élégante, ravissante, afin que son charme opère à la fois sur les représentants de la presse, la famille, les riches invités.

Mais, juste le soir de la retransmission, une enveloppe arrive par la poste, et quand Tiny  l’ouvre, elle y trouve des photos d’elle, et un message très clair car c’est du chantage sinon les photos seront diffusées. Elle est si bien élevée qu’elle parvient à faire bonne figure, après avoir caché l’enveloppe dans un tiroir de sa commode.. Quelles sont ces photos ? Pourquoi seraient-elles compromettantes, puisque Tilly est parfaite ?

Au repas de famille, les bonnes manières craquent un peu, car voilà Caspian de retour du Vietnam, une jambe en moins, toujours aussi séduisant.  Le repas tourne mal car certains n’aiment pas les guerriers et le disent de façon très directe.

N’importe, la vie mondaine continue, Frank offre à sa femme un très joli collier qui met en valeur sa robe décolletée, sa silhouette fine de danseuse. Baisers tendres.

Tiny s’aperçoit tout de  même  des apartés de son mari avec sa ravissante assistante qui de surcroit a accès  à l’intimité de la maison familiale pour préparer la réception des donateurs. Quand Tiny fait part de ses doutes sur la fidélité de son époux à son beau-père, celui-ci la traite avec désinvolture, et la jeune femme, de plus en plus, se rend compte qu’elle est utilisée depuis sa naissance, d’abord par sa mère qui l’a élevée, elle la plus douce, docile  des trois filles, pour devenir LA Première dame, puis  par son beau-père qui exige d’elle la parfaite obéissance  et l’aveuglement, bref le sacrifice de sa personnalité pour le plus grand bien de la famille

Mais Tiny a vécu une passion en 1964,  avant son mariage qui a bien failli ne pas avoir lieu.  C’est Caspian qu’elle aime, qu’elle a retrouvé  dans sa modeste chambre,  alors qu’il allait partir pour le Vietnam. Quel est le lien avec la danse, avec les photographies ?

Tiny retrouve celle qu’elle a été en 1964 et elle est prête à laisser tomber son mariage, les ambitions de la famille. Elle ne peut deviner les pouvoirs de son beau-père, la vie secrète de son mari dont il sait tout, qu’elle  finit par surprendre et sur laquelle elle ne veut pas fermer les yeux. Et la voilà entrainée dans un engrenage machiavélique et dramatique pour que surtout elle ne dise rien, qu’elle continue à être la poupée – qu’on va droguer … pour plus de facilité.

Suspense au déroulement parfait, superbement maitrisé. Quelle sera l’issue ?  Frank président et sa femme à ses côtés ? Ou bien Tiny et Caspian  vont-ils pouvoir vivre un amour authentique ?

Roman à clés,  même très discrètes et habilement suggérées, seulement suggérées, car c’est un roman !

Et les photos ?

 » Les lumières du Cape Cod »   font partie d’une trilogie familiale : il convient de préciser que ce roman contient une histoire qui se lit séparément. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait, ne connaissant pas cette série, mais il donne envie de découvrir les destins, les personnalités affirmées des femmes de la famille.

Beatriz Williams – Les lumières de Cape Code – Roman traduit de l’américain  par Julia Taylor – Editions Belfond -400 pages- 21 Euros –  » Le Cercle « 

 

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Thornton Wilder – Mr. North – Roman traduit de l’américain – Editions Belfond Vintage

 

Un grand roman  de moeurs réédité parmi les chefs d’oeuvre de la collection  » Vintage  » publiée par Belfond.

Il procure un  parfait dépaysement en 500 pages qui se tournent trop vite.  Nous  voici transportés dans l’Amérique chic, et même ultra-chic d’une station balnéaire qui a ses codes de bonne conduite, ses  mystères, et ses scandales évidemment étouffés, au cours de l’été 1926.

 

Mr North, ainsi se nomme le jeune narrateur en qui Thornton Wilder a mis beaucoup de lui-même, puisqu’il a utilisé son Journal  transposé  en forme de roman  – le dosage entre le romanesque et la réalité  restant son secret.

Donc le narrateur  est fatigué d’exercer sa profession d’enseignant, même temporaire, en attendant mieux, ou autre chose. Il donne sa démission, achète une voiture d’occasion à un ami, qui tient la route juste le temps d’arriver à Newport, où il la revend, et il acquiert une bicyclette. La jolie station balnéaire lui plait tout autant que huit ans auparavant, quand il faisait son service militaire chez les garde-côtes.

Comme l’auteur, Theophilus North a déjà beaucoup voyagé, d’abord avec ses parents entre la Californie et la Chine, puis il  a parcouru, en étudiant,  l’Europe, la France.  Sa culture est grande, ses curiosités multiples, autant que ses vocations successives. Il a rêvé d’être un saint, tout simplement,  puis un anthropologue, ou sociologue, également  détective  » stupéfiant « , puis  un  » stupéfiant comédien « ,  magicien,  amoureux,  aventurier, homme libre.

A Newport, il va pouvoir jouer tous ces rôles à la fois. C’est l’été, et il a l’idée de donner des leçons de tennis, puis sa bonne éducation, son agréable physique, sa culture inspirent confiance, et on lui demande de  faire la lecture, de donner aussi  des  leçons de littérature, de français, d’allemand, d’italien, à des élèves de tous âges.

Ainsi il pénètre dans les familles les plus fermées de Newport, et il rend de multiples services. Mais jamais il n’accepte d’invitation à  déjeuner ou dîner.

Par exemple, il se rend compte qu’un véritable complot familial se trame autour d’un vieux monsieur très riche, au point que ce  monsieur  est convaincu qu’il souffre d’une grave maladie et il vit reclus chez lui. Mr North et lui échangent beaucoup sur la littérature, et peu à peu le jeune homme parvient à le convaincre que le  médecin fourni par la famille ne lui fait pas de bien, mais qu’il peut sortir, marcher sans danger, et remettre un peu d’ordre dans son entourage. Ce n’est pas sans risque pour Mr North qui est menacé,  mais il a déjà su se concilier les policiers de la région, évidemment en toute discrétion. Ce sont des relations utiles.

Chaque chapitre contient une intrigue, et elles   différent  toutes  les unes des autres. Bien sûr, Mr North apporte à chaque fois sa solution.

Ainsi il est averti qu’une jeune fille de vingt six ans,  Diana   » qui a déjà usé pas mal de souliers de bal  » s’apprête à s’enfuir avec un jeune homme pourtant fort convenable. Il faut absolument empêcher ce scandale. Comment le sait-on ? La famille a fouillé dans son linge et trouvé une lettre. Mr North agit avec la plus grande diplomatie, rencontre les amoureux et parvient à persuader la fugitive de retourner  au cours de la même nuit dans  la maison familiale. Les apparences sont sauves. Tant pis pour ce qui était peut-être son grand amour, Diana doit retrouver son père autoritaire qui la prive de liberté, mais sa réputation est sauve.

Il y a plus amusant, quand Mr North découvre ce qui est un atelier de contrefaçons de manuscrits  » authentiques  » en appartement. Il décourage les malfaisants d’une façon tout à fait astucieuse.

Il  noue une  liaison avec une femme très élégante, qui en tant que journaliste, écrit avec esprit sur les habitants de Newport chez qui elle n’est pas reçue, car elle fait partie du  » demi-monde », il   vole au secours d’une jeune femme cloîtrée chez elle car elle attend un bébé et est supposée être fragile, tandis que son mari la trompe. Evidemment elle en souffre, et Mr North s’en aperçoit.  Il lui  lit Shakespeare,  et elle découvre les joies de la lecture, demande des livres, reprend goût à la vie. Mr North fait bien davantage, car il persuade le mari de demander pardon à sa femme et de  lui rester fidèle.

Une maison est supposée être hantée, au point que sa propriétaire la quitte tous les jours en fin d’après-midi car elle  y a trop peur la nuit. Mr North fait circuler des bruits contraires, très positifs, par exemple un miracle s’y est produit. Et cela marche. On accourt !

Il  délivre une jeune veuve très jolie, maman d’un petit garçon,  d’un poids douloureux, et  elle aussi retrouve  la paix. Le magicien qu’est Mr North organise son remariage avec un diplomate de ses amis … Coup double !

Mr North a bien soin de faire remarquer que son prénom, Theophilus, est la traduction en grec du prénom de Mozart, Amadeus – aimé de Dieu.

Délicieuse lecture, animée  par un style fort élégant : Mr North est très cultivé et spirituel.

 

Thornton Wilder – Mr North – (  titre original : Theophilus North ) – Roman traduit de l’américain par Eric Chédaille – Editions Belfond Vintage –  512 pages –  18  Euros

 

site  de  l’auteur : http://www.thorntonwilder.com    ( autres romans en livres de poche )

sites des éditions : http://www.belfond-vintage.fr

http://www.belfond.fr

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Linwood Barclay – La fille dans le rétroviseur – Roman policier traduit de l’anglais – ( Canada ) – Belfond Noir

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 » Elle était là au bord du trottoir, avec ses  cheveux blonds raides trempés de pluie qui lui tombaient sur la figure et le néon CLOORS  dans la devanture du Patchett’s qui l’auréolait d’une lumière sinistre.  Elle luttait contre le crachin en voûtant ses épaules, comme si cela  pouvait la protéger du froid et de l’humidité.

Difficile de donner un âge  précis. L’âge de conduire, et peut-être même de voter, mais probablement pas celui de boire. Certainement pas ici à Griffon dans l’état de New-York. De l’autre côté du Lewinston – Queenston Bridge,  au Canada, peut-être, où la limite d’âge est fixée à dix-neuf ans, et pas à vingt et un ans … 

Je m’apprêtais à  repartir quand j’ai entendu taper au carreau côté passager…   J’ai baissé la vitre électrique juste assez  pour voir ses yeux et le haut de son nez …

– Il y a un type louche dans le pick-up là-bas…  Vous seriez pas le père de Scott Weaver ?

Et alors tout a changé. 

– Si.

Je l’avais été. « 

Le détective privé Cal Weaver réagit en père de famille, et il prend dans sa voiture la très jeune auto-stoppeuse blonde au bord de la route, une nuit.

Et c’est parti pour des ennuis – et des morts. Pas dès le début du récit, les morts, mais quand ils s’y mettent  …

Tout d’abord,  Claire, la jeune fille, a une petite blessure à la main, que remarque immédiatement Cal,  car il  a du métier.  Puis elle se dit malade, demande à  se rendre  dans un restaurant. Cal l’attend, mais quand il va la chercher, il ne voit personne. Cependant, une jeune fille blonde, même sac rouge, est assise dans sa voiture. Il se rend très vite compte qu’elle n’est pas Claire, parce que  sa perruque blonde ne tient pas très bien, et surtout parce que sa main est intacte !  Et c’est elle qui veut sauter de la voiture, en jetant la perruque blonde dans les broussailles. Le mystérieux pick-up noir est arrêté au bord de la route, puis il disparait.

De retour à la maison, Cal ne peut pas raconter sa mystérieuse aventure à sa femme, Donna. Depuis que leur jeune fils Scott a  trouvé la mort en se jetant du haut du magasin où il avait un petit job, rien ne va plus  vraiment  entre eux deux. Ils avaient bien vu que Scott avait changé,  mais ils ne peuvent croire qu’il était à ce point-là sous l’emprise de stupéfiants pour vouloir se suicider. La mort de leur fils les obsède. Donna multiplie les dessins de son fils, sans jamais les trouver aussi ressemblants qu’elle voudrait. Cal de son côté interroge à sa façon  des jeunes citoyens de  Griffon  qui auraient pu côtoyer Scott et le mêler à un trafic. Scott a-t-il été victime d’un meurtre ?

Dans cette  petite ville proche du Niagara, qui  a aussi son rôle, terrifiant –  tout le monde se connait, ou croit se connaitre. Donna est la soeur du chef de la police local, lui-même opposé au maire, qui est le père de Claire, la disparue. L’autre disparue est  Hanna. Et Cal Weaver est le dernier à les avoir vues vivantes. On lui confisque sa voiture, on l’arrête …    » On « , ce sont des policiers  de Griffon, aux méthodes particulières.

Mais le beau-frère intervient,  car il était attaché à son neveu, Scott, et lui aussi veut savoir. Cal a bien besoin d’aide, dans le véritable panier de crabes où il tente de faire au mieux, car  même s’il est difficile de faire parler  les témoins, parfois la chance l’aide.

Les relations parents-enfants sont au coeur de cette intrigue haletante, où l’on va de surprises en rebondissements. Son humour – noir- évidemment, est bienvenu, et les dialogues nerveux ajoutent leur sel  aux péripéties.

Car leurs fils et filles ont leur indépendance, mais évidemment ils ont toujours  leur chambre  à la maison. Ils ont l’habitude de gagner un peu d’argent comme le faisait Scott, avec ses livraisons, ou comme  le petit ami de Claire, le sympathique Dennis, jardinier de l’été,  qui s’est littéralement évaporé, et a peut-être vu trop de choses interdites dans une maison qui se révèle inquiétante.

On n’en sait jamais assez sur ses enfants, et mieux vaut les connaître de leur vivant, telle pourrait être la morale de cet excellent thriller !  Ce que Cal  apprend sur son fils Scott, la façon dont on l’a rendu dépendant de la drogue, alors qu’il était un garçon sensible et gentil,  il le découvre longtemps après la chute de l’immeuble, mais au moins le détective est allé jusqu’au bout de ses enquêtes.

 Tous les thrillers de  Linwood Barclay sont des succès, des deux côtés de l’Atlantique.  » Contre toute attente  »  est adapté  pour la TV sous le titre  » L’Accident   » qu’on pourra voir à l’automne  2016 sur France 3. L’auteur né  aux Etats-Unis vit au Canada, à Toronto.   » La fille dans le rétroviseur  » est son douzième livre traduit en France ( chez Belfond, et en poche : J’ai Lu. )

Linwood Barclay – La fille dans le rétroviseur  – Roman traduit de l’anglais ( Canada )  par Renaud Morin   » A tap on the window  » – Editions Belfond Noir –  456 pages – 21, 90  Euros

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Gwen Edelman – Le train pour Varsovie – Roman traduit de l’américain – Editions Belfond

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Lilka et son mari Jascha sont assis dans le train qui roule vers la Pologne à travers la plaine enneigée de décembre.  Ils retournent vers leur passé douloureux, puisqu’ils sont tous les deux rescapés du ghetto de Varsovie … ils avaient été amoureux pendant cette période au-delà de l’horreur, avaient réussi à survivre chacun de son côté,  puis s’étaient retrouvés à Londres où ils avaient pu émigrer. Ecrivain célèbre, Jascha a reçu une invitation d’un cercle littéraire de Varsovie qui souhaite faire sa connaissance. Lui ne veut pas accepter,  elle, voudrait retrouver les traces de son enfance, avant  les douleurs, quand Varsovie était  en apparence unie et si belle.

Il fait froid dans le train, et l’atmosphère est triste.

 » A présent assis dans le compartiment glacé il lui dit :   Je suis très en colère contre toi. Je t’avais prévenue que je n’y retournerais pas.  Tu m’as harcelé, harcelé  pour que j’y aille. Il releva le col de son manteau.  Ils ne chauffent  jamais dans ces trains ? Rappelle-toi ce qui s’est passé dans le jardin d’Eden. Eve, qui l’a talonné jour et nuit  pour qu’il  croque  la pomme. On connait la suite.  Cela fait bien longtemps que nous avons quitté le jardin d’Eden, rétorqua-t-elle. C’est notre dernière chance.  Maintenant ou  jamais. Mais pourquoi, pourquoi vouloir y retourner ? insista-t-il. Ce que nous avons vécu Là-Bas ne t’a pas suffi  ? « 

A l’arrivée, l’hôtel n’offre  qu’un confort relatif et désuet. Ils tentent de retrouver le goût des nourritures d’autrefois, le parfum des petits pains au pavot, mais il s’est évanoui et  ne restent que de fades imitations …  Très vite, elle veut  marcher en ville, revoir sa maison   » de l’autre côté  » …  Depuis le début, il est en retrait, même si  en définitive, il  lui cède toujours. Sous l’édredon de plumes, ils se retrouvent plus que jamais  dans un huis-clos qui permet confidences et aveux.

Mais les réminiscences  s’imposent au présent, les terribles souvenirs ineffaçables …

Séquence après séquence,  sous forme de  paragraphes  qui racontent les faits   – tous vrais,  l’histoire des persécutions contre les Juifs du ghetto de Varsovie s’impose.

Comment, lui, a-t-il survécu  ? Il était jeune et débrouillard, et il s’est arrangé pour faire de la contrebande, car sous le ghetto, des couloirs avaient été creusés, qui permettaient d’amener un peu de nourriture  et ce ne fut pas suffisant.  Les persécutions se firent progressivement.  D’abord les familles ont dû quitter leurs maisons, leurs appartements, en n’emportant que très peu de meubles sur des charrettes.  Les vêtements, meubles, bijoux étaient volés  parfois par des voisins qui n’attendaient que cela.

Ce fut le cas pour la famille de Lilka.  Elle  dut survivre dans un logement vétuste, dont, plus tard, on ferma les ouvertures, afin qu’ils ne puissent pas voir dehors, de l’Autre Côté  …  Un jour son père  ne put tenir dans cet enfermement, et il sortit.  On ne le revit jamais.

Une des grandes distractions des occupants  –    »  comme ils se sont amusés   »  –   était de tirer à vue sur les Juifs dans la rue, ou de les frapper …  tout fut possible. La ration était de cent quatre-vingt- six calories :

 » Je me souviens de l’hiver 1940, dit-elle.  Nous avions tout le temps froid. Ils avaient fermé les portes et nous ne pouvions sortir. La neige tombait et déjà les Juifs commençaient à mourir.  Cela n’a pas pris longtemps. Cent-quatre-vingt-six calories par jour.  Te souviens-tu Jascha ?  La ration pour un Juif. Parfois il neigeait plusieurs jours d’affilée. Le froid pénétrait dans nos os. On avait l’impression que nos yeux allaient geler dans leurs orbites.  L’hiver polonais, dit-il.  N’en a-t-il pas toujours été ainsi ? « …

Elle, jeune fille  si blonde, a pu suivre une formation d’infirmière à l’hôpital, grâce à sa mère qui lui a obtenu son  » ticket pour la vie « .   » A l’époque, ils voulaient encore  donner l’illusion que seuls les gens en bonne santé étaient  envoyés à l’Est pour travailler. Le personnel hospitalier était exempté de déportation « .

Mais à l’hôpital, les malades sont couchés à plusieurs par lit,  allongés par terre dans les couloirs au point que les infirmières ont du mal à passer.  Les médicaments manquent totalement. Et en été :

 » Les rues étaient noires  de crasse et d’ordures, la puanteur était suffocante.  Sur les trottoir, couverts de feuilles de journaux,  gisaient des corps qui ne verraient plus  jamais les étoiles  …  Là, dans l’ombre d’un bâtiment à moitié détruit, était étendu un petit enfant qui miaulait comme un chat réclamant à manger « …   » La chaleur était suffocante. La   » Grosse Aktion  » avait commencé.  Les policiers allemands, polonais, juifs  défonçaient les portes  et jetaient les Juifs dans la rue  à coups de pied.  Dix mille Juifs par jour  étaient emmenés à l’Umschlagplatz avant d’être envoyés à Treblinka …  Le ghetto ressemblait à une ville fantôme ».

 »  Comme ils ont été courageux dit-elle doucement, ces Juifs qui se sont révoltés  alors que la bataille était perdue d’avance,  en avril 1943. Il y avait des femmes aussi. Même Eux ont été surpris par le courage des femmes juives  … Les Juifs voulaient mourir au combat.  Comment aurions-nous pu savoir qu’ils mettraient  le feu  au ghetto tout entier ?  Derrière le Mur, les flammes s’élevaient jusqu’au ciel « …

Quarante ans après, Jascha, invité à Varsovie dans ce Cercle culturel, fait la lecture de son récit   » La descente « . Les auditeurs ne peuvent le supporter, et quittent la salle, au point qu’il  n’en reste plus que cinq. Et l’organisateur, qui était tellement plein de bonne volonté,  lui dit avec grand embarras  :  » Je ne croyais pas que cela serait si dur.  Je dois avouer que je n’ai pas lu vos livres. Mais votre nom est connu dans tout Varsovie et j’ai pensé qu’il serait intéressant  de vous inviter  à lire ici. Vous, notre compatriote  exilé depuis si longtemps « .

Gwen Edelman a vécu dans sa famille aisée aux Etats-Unis, et elle confie dans des entretiens qu’elle n’est donc pas concernée directement.  Mais, toute jeune, elle a lu   » Le Dernier des Justes  » d’André Schwartz-Bart,   et elle a voulu savoir le plus possible ce qui s’était  passé. Elle précise que tous les faits qu’elle relate sont vrais. Elle a demandé à un survivant de la Shoah l’autorisation de témoigner, elle qui ne l’avait pas vécue, et  ce survivant  lui a donné  son accord.

Elle démontre ainsi que la transmission est nécessaire, toujours, même si les marques et les souvenirs restent indélébiles.

Son livre est dédié à Jakov  Lind.

Gwen Edelman  – Le train pour Varsovie –  Roman traduit de l’américain   » The train to Warsaw  »  par Sarah Tardy – Editions Belfond –  192 pages – 17 Euros

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Gwen Edelman – Dernier refuge avant la nuit – Roman traduit de l’américain – Editions Belfond

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Premier roman  – le récit d’un amour intense, d’une rencontre brûlante à New-York, un été, de celles qui changent une vie, des vies.

Dernier refuge avant la nuit  a reçu en 2002  le Prix du meilleur  premier roman étranger, et vient d’être réédité en même  temps  que le deuxième roman de Gwen EdelmanLe Train pour Varsovie, Belfond également,  2016.  Il faut les lire ensemble, car ils forment un tout.

Kitty, jeune femme libre à New-York, qui voudrait écrire et se trouve bloquée dans son inspiration, passe  dans une librairie,   »  mal éclairée, lambrissée de bois sombre, silencieuse dans la chaleur de l’été « . Elle est  installée sur un tabouret dans une sorte d’alcôve, et elle lit  une histoire, celle d’un homme et d’une geisha.  Quelqu’un  se tient devant elle, cherchant à savoir ce qu’elle lit :

 » Mais elle sentit  bientôt une présence près d’elle et, marquant la page de son doigt, leva les yeux. Dans l’embrasure se tenait un  homme d’un certain âge,  large d’épaules, bedonnant,  les cheveux en bataille, qui l’examinait  sous ses paupières lourdes. J’ai pensé que tu ressemblais à un Polonais, lui avait-elle dit plus tard. Ou à un Israëlien …  Il portait un pantalon de  velours côtelé trop large. Et une chemise bleue  … Il la regardait fixement « .

Leur entente est d’emblée totale. Il a soixante ans, elle, trente-deux. Il prend  l’initiative de l’emmener dans un café, en tête-à-tête, puis dans son appartement  qui se trouve dans un hôtel ancien, plutôt bohême,  »  pour les fous et les artistes « . Des meubles couverts de poussière, une armoire pleine de papiers, une machine à écrire,  un lit, du thé, de la nourriture éparpillée. Il a besoin de parler, elle veut savoir. Il est né à Vienne, ville qu’il a quittée en 1938 dans  un train  d’enfants à direction d’Amsterdam, où des familles ont choisi de les accueillir.

Dix ans plus tard, Kitty, mariée à un autre, menant une douce existence à  Londres, se rend à Amsterdam pour l’enterrement de Joseph, l’homme de New-York, et, pendant le trajet, bercée par le sifflement du train, observant le paysage d’hiver, elle se souvient des semaines de passion.  D’une ville à l’autre, dans cet entre-deux de la vie que permet un lent voyage dans le train, elle revit leur liaison :

 » Ainsi, pensa Kitty, contemplant le givre qui  recouvrait le chaume, ainsi, il serait enterré à Amsterdam. Pas à Londres, ni à New-York,  à Paris,  ou à Tel-Aviv où il avait vécu après la guerre.  Mais à Amsterdam  qu’il n’avait jamais pu oublier  …   Il y retournait tous les ans, y restait quarante-huit heures. C’est suffisant, lui disait-il,  je regarde les arbres, leurs branches délicates qui se reflètent dans les canaux. Je respire l’air  « …

 » Vint un temps où elle ne put pas se passer de Joseph plus d’une demi-journée, où elle se précipitait à l’hôtel Stuyvesant, franchissait d’un pas vif le  hall obscur et attendait devant l’ascenseur … elle montait, montait,  les joues enflammées, tapant du pied,  impatiente d’arriver au huitième étage  » 
où il l’attendait  derrière la porte de leur chambre, aussi impatient qu’elle.

Elle sait que  Joseph est un auteur très célèbre, dont les pièces ont été interprétées, éditées à Vienne et ailleurs. Des pièces noires, au point qu’il a été comparé à Kafka. Il a reçu de nombreux prix.

Dans les entretiens de  2015-2016 où elle parle de ses livres, Gwen Edelman révèle  que Joseph a vraiment existé. D’ailleurs son deuxième livre lui est dédié, et elle y a inscrit son  véritable nom. Il a un visage, une silhouette, qu’on peut voir ( Internet ), comparer à la description qu’elle en donne. Son histoire est donc réelle, et différente.

Joseph la prend comme confidente de ses innombrables rencontres féminines, de ses deux mariages, de  l’histoire de son fils, mort en Israël. Il croit qu’elle peut tout entendre. Et effectivement, elle enregistre tout dans son coeur, sa mémoire, son intelligence d’écrivain qu’elle devient,  après. A New-York, elle pense que leur histoire va durer, qu’ils vont vivre ensemble. Mais c’est Joseph qui prend la décision de la quitter, bien qu’ils s’aiment  …  La suite de la vie de Kitty sera comme Joseph l’avait envisagée pour elle, un mariage calme,  avec un mari paisible.

A New-York, il y eut une dernière nuit. Il lui dit   » N’oublie pas mes histoires « . Elle lui murmure « Pourquoi me quittes-tu ?  » .

 » Ce fut après le départ de Joseph qu’elle se mit à écrire. Tous les mots qui avaient longtemps refusé de  jaillir  se mirent à couler à flots  et à s’arranger d’eux-mêmes sur la page.  Elle avait publié trois romans, s’était installée à Paris et mariée. Pendant des années, elle s’était imaginé  qu’un jour dans un café  à Paris, à Rome, à Vienne ou  à  Amsterdam,  elle  le verrait assis à une table voisine « ….     et tout recommencerait. Mais il lui disait qu’elle était sentimentale, et lui avec son passé tissé d’aventures pouvait lui affirmer  que la vie n’était pas cela.

Pour Joseph, elle a été le  »  dernier refuge avant la nuit « ,  et lui qui avait tant vécu, le savait.

Une histoire d’amour et d’érotisme  avec beaucoup de lendemains, d’une subtile construction, revécue dans un train, thème cher à la romancière, où passé et présent se mêlent. C’est  au point qu’un paragraphe  relatant un épisode de la passion vécue à  New-York  se termine – ou commence – par  une description  de son voyage à elle vers Amsterdam. Une façon pour Kitty de rester fidèle au souvenir – ou à la présence – de son amant.

Décidément, New-York  inspire les passions !  Comment ne pas penser au magnifique  Trois chambres à Manhattan,  roman largement autobiographique où Georges Simenon  transpose sa rencontre tout aussi sensuelle et torride avec Denyse, qui deviendra sa femme, pour le meilleur mais  aussi pour le pire !  Joseph a choisi lui le mode   » brève rencontre   »  inoubliable, et peut-être dans sa sagesse avait-il raison !

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CLIQUER POUR MIEUX LIRE

Gwen Edelman  – Dernier refuge avant la nuit  – Roman traduit de l’américain    » War story   »  – par  Anne Damour – Editions Belfond  –  176 pages –  17 Euros

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( Tous droits réservés, etc – copyright )

Jim Harrison, sa voix, ses confidences sur France – Culture cette semaine en soirée – Avec lui, son Montana était très proche

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C’est un des nombreux hommages à sa mémoire.

Il nous avait tous séduits,  lors d’un   » Festival Etonnants voyageurs  »  à Saint-Malo, consacré à la littérature nord-américaine  : par son rire, sa sensibilité, son humour, ses poèmes. Jim Harrison est un   » grand écrivain   »  chaleureux qui aimait la France.

Il avait un ami, – il en avait beaucoup  – Gérard Oberlé, à qui il rendait visite dans son manoir du Morvan.

Merci Madame Figaro- 8 – 9 avril 2016 – tous leurs droits réservés, etc – copyright

 

Par Georges Walter : Enquête sur Edgar Allan Poe poète américain – Biographie – Editions Phébus libretto

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La première page de l’enquête passionnée, où Georges Walter rend justice à l’homme  malheureux,   biographie savante et sûre  dont Michel Cournot a pu écrire  dans  » Le Nouvel Observateur  » :  »  modèle de rigueur, de fraternité et d’émotion de vie partagée  » ( Michel Cournot s’exprime de la  même façon très juste dans  cet hebdomadaire à propos d’ Alfred de Musset  :  » un monsieur qui ne passe pas  » ! ).

La biographie de Georges Walter  a connu des vicissitudes car elle a été  publiée tout d’abord bien des années auparavant par Flammarion, sans les notes, et avec d’autres inconvénients qui indignèrent fort Georges Walter, au point qu’il alla protester de façon efficace dans le bureau de Françoise Verny car elle n’avait  pas respecté son texte.

Elle fut donc  publiée par Phébus en 1998, rééditée en 2009 avec son  » appendice « , son gros dossier de notes, la bibliographie, l’ index des noms propres (  noms de personnes et noms de lieux ),  les reproductions de la signature d’Edgar Allan Poe qui a tant fasciné son biographe et également d’une lettre  manuscrite chaleureuse de Julien Gracq à Georges Walter du 28 février  ( 1991 ) – plus  la table des chapitres aux titres magnifiques :  » L’enfant d’Ophélie…  le fils  précaire, le fils évincé…  les saloons littéraires… Vol de corbeau sur Broadway…  1848  : sillage et poussières de la comète… 1849 : Ultima Thulé…

Un travail considérable, une référence.

Dans son autobiographie  » Souvenirs curieux d’une espèce de Hongrois  » ( Tallandier, 688 pages, 2008 ), Georges Walter raconte son équipée quand il s’est rendu sur la tombe d’Edgar Allan Poe à Baltimore :

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( Tous droits réservés, etc- copyright )