L.P. Hartley – Le Messager ( The Go-Between ) – Roman traduit de l’anglais – Editions Belfond -Vintage ( grand roman et grand film – extraits du film )

 

 

Un film mémorable,  qui donnait à voir la campagne anglaise idéale par un bel été qui semblait sans fin, un titre simple qu’on pouvait répéter  comme un  » mantra « . .. Il raconte l’irruption de la passion, de la fatalité dans ce tendre décor. Il développe le thème d’une   » éducation sentimentale  »  chez un jeune garçon de  treize ans, le  » go-between « qui voit cet amour avec ses yeux innocents.

 » Go-Between « entre deux mondes aussi, le sien assez simple mais bien convenable, celui de sa mère qui l’élève, et celui de son ami de collège, Marc, qui l’a invité à passer des vacances dans le très aristocratique manoir de sa famille.

Le gentleman d’environ soixante ans se souvient, au début du roman, dans le  » prologue  » : il retrouve une boite à trésors, contenant les souvenirs de cet été qui fut crucial dans sa vie, et aussi son  » Journal de l’année 1900 « , relié, qui lui avait été offert par sa mère. Il y  a relaté certains  faits et événements de cette année dont il se promettait beaucoup. Il les revit …

Enfant seul, très réfléchi et intelligent, réfléchissant aux phénomènes de la pensée, il avait été exposé  aux moqueries de trois de ses camarades au collège. Mais ces garçons ont été punis par eux-mêmes, certains événements étant survenus … Léon a gagné la considération de ses condisciples qui supposent qu’il leur a jeté un sort. Sa vie au collège s’en est trouvée considérablement pacifiée par la suite.

Son ami Marc souhaite qu’il vienne passer le mois de  juillet au manoir de Brandham Court, berceau de sa famille. Sa mère donne son accord, et le voilà reçu dans la vaste famille des Maudsley.

Léon attire la sympathie – mais on se moque gentiment de lui, car ses vêtements sont trop chauds pour ce mois de juillet aux températures exceptionnelles,  » puissantes «   :

 » Marc et moi nous avons été photographiés ensemble  … Je porte un col d’Eton  et un noeud carré,  un veston Norfolk coupé très haut sur la poitrine, consciencieusement boutonné – on distingue  les boutons de cuir,  ronds comme des balles – enfin, une ceinture, plus serrée qu’il n’était nécessaire. Ma culotte était ajustée sous le genou par une bande d’étoffe  fermée par une boucle. Mais ce détail n’apparait pas sur la photographie car il est caché par d’épais bas noirs …  Pour compléter l’ensemble, je portais  une paire de bottines noires  » …

Mrs Maudsley, la maîtresse de maison, remarque évidemment qu’il  a trop chaud – de même la si belle miss Marian, soeur de Marc son ami, et de Denis.  Marian trouve la solution, et lui pose avec délicatesse les bonnes questions. Bien sûr, la mère de Léon a oublié de mettre ses vêtements d’été dans sa valise,  évidemment ce serait trop long de les envoyer par la poste. il se trouve que l’anniversaire de Léon, né sous le signe du lion, est tout proche, le 27 juillet. Marian propose de lui offrir des vêtements d’été pour son anniversaire, bonne occasion de sortie à Norwich. Il le comprend plus tard : c’est cette journée qui a tout changé. Voilà Léon habillé en jeune homme vert très élégant.  Il a aperçu Marian rejoindre un homme à Norwich, et c’est plus tard aussi qu’il s’apercevra que ce n’est pas une coïncidence.

Des sorties sont organisées chaque jour chez les Maudsley, pique-niques, promenades, et un jour, bain de rivière  qui le surprend beaucoup. Il aperçoit ce jour-là le fermier voisin, Ted Burgess,  qui l’impressionne beaucoup.

La maladie de Marc, une rougeole intempestive, lui donne beaucoup de liberté, et Léon découvre  seul les environs du manoir, jusqu’à retourner à la ferme de Ted Burgess, qui y vit seul. Le fermier l’apprivoise, l’autorise à glisser le long des bottes de paille, ce qui fait la joie du petit garçon.  Léon ne peut refuser de transmettre une lettre de Ted Burgess à miss Marian, ,et bien sûr une autre lettre de miss Marian au beau fermier.  Le jeune garçon se rend bien compte que quelque chose se passe, et il pose des questions sur les relations entre homme et femme à Ted Burgess qu’il pense  accessible. Mais le jeune homme  élude la question.

Léon connait son heure de gloire lors de la compétition de cricket,  et reçoit les félicitations générales. Il est décidément la vedette de cette journée  exceptionnelle, car il chante à merveille, accompagné par Marian.

Peu à peu, Léon est gêné par la mission qui lui est confiée, d’autant que le bruit de la rupture des fiançailles entre Marian et lord Trimingham prend forme.

Inconsciemment,  Léon est attiré par Marian  et il se rend compte que sa situation devient difficile. Il ne veut  trahir personne :

 » Mais en Marian, j’avais eu foi.  Contre elle, j’étais  sans défense. Elle était ma fée- marraine : elle avait la bienveillance magique d’une fée, la bonté naturelle  d’une mère « …

C’est pourtant à cause de lui, Léon,  que la situation se dramatise.

Il ne s’en remettra pas.

Le roman ajoute une suite et fin au film ( mais  je l’avais peut-être oubliée ) : bien des années après, Léon revient sur ses pas et revoit Marian, qui  s’est mariée, a connu des deuils, des épreuves. Elle est toujours inconsciente du mal qu’elle a fait pendant cet été exceptionne,l  malgré elle, et …Léon est toujours amoureux !

L. P; Hartley –  Le Messager ( The Go-Between  ) – Traduit de l’anglais par  Denis Morrens et Andrée Martinerie – Editions Belfond Vintage –  402 pages – 18 Euros

( Andrée Martinerie est par ailleurs une excellente romancière :  » Les autres jours « …

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Rachel Abbott – Ce qui ne tue pas – Roman policier trad. de l’anglais – Belfond Noir

Roman psychologique très noir et très malin, Ce qui ne tue pas abandonne en cours de récit les évidences et les presque certitudes, jusqu’à un dénouement sidérant.

A mon avis, rien ne le laissait prévoir. Mais peut-être parviendrez-vous à résoudre cette énigme forte, parfois éprouvante, et bien  » ficelée » !

Elle se déroule au coeur d’une famille abritée dans une très belle maison au bord de la mer. Le propriétaire est un photographe qui a attiré l’attention d’Evie. Elle est simplement passée à la galerie pour demander si l’artiste pourrait effectuer des portraits d’elle à l’intention de son père et elle  lui exprime son admiration.

On ne sait pourquoi, elle éveille la méfiance – la jalousie, déjà – de  Cleo, qui partage la galerie où elle expose ses sculptures et reçoit les amateurs.  C’est qu’elle veille sur son frère depuis la mort tragique de sa femme, Mia, tombée d’un escalier de la demeure.

C’est Evie qui s’exprime :

 » Je repère la photographie de l’autre côté de la rue. Elle est accrochée dans la vitrine  par des câbles fins qui lui donnent l’air de flotter. C’est le portrait monochrome d’une femme dont le corps n’est qu’une silhouette sur fond noir.  L’intensité du contraste crée sur chaque protubérance – une pommette, son nez, le bout de son menton –  un éclat aveuglant, et dans l’ombre des abîmes insondables… 

La photographie m’hypnotise. Je me fige, submergée par les souvenirs. Enfin, je pousse la porte. L’intérieur est superbe. « 

Evie et Marcus se trouvent des affinités. Mais voilà qu’Evie confie à Marcus que son père vient de décéder et qu’elle ne pourra régler sa commande. De visite en visite,  elle propose à Marcus de lui organiser un site internet – c’est son métier – de façon à mettre en valeur ses réalisations.  Le coût serait équivalent. On a toujours besoin d’un site internet !

Il accepte, et peu à peu leurs relations prennent un tour  intime. Le couple se forme et vit dans la belle demeure qui a déjà vu la présence de Mia. Cleo se sent exclue, une fois de plus, d’autant qu’une petite fille, Lulu, resserre encore les liens.

Pourtant des faits étranges se produisent : Evie est très souvent victime d’accidents,  y compris par eau bouillante,  chutes, etc.  Cela coïnciderait avec les voyages de Marcus qui se rend chez des clients voulant être photographiés chez eux.

Et un jour,  le drame se produit  car Marcus et Evie viennent d’être retrouvés ensanglantés, liés l’un à l’autre sur le lit. Qui est la victime ? Qui est le meurtrier ? Même Harriett l’avocate est tout d’abord dupée, tant les apparences sont trompeuses. L’agent Stephanie King mène l’enquête.

Que deviendra Lulu, petite fille née dans des circonstances aussi tragiques .. .

Rachel Abbott – Ce qui ne tue pas –  » And so it begins  » – Roman traduit de l’anglais par Laureline Chaplain – 384 pages – 19, 90 Euros

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Hellen Zenna Smith – Pas si calme … ( Récit de guerre – côté femmes combattantes ) – traduit de l’anglais – Editions de Fallois

Cet automne voit arriver les commémorations  de l’Armistice qui mit fin à la Grande Guerre, celle qui devait être la dernière,  mais ôta la vie à des centaines de milliers de combattants, bouleversa celle des civils  restés vivants- sans oublier les jeunes femmes qui se sont engagées comme bénévoles et  ont mis tout leur coeur, toutes leurs forces dans l’effort patriotique commun.  La Croix-Rouge britannique ainsi que l’Ordre de Saint-John recrutaient des volontaires pour leur VAD  «  Voluntary Aid Detachment  » et leurs familles chic étaient enthousiastes. Une fille au front,  une  » glorieuse fille d’Angleterre !  « , pensez donc ! Elles aussi montraient de l’enthousiasme, mais au début … La réalité fut terrible.

Ces jeunes filles, autour de vingt ans, issues de familles privilégiées, étaient donc tout à coup obligées de porter un uniforme assez peu commode, d’obéir à une hiérarchie  imposant un règlement strict –   » La Capitaine  » y  ajoutant  ! Elles travaillaient de jour comme de nuit et tenaient tous les rôles, aides-infirmières, cuisinières, blanchisseuses, bonnes à tout faire, et ambulancières.

Elles recevaient une courte formation en Grande-Bretagne, et pouvaient ensuite se lancer sur les routes du Nord de la France en hiver  avec une ambulance qui tenait  de la caisse montée sur roues, pour  se rendre à l’arrivée des trains amenant du front d’innombrables blessés afin de les convoyer au plus vite vers les hôpitaux. Elles devaient tenir  malgré les hurlements de douleur,  la vue de blessures terribles …  Elles transportaient aussi les morts jusqu’aux cimetières,  livraient les médicaments, acheminaient à leurs postes médecins et infirmières. Les allers-retours pouvaient se succéder pendant des  heures.

L’une de ces volontaires faisait partie d’un groupe de six jeunes filles de la même chambrée, partageant travail intensif et épuisement,  se remontant le moral avec héroïsme et courage, humour aussi. L’une d’elles,  Winifred Constance Young, a tenu son journal d’ex-ambulancière, et quand en 1930  un éditeur a demandé à la romancière Evadne Price, de rédiger un roman qui serait le pendant anglais du chef d’oeuvre d’Erich Maria  Remarque   » A l’Ouest rien de nouveau « ,  en anglais :  » All Is Quiet On The Western  Front « , elle a adapté le journal de l’ex-ambulancière et relevé le défi, pour une oeuvre à quatre mains. D’où l’utilisation de son pseudonyme Helen Zenna Smith, et son titre anglais :  » Not So Quiet … « 

Enfin une voix féminine forte se faisait entendre parmi tous les récits de guerre car elle voulut aller plus loin qu’Erich Maria Remarque,  prenant place aux côtés de Roland Dorgelès, Maurice Genevoix, Henri Barbusse …

A sa parution, le succès fut aussi grand que le scandale. Elle imposait la vérité, la réalité de l’enfer partagé  au front par les combattants et les jeunes filles, en contraste avec les beaux discours, les charmantes réunions patriotiques, et   » tea-parties  » de l’arrière.

Sa traduction française  publiée  en 1931 par Gallimard reçut un accueil semblable. Son incontestable réussite fut saluée par des personnalités du monde des lettres, Arnold Bennett, Marguerite Yourcenar … Simone de Beauvoir qui écrivit dans sa Force de  l’Age  : «  Helen Zenna Smith dont le roman  » Pas si calme … » m’avait bouleversée « .

Il reçut le Prix Séverine, décerné au meilleur roman conçu pour promouvoir la paix dans le monde. Puis on l’oublia. Il fut redécouvert  à la fin des années 80 par  » The Feminist Price « , maison d’édition américaine liée au mouvement féministe.

Je suis restée bouleversée aussi, révoltée, sous le choc pendant plusieurs jours, tant le livre porte. On n’oublie pas les jeunes filles, les jeunes gens  de cette génération sacrifiée qui sont allés jusqu’au bout de leurs forces.

Et c’est qu’elles sont sympathiques, directes, tellement héroiques, ces jeunes filles !

Voici le début du récit :

 » Première fois depuis des semaines que nous dormons convenablement – huit heures d’un sommeil de plomb, sans rêves ni interruptions. Dès le réveil, on entend au loin le tir du canon : un grondement aussi soutenu qu’au moment où nous nous sommes jetées sur nos  lits de camp, trop épuisées pour retirer nos uniformes,  nos godillots, nos guêtres ou même nos dessous. Neuf jours que nous marinons dans nos vêtements. Mais cet après-midi a été étonnamment calme. Pas d’évacuation, un seul enterrement et très peu de corvées. Nous savons pourtant que l’appel de minuit va terminer cette trêve d’un moment à l’autre. Il nous restera alors dix minutes pour nous préparer et rejoindre les ambulances du convoi. En attendant, enfouies jusqu’au cou dans nos sacs de couchage, nous mâchonnons des biscuits rassis et du chocolat. L’heure de la soupe est passée pendant que nous dormions. Tosh a été la seule à se pointer à la cantine. Par principe, elle ne rate aucun repas. Ce soir, c’est à elle de préparer le Bovril … Comme d’habitude, nous sommes affamées. A des degrés divers, cette sensation de ventre  creux ne nous quitte jamais … 

… Depuis que notre arrivée en France, nous vivons pratiquement sur nos provisions personnelles : Bovril, chocolat et biscuits. Inutile de dire que ce régime pitoyable ne convient pas à des filles de vingt-trois ans – la moyenne d’âge de notre groupe de six – qui font un boulot d’hommes. Tosh est la seule qui peut avaler le rata de la cantine sans vomir ou se couvrir de furoncles …  Et puis, comme elle est là depuis plus longtemps que nous, elle s’est endurcie …

… Sa stature d’Amazone a quelque chose de vaguement rassurant … Elle prétend  – et c’est sûrement vrai – qu’elle tient  son langage cru des palefreniers de l’écurie de son père, un sportif archi-connu.  Quoi qu’il en soit, Tosh est l’idole, non seulement de notre chambrée, mais de tout le convoi. Moi, je l’adore, depuis mon arrivée, depuis cette première horrible nuit où on m’a fourrée dans une ambulance avec la mission de réceptionner un arrivage de blessés. Même en Angleterre, je n’avais jamais conduit de nuit. C’était dire l’état de mes nerfs. Le spectacle du sang et des éclopés acheva de me démolir. On avait garé les véhicules en ligne. Celui de Tosh  se trouvait à côté du mien. Quand elle m’a vue, à moitié évanouie, en train de rendre tripes et boyaux contre le capot de mon ambulance, elle s’est précipitée vers moi : 

– Allez, fais pas ta chochotte ! Reprends-toi ! Arrête tes singeries de fille des beaux quartiers ! Tu as ton chargement. Retourne à ton volant avant que La Capitaine te repère. Et reste en ligne. Vas-y !

Je me suis reprise et j’y suis retournée. Et, jusqu’à l’aube, j’ai fait des allers retours entre la gare et l’hôpital numéro 5,  l’hôpital numéro 5 et la gare,  épuisée, engourdie,  les doigts gelés,  le coeur transi … Une fois rentrée au dépôt, je me suis effondrée la tête sur le volant…  Tosh m’a extirpée de l’ambulance, forcée à avaler du chocolat bouillant … 

– Pour un coup d’envoi, tu es gâtée, Smithy  ! Mais attends de  transporter des gazés, ou, mieux encore, des brûlés au lance-flammes … 

– Et ton père et ta mère pleins d’admiration qui se délectent des hauts faits de leur fille dans le confort de leur maison ? –  » Ma fille fait son devoir … Elle conduit une ambulance tout près du front « .

Les bombes tombent aussi sur les ambulances, même si on leur dit le contraire.

Le drame est là, à chaque  page, et aussi l’énergie, l’humour, et l’amour  de la vie qui  leur fait oublier leur  » bonne éducation   » pour quelques  heures entre les bras d’un séduisant   » homme entier et en bonne santé  » comme elles osent le dire.

J’espère que ce long extrait vous fera entrer dans le monde des six jeunes filles, pour le partager,  encore et encore, afin que leurs sacrifices ne soient pas oubliés..

Il n’est pas le plus dur, ni le plus réaliste …

Helen Zenna Smith –  Pas si calme …  – Récit traduit de l’anglais par Daphné et Henri Bernard – Présentation de Daphné Bernard – Editions de Fallois –  240 pages – 19 Euros

 

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Aga Lesiewicz – Regarde- moi – Roman – thriller traduit de l’anglais ( GB )- Editions Belfond Noir

Après A perdre haleine ( Belfond Noir ), voici le deuxième  » urban thriller  » par la très énergique, efficace Aga Lesiewicz  – que je retrouve avec grand plaisir et intérêt.

Ils ont en points communs de dérouler un suspense dramatique à Londres, de donner la parole à une  jeune femme active  contemporaine, qui doit affronter des dangers redoutables dont elle voit les effets, sans comprendre pourquoi elle est devenue une cible.  Dans A perdre haleine, l’héroïne aime pratiquer son jogging dans des parcs londoniens fort agréables, qui le deviennent moins quand s’y produisent des meurtres. Elle vit dans une maison, et sort son chien.

Voici Regarde-moi,  voici  Kris, artiste photographe passionnée par son métier. Elle a toutes les chances avec elle : Anton, street-arter à succès séduisant en diable qui voyage beaucoup, des amis et amies, un magnifique loft ensoleillé donné par sa tante qui lui a aussi légué une sorte d’ange gardien, Vero qui peut l’accueillir dans son cottage en lui cuisinant de bonnes choses, un emploi du temps qu’elle aménage  à son gré, des clients qui lui donnent des missions passionnantes  – et deux chats, Pixel et Voxel.

Elle avait deux chats, car Voxel a été asphyxié lors d’une fuite de gaz chez elle, la suite des événements bizarres qui tout à coup se produisent – et elle prend peur car ils sont répétés.

Cela a commencé  par un message inquiétant :

La pièce jointe montre des photos. Il y en aura d’autres.

Elle avait terminé une mission, photographier des jouets en bois, et elle avait obtenu le résultat souhaité sans que ses deux chats ne se mettent à jouer avec pour les cacher !  Lorsqu’elle l’a envoyé à sa cliente  la plus importante, celle-ci l’a appelée, très gênée,  pour lui montrer ce qui était parvenu sur son ordinateur : une scène de sexe d’ailleurs bien photographiée chez elle avec Anton, qu’elle avait réussi à convaincre alors qu’il ne le souhaitait pas. Et elle perd cette cliente qui assurait une bonne partie de ses revenus.

Qui a pu pirater ainsi son ordinateur ? Elle a de plus en plus l’impression d’être sous l’oeil et  la caméra de quelqu’un,  mais qui  ? Un temps, elle soupçonne le voisin d’en face.

Lorsqu’elle était  jeune photographe, elle était associée avec son amie Erin pour un projet important  » Zirconium « , qui avait attiré l’attention,  mais en plein succès,  Kris a rencontré Anton, et leurs carrières se sont séparées, Erin devenant une photographe de mode en vue.

Il arrive à Kris de regretter   » Zirconium  » et le jour où leur ancien professeur lui écrit pour lui demander si elle accepte d’envoyer des photographies d’art pour  une exposition qu’il projette, elle est enchantée. Quand  elle traverse tout Londres dans la chaleur d’août, elle est euphorique et pleine d’espoir mais elle découvre avec crainte et stupeur qu’ il n’y a rien à cette adresse … Elle fait d’ailleurs des kilomètres dans une capitale en pleine mutation,  en voiture, en taxi quand elle est pompette ( souvent ), à bicyclette, en bus, à pied et plutôt en courant,  une façon aussi pour le lecteur de découvrir un Londres qui n’est plus celui  de Sherlock Holmès.

Le pire se produit, car Anton tombe d’un immeuble où il faisait des repérages pour son street art. Il venait de  la demander en mariage !

Un thriller haletant où il se passe toujours  quelque chose, jusqu’au dénouement tragique et incroyable.

Certes, Kris est une vraie geek, mais même une personne aussi habile qu’elle peut être confrontée à des piratages dangereux. Elle en perd sa confiance en elle, sa joie de vivre :

 » Je n’arrive pas à  y croire. Je m’allonge sur mon oreiller et ferme les yeux. Je suis fatiguée. Et pas seulement parce qu’il est presque trois heures du matin. Je suis fatiguée parce que, comme un vêtement trop petit ou trop grand, ma vie ne me va plus. Ou est-ce le contraire ? Je ne suis plus en adéquation avec ma vie. C’est comme si quelqu’un d’autre que moi avait pris le contrôle  et me dirigeait là où je n’ai pas envie d’aller. .Je n’aime pas cette nouvelle direction. Je ne reconnais plus mes amis. Je ne me reconnais plus moi-même. Et chaque fois que j’essaie de remettre ma vie dans une position stable, elle glisse hors de contrôle à nouveau. Je suis fatiguée « .

Pour ne pas en arriver là, à sa façon, Aga Lesiewicz  incite à la prudence, et distille de bons conseils. C’était aussi le sens de A perdre haleine  pour le jogging.

Aga Lesiewicz – Regarde-moi – traduit de l’anglais par Julia Taylor – Editions Belfond Noir – 384 pages – 21 Euros

 

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Allan Massie – Hiver froid à Bordeaux – Roman traduit de l’anglais ( Ecosse ) – Editions de Fallois – ( Le Quatuor de Bordeaux – suite )

 » C’était un samedi après-midi, l’une de ces  journées où, comme le disait la mère de Lannes, octobre a renoncé à l’automne  et ouvert la porte à l’hiver.  Le vent qui avait soufflé toute la semaine avait cessé, la température avait chuté et une brume glacée restait suspendue au-dessus de la ville.

Il était seul dans l’appartement, seul avec le chat d’Alain  …  Marguerite était sortie, convoquée par sa mère …  Clotilde était sortie aussi, avec Michel. Il ne lui avait pas demandé où ils allaient, ni ce qu’ils avaient l’intention de faire. Sa fille, à dix-neuf ans, avait droit à son indépendance,  ou du moins au reste d’indépendance dont on pouvait encore jouir. Quant à Michel, Lannes l’appréciait –  le garçon avait du charme et il était bien élevé – et, en même temps, se méfiait de lui. Son grand-père, le professeur de littérature à la retraite qui ressemblait à un colonel, éprouvait sans doute les mêmes sentiments « .

Voilà donc l’ambiance, l’atmosphère à Bordeaux pendant l’hiver 1942-1943. La défaite de l’Allemagne s’annonce et se précise, aussi bien à l’Est en URSS qu’en Afrique du Nord où les Alliés prennent pied. Mais Bordeaux est toujours occupée, et cette occupation peut brouiller les enquêtes dont est chargé le très intègre et compétent commissaire Lannes.

Il a de multiples causes de soucis, aussi bien familiales que professionnelles.

Contrairement à Madame Maigret, toujours partante pour aider son mari,  Marguerite, sa femme, a tendance à la dépression, d’autant plus qu’elle ignore ce que font ses fils  –  et sa fille, à peine !

Alain a  laissé son chat à la maison, et il a rejoint Londres dès l’Appel du 18 juin avec des camarades tout aussi révoltés que lui  par ce qui se passe à Vichy. Unis comme les Mousquetaires, ils suivent des formations spécifiques en Grande- Bretagne, et  on les retrouve au fil du récit  lors de  leurs missions secrètes ou non.

Dominique, le fils aîné, vingt ans en 1940, a été fait prisonnier, ce qu’a très mal vécu sa mère, au point que le commissaire Lannes a dû accepter une  – petite – concession afin de le faire libérer. Ce qu’il a rattrapé par la suite, mais on peut comprendre qu’il n’avait pas le choix. Depuis, Dominique a rejoint Vichy, où il s’occupe d’encadrement pour la jeunesse.

Le fiancé de sa fille Clotilde, jumelle d’Alain, est lui aussi attiré par cette tendance, au point de vouloir s’engager dans le LVF  ( Lutvaffe ). Ce n’est donc pas ce que ses parents  souhaitent pour leur fille.

Le commissaire Lannes rend toujours visite à son meilleur ami libraire,  Henri Chambollay, qui cache chez lui Miriam,  afin qu’elle ne porte pas l’étoile jaune. Elle est aussi protégée par Lannes, car il a  de son côté a un petit faible pour Yvette, mais, comme Maigret, il ne succombe jamais !

Le neveu d’Henri, Léon, juif et homosexuel, a pris le parti de la France Libre avec Alain Lannes et Jérôme. Le vieux tailleur Léopold, oncle de Miriam, grand-oncle de Léon, a choisi une autre sortie, dramatique.

Autour du commissaire Lannes, son jeune adjoint, un  autre du style  » bull-terrier  » qui n’hésite pas à employer la méthode forte quand certaines personnes se trouvent entre ses mains et qu’il faut en sauver d’autres. Le commissaire  subit  aussi le poids  de la hiérarchie, plus un juge, plus les politiques qui croient que les circonstances leur octroient des privilèges … mais si l’Histoire prend un autre cours  ? Certains poussent des pions sur les différents échiquiers.

On attend … que quelque chose se passe, que la victoire qu’on appelle tellement devienne  une réalité, mais à cette époque-là, rien ne vaut un  » crime à l’ancienne  » dont l’enquête doit être menée de façon traditionnelle.  Précisément, dans un de ces immeubles du vieux Bordeaux, avec gardienne qui voit à peu près tout ce qui se passe, une dame très distinguée, donnant des leçons de piano à son domicile, est assassinée. La  mise en scène  évoquerait un rendez-vous  qui aurait mal tourné. Ce n’est pas le cas, mais la maîtresse de piano a une vie secrète que le policier  met bientôt à jour : qui est-elle, quelles sont ses relations ? Existe-t-il un réseau ?

Dans son bureau, quand il  lui faut impressionner, ou quand il invite ses suspects ( mais ils ne le savent pas ) à prendre un verre au café, un repas  dans son restaurant favori, le sympathique et compétent  commissaire Lannes mène l’enquête !

Un écrivain formidable, raconteur d’histoires,  à suivre aussi  :

Allan Massié – Hiver froid à Bordeaux – Roman traduit de l’anglais ( Ecosse ) par Christophe Mercier – Editions de Fallois – 320 pages- 22 Euros –  » Le Quatuor  de Bordeaux  »

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AJ Pearce – Chère Mrs Bird – Premier roman traduit de l’anglais – Le Cercle Belfond

Un premier roman très construit,  pourtant  empreint de spontanéité,  de charme, de fraîcheur, tout pimpant  malgré l’époque : Londres, 1940, quand les bombardements tentent de détruire la ville, de tuer. La vie continue grâce au courage,  au sens du devoir – et de l’humour de ses habitants. Tout le monde est prêt à se rendre  dans les abris souterrains,  et à reprendre  les activités quand les avions de mort repartent – jusqu’à la prochaine fois.

Emmy fait partie de ces femmes qui se sont engagées d’une façon ou d’une autre pour participer à l’effort de guerre. Plusieurs nuits par semaine, elle tient le standard d’une   caserne de pompiers, réconfortant, envoyant les secours,  entendant parfois le pire, sachant que les hommes exposent leurs vies pour sauver  les civils.

Et le matin, elle dort un peu ou pas, et va prendre son travail qui, pour le moment, la confine en tant que secrétaire dans une étude notariale. Mais  un jour :

 » Quand j’ai vu cette annonce dans le journal,  j’ai cru que mon coeur allait exploser. Jusqu’ici, la journée avait été plutôt agréable, malgré la Lutwaffe  qui nous avait cassé les pieds en nous empêchant d’arriver à l’heure au travail, et puis j’avais réussi à mettre la main sur un oignon, excellente nouvelle pour le pot-au-feu. Mais la vue de l’annonce m’a mise en joie. Il  était trois heures un quart,  par un de ces mornes après-midis de décembre quand la nuit tombe avant que le jour ne se décide à se lever, et même avec deux  gilets et un pardessus,  il n’y avait pas moyen de se réchauffer. Assise à l’étage du bus numéro 24,  je pouvais voir la buée qui sortait de ma bouche …  J’avais déjà lu toutes les  nouvelles du  » London Evening Chronicle « . Soudain je l’ai aperçue :

–  » RECHERCHE ASSISTANTE : Poste d’assistante à temps partiel aux éditions du  » London  Evening Chronicle  » . Profil capable, enthousiaste, travailleuse avec 60 mpm vitesse de frapp/110 mpm sténo. Adresser courrier rapidement à Mrs Bird, Launceton Press Ltd, Broadstone House, Londres EC4  »  

De ma vie je n’avais rien vu d’aussi fabuleux. »

C’est exactement ce qu’elle veut, et c’est aussi exactement ce qu’elle est.

Donc, enthousiaste, elle écrit, et reçoit une lettre en réponse de Mrs Bird : elle  est nommée au poste d’Assistante à temps partiel. Le jour dit, elle se présente au siège du journal, et rencontre Mrs Bird, une forte dame impressionnante entourée de petits chiens. Emmy lui dit combien elle est fière et honorée de devenir correspondante de guerre… mais le malentendu se dissipe, et il fait mal.

Car cette adresse est le siège de  plusieurs journaux, et celui qui recrute, c’est le  » Woman’s Friend « , une revue destinée aux femmes,  dans laquelle existe  une rubrique de  » Courrier des Lectrices « , assurée  par Mrs Bird. Le rôle d’Emmy est clair :  elle fera le tri des lettres des lectrices demandant des conseils suivant les consignes extrêmement strictes de Mrs Bird. Il y a une morale  à observer, et des lettres auxquelles on ne répond pas. Pour les autres, la jeune fille prépare les réponses,  qu’elle soumet à Mrs Bird pour publication.

Emmy fait la connaissance de ses divers collègues, prend facilement le rythme de la maison, et se dit que ce sont ses débuts, et qu’elle pourra progresser.

Elle se dit aussi qu’en temps de guerre,  les lectrices ont vraiment besoin de réponses et de réconfort. Certaines  demandent de l’aide, et font confiance à  Mrs Bird. Emmy prend une grave décision, et elle transmet à Mrs Bird des lettres et des réponses qu’elle pourra publier les yeux fermés. Puis elle soustrait, timidement d’abord,  puis de façon de plus en plus sûre, certaines lettres importantes, auxquelles elle répond personnellement – en imitant la signature de Mrs Bird ! Ainsi, elle fait son devoir, estime-t-elle. Evidemment, elle prend un immense risque en ce qui la concerne, parce que ce sont ses lettres qui paraissent dans la revue !

Sa vie personnelle subit les contrecoups, car son fiancé s’éclipse, et elle n’en éprouve aucun regret. Elle continue à rendre visite à ses parents, à concilier son travail à la caserne des sapeurs-pompiers,  à vivre, malgré le temps de guerre si oppressant et dangereux, en compagnie de sa colocataire et amie. Elle fait connaissance d’un magnifique  jeune homme, engagé et courageux.

Un soir, tout le groupe doit se retrouver au   » Café de Paris « … sous les feux des bombardements.

Et ce soir-là, le drame se produit.

Au journal, le stratagème d’Emmy est découvert par une Mrs Bird furibonde … c’est que les lectrices se sont habituées au changement de ton du Courrier des Lectrices, écrivent pour remercier et recommandent le service à d’autres jeunes filles ou jeunes femmes. Les chiffres de vente de la revue montent, ce qui fait très plaisir à Lord Everton, le grand directeur.

Que va-t-il se passer pour Emmy ?

Une fascinante  façon de vivre avec Emmy  la courageuse et ses amies une période où tant de femmes ont eu un rôle essentiel, et ont fait marcher le pays elles aussi avec courage, joie de vivre, dans l’espoir.

Et … vous ne levez pas le nez des pages si captivantes – parce qu’il faut absolument connaître le dénouement – ce que réserve son destin  à Emmy !

AJ Pearce – Chère Mrs Bird – Roman traduit de l’anglais  par Roxane Azimi – Editions Belfond Le Cercle – 359  pages – 21 Euros

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Penelope Mortimer – Le mangeur de citrouille – Roman traduit de l’anglais – Belfond Vintage

 

Nervous breakdown,  dépression nerveuse, qui  débute chez Mrs Armitage  par une violente crise de larmes  alors qu’elle se trouve au rayon  « linge de table, serviettes de toilette  » etc, du magasin Harrod’s, Londres, ce qui convient beaucoup mieux pour sécher les larmes et s’effondrer que le rayon   » porcelaines « . On voit là l’humour assez caustique de l’auteur, Mrs Penelope Mortimer.

Mrs Armitage est évacuée du rayon » linge » avec beaucoup de douceur et de considération, et nous la retrouvons chez le psychiatre où elle débute une série d’entretiens  réguliers. Il lui dit, à chaque séance :  » nous faisons des progrès, nous avançons,  prenez vos comprimés « .  Des progrès ?  Elle doute.

Il lui fait la même remarque que son entourage : – mais pourquoi avez-vous six enfants, pourquoi voulez-vous tant d’enfants  ?  – Que peut-elle répondre ? Elle les a, ses six enfants, elle les aime, de même qu’elle a divorcé de deux maris, qu’elle est veuve, et qu’actuellement elle est mariée à Jack, qui a les deux derniers enfants à son actif et a accepté tous les autres. Il travaille assidûment comme scénariste et   améliore constamment les conditions de vie confortables de la famille.

Mrs Armitage revient sur sa première rencontre avec le père de Jack. Il lui demande :   » Je suppose que vous savez ce que vous faites. Qu’en pensent les enfants ? » …

Il entend à peine les réponses et continue : – »  Vous êtes courageuse …  Il met tout en oeuvre pour s’emparer de ce qu’il peut avoir  : une jolie femme sachant cuisiner,  des enfants tout faits, un mobilier important.   Il exigera beaucoup de choses de vous « …

Nul doute que le couple est uni, mais il connait de graves perturbations, quand  Philpot, la jeune fille qui s’occupe des enfants,   » se trouve à la portée   » de Jack et qu’il ne résiste pas. Mais cette histoire lui inspire le scenario qui lui permet d’accéder au succès et à la notoriété.

Les séquences alternent, séjour chez  les Armitage d’une amie de leur fille,  réunions amicales, vie sociale, avances d’un Mr Simpkin dont elle ne veut pas. Son père meurt, et c’est aussi l’occasion d’une conversation entre mère et fille, sa mère lui reprochant d’aimer les enfants et de se réjouir car elle attend le septième !

C »est la même incompréhension de la part du psychiatre, qu’elle finit par quitter en tenant ce solide raisonnement : il lui explique qu’il a besoin de trois semaines de vacances, et elle lui fait observer que si elle peut se passer de lui pendant  ce temps-là, cela signifie que  leur relation est terminée.

A l’ annonce de la nouvelle grossesse, Jack a une réaction violente. En fait, il explose, il lui dit ce qu’il a sur le coeur, car il estime que les enfants  les ont privés de soirées partagées à deux seulement, qu’ils leur ont consacré trop de temps. De  plus, il a accepté des travaux alimentaires.  La tension est à un point tel que Mrs Armitage se réfugie chez un ex-mari qui la reçoit très bien. Mais Jack tient à elle, et elle consent à  faire ce qu’il demande :

 » Non seulement ils ont mis fin ( pour employer leurs propres termes ) à ma grossesse, mais encore ils m’ont stérilisée de façon à ce que je n’aie plus jamais à craindre d’avoir des enfants. J’ai consenti à tout.  Je croyais en Jack, et, de plus, je commençais, très timidement, à croire en moi-même. J’avais l’impression de tâter mon visage très timidement dans l’obscurité « .

Son corps lui devient étranger  par la douleur nouvelle qu’elle ressent, physique autant que morale.  Et elle connaitra d’autres perturbations au point de s’enfuir  une fois encore. Il semblerait alors que  le récit pourrait se terminer par un dénouement à la Hitchcock, mais ses enfants – qu’on lui reproche tant, la relient à la vie.

Pourquoi   » Le mangeur de citrouille   »  ? On ne trouvera aucune recette, mais en exergue, une strophe d’une petite chanson :

«  Pierre, le mangeur de citrouille / Ne pouvait nourrir son épouse./ Dans une citrouille il la mit. /  Et dès lors fort bien la nourrit ».

De ce voyage au fond d’elle-même, de cette confrontation entre sa sensibilité, son intelligence, sa perspicacité  et les réactions de son entourage, qu’elle ne peut occulter, Mrs Armitage sort, différente, apaisée peut-être. Un témoignage émouvant sur une certaine condition féminine.

Extrait :

 

Penelope Mortimer – Le mangeur de citrouille  – Roman traduit de  l’anglais par Jacques Papy – Belfond – 258 pages – 16 Euros – Collection  » Vintage « 

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