Françoise Bourdin – Quelqu’un de bien – Roman – Editions Belfond

Me René Vigo, avocat, chroniqueur littéraire, et pénaliste, conférencier, peintre … appréciait fort les livres de Françoise Bourdin, pour lui, » romancière de la famille ».

Démonstration en est faite, une fois de plus, avec ce roman particulièrement réussi, en plein dans l’actualité,  où tous les personnages sont vivants. Leur histoire se déroule comme un film en images,  colorées, car l’action se situe en  Provence.

Caroline est médecin généraliste dans un village du Luberon, quelque peu isolé en hiver, tellement agréable en été, malgré les orages parfois très violents.  Elle a sa mission à coeur, et même si ses patients sont nombreux, trop nombreux,  elle prend toujours le temps  de leur prêter attention, sachant qu’un bon médecin est le premier  remède !

Trop nombreux, car elle se trouve dans une zone appelée   » désertification médicale  » et on vient la consulter de loin.

 » – Si quelqu’un peut vous conduire à la pharmacie de garde, à Cavaillon, je préfèrerais que vous  commenciez votre traitement sans attendre.

  Caroline signa l’ordonnance qu’elle relut d’un coup d’oeil avant de la tendre à son patient, un vieux monsieur qu’elle suivait régulièrement pour de multiples pathologies. Cependant, au-delà de ses problèmes de santé, il venait chercher auprès de son médecin une oreille attentive et quelques mots d’encouragement …  Fatiguée par une interminable journée de travail,  elle se  leva néanmoins pour le raccompagner jusqu’à la porte donnant sur la ruelle. On pouvait ainsi quitter son cabinet sans repasser par le secrétariat ou la salle d’attente… 

Elle n’utilisait jamais l’expression   » Bon courage « , formule qu’elle jugeait trop angoissante. Puis elle gagna l’entrée où se tenait Diane sa soeur, encore installée derrière son petit bureau « .

Caroline est fort bien organisée. Les deux soeurs s’entendent à merveille, et Diane, secrétaire médicale, veille sur elle.  Caroline et sa fille Gaëlle vivent dans leur maison  agréable, où Eliette s’occupe de tout. Caroline a gardé de bonnes relations avec son ex-mari, installé  à la ville, de même que sa mère. Elle songe de plus en plus à recruter un confrère, associé,  avec lequel elle partagerait le cabinet, et ce serait facilité par l’attitude compréhensive du maire. Il  a aussi intérêt à  cette nouvelle organisation, et il met à la disposition du nouveau médecin une petite maison, toute refaite à neuf, avec un jardin ! Que de belles soirées en perspective, dans le chant des grillons !  Une première candidature n’aboutit pas,  la femme du médecin ne donnant pas son accord. Mais voici le confrère idéal, d’autant que Claire et lui,  Clément, ont été internes ensemble. Célibataire,  tout lui convient. Peu à peu, les patients vont s’habituer à lui, d’autant qu’il a la même conception de sa profession que Claire.

Les soeurs  sont liées   de longue amitié  aux frères Lacombe, qui se partagent une vaste demeure dans leur propriété vinicole. Louis, informaticien, vit et travaille à Paris, mais il revient souvent. Paul a éprouvé très jeune une véritable passion pour la vigne et le vin, à la grande joie de son père. L’équilibre  bien installé prend fin lorsque Jean-François, le père,  a un grave accident de santé, au point qu’il doit se résoudre  à aller en maison de retraite.  Et Paul met en action sa conception de la viticulture, moins de quantité, et culture biologique.  Il scrute ses pieds de vigne un à un,  enlève des grains, fait pousser à leur base des plantes  évitant tous produits.  Son vin est apprécié, mais pas par son père,  qui entend parler des  transformations par des amis, et il les désapprouve. Immobilisé, il fulmine ! Et il va jusqu’à convoquer son notaire.

Claire, un peu plus disponible, se laisse aller à une aventure d’un soir avec Louis, qui est sincèrement amoureux d’elle. Puis elle s’aperçoit que c’est Paul  qu’elle aime …

Et la rivalité s’installe entre les deux frères ! Quand les passions s’installent,  que deviennent les tendresses, les loyautés familiales ?  A chacun de démontrer qu’il est  » quelqu’un de bien « .

J’aime beaucoup le titre, les personnages,  le cadre, la belle évasion, une réussite de plus à l’actif d’une romancière de grand talent qui sait se documenter sur les professions qu’elle évoque.

Françoise BOURDIN  – Quelqu’un de bien – Roman – Editions Belfond – 288 pages- 21, 90 Euros – Disponible en e-book

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Lisa Azuelos – La vie en ose – Roman – Editions Belfond

Un bien joli roman, plus profond qu’il n’y parait,  car il présente une femme de maintenant, qui traverse une crise essentielle. Alice a 53 ans, elle vivait avec sa fille Chloé, 18 ans, qui vient de partir de la maison pour poursuivre sa vocation de chef, car sa passion, c’est la cuisine. Avant elle, c’est le mari qui est parti … la fameuse crise de la cinquantaine, puis le fils ainé, Lucas … sa profession, bien sûr.

Pour Alice, c’est le choc. Il ne lui reste plus qu’à ranger, ranger la chambre du fils, puis de sa fille – et elle a un grand coup de déprime.

Elle réagit en pensant que c’est le moment de présenter  les dessins qu’elle a réalisés car elle voudrait devenir décoratrice, styliste d’intérieur. Son rêve,  enfin.  Elle sort de son marasme,  téléphone à l’adresse indiquée sur une annonce :   » Happy Home « … et rendez-vous est pris pour le lundi suivant ! Sa candidature de styliste est retenue.

Un courriel vient refroidir son enthousiasme.  Tout ce que  » Happy Home  » peut lui proposer,  c’est un poste de vendeuse dans son point de vente d’un grand centre commercial, et seulement les fins de semaine. Alice hésite… et puis attrape l’occasion offerte.

Ses débuts sont difficiles. Elle doit faire beaucoup de rangements, de mises en place.  Et elle se demande quel avenir sera le sien au milieu de tous ces cartons et papiers d’emballage. Les clients ne sont pas toujours aimables, et elle est débutante.

Un jour, un client l’interpelle en lui demandant assez abruptement si  »  elle a une lampe  » ? Elle est occupée à plier des dizaines de serviettes… Et elle prend une autre décision, celle de faire remarquer, fermement mais gentiment au client, qu’il existe d’autres façons de s’adresser à une vendeuse.

Peu à peu, l’esprit créatif d’Alice l’emporte sur la déprime.  Elle sort  prendre des cours de danse, qui lui font du bien, elle se met à confier à son « Journal » ses aventures quotidiennes.

Elle passe du temps avec son amie Hélène, qu’elle aide à faire son déménagement, et quand Hélène ne peut se résoudre  à écarter les objets qui  se trouvent dans la chambre de son fils Yann, Alice prend le relais, et lui propose de réunir ceux qui sont les plus représentatifs de la personnalité de Yann dans un cadre. Mission accomplie, et Hélène est tellement enchantée qu’elle parle de la réalisation de son amie.  Une amie d’amie lui demande un collage semblable pour la chambre de sa fille,  très rose, vraiment très rose. Lydia met en valeur son travail  dans son Institut de beauté, et lui offre des soins, une mise en beauté…  Alice continue sur la bonne voie.

Et le client pas très aimable ? Cet homme présente ses excuses à Alice, et, peu à peu, à petits pas, une relation agréable s’installe.

Avec humour, avec grâce, Lisa Azuelos  raconte le retour à la vie, la réussite d’une femme qui a osé – avec courage, il faut le souligner. Elle  gagne son autonomie :

« Derrière chaque femme qui réussit, il y a une femme qui a osé « .

Lisa Azuelos – La vie en ose – Roman – Editions Belfond – 288 pages- 19 Euros – ( Existe en e-book )

 

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Joël Dicker – La Disparition de Stephanie Mailer – Roman – Editions de Fallois – ( avec l’hommage de l’auteur à son éditeur )

 

Joël Dicker, jeune écrivain  genevois, nous offre un autre grand roman dont l’intrigue policière, sociale,  se déroule avec une précision horlogère.Dès les premières pages, il décrit  les événements du 30 juillet 1994 à Orphea dans les Hamptons, soir de l’inauguration  du tout  premier festival de théâtre  :

 » Samuel et Meghan Padalin faisaient partie des rares habitants  à avoir décidé de rester chez eux …  A la fin de la journée, Megan était partie, comme tous les jours, en dehors du dimanche,  aux alentours de 18 h 30, pour faire son jogging. . . Son tour prenait  trois quarts d’heure exactement. Parfois cinquante minutes si elle avait prolongé ses exercices. Jamais plus. .. 

A 19 h 45, il avait commencé à s’inquiéter.

A 20 heures, il faisait les cent pas dans le salon.

A 20 heures 10, n’y tenant plus, il avait finalement pris sa voiture pour parcourir le quartier… Il s’engagea sur la rue Penfield, et remonta jusqu’à Penfeld  Crescent . Il était 20 heures 20. Pas âme qui vive. Il s’arrêta un moment pour  observer le parc, mais n’y vit  personne. C’est en redémarrant  qu’il aperçut une forme sur le trottoir. Il crut d’abord à un amas de vêtements. Avant de comprendre qu’il s’agissait d’un corps.  Il se précipita  hors de la voiture, le coeur battant : c’était sa femme. »

Ses cris alertent un habitant qui appelle la police. Un des premiers agents arrivés remarque que la porte d’une maison proche est entrouverte  :   » Toute la famille du maire avait été massacrée « .

Ce qui frappa les premiers témoins, c’était que le maire était attendu ce soir-là au théâtre pour faire le discours d’inauguration de   » son  » festival. Or, il n’était pas en tenue de sortie, mais de maison, de même que sa famille. Des  bagages étaient prêts au départ, certains déjà dans la voiture.

Les pages suivantes se déroulent  en 2014, très exactement 33 jours  avant la première du 21 e festival de théâtre d’Orphea.  Jesse Rosenberg, capitaine de la police de l’Etat de New York  parle et relate la petite réception donnée à l’occasion de son départ de la police.  Il a seulement 45 ans  mais après 23 années de service,  il décide, serein et heureux, affirme-t-il, de partir pour se consacrer à un projet qui lui tient à coeur. Des éloges et remerciements viennent  de toutes parts, et on l’appelle  » Mr 100 %  » car il a résolu toutes les enquêtes qui lui ont été confiées, notamment le quadruple meurtre de 1994.

C’est alors qu’une jeune femme se présente à lui en tant que Stephanie Mailer, journaliste  à l’Orphea Chronicle,  et elle lui demande avec humour si elle peut le nommer   » Mr  99  %  » car selon elle, il y a une affaire qu’il n’a pas résolue, et c’est  celle de 1994 ! Elle lui montre un article  paru cette année-là en lui assurant qu’il est passé à côté d’éléments importants, et qu’il n’a pas arrêté le véritable coupable. Elle souhaite  avoir accès  à des documents, et l’informe que le lendemain, elle rencontrera  une personne qui va contribuer à l’enquête qu’elle mène, elle, terminant par   »  A bientôt « .

Mais il ne pourra continuer la conversation avec Stephanie Mailer, car elle disparait  du journal, de son appartement …

Comme avec un balancier, les épisodes alternent entre les jours de 1994 et ceux de 2014.  Nombreuses sont  les personnes qui participent  aux événements et elles s’expriment à  tour de rôle. Les rouages bien huilés font apparaitre tout à tour des criminels  possibles,  un coupable qui pourrait être innocent, mais il est mort depuis 1994, des comptes  voyageurs, des difficultés dans des couples ou entre des parents et leur fille,un libraire fort sympathique et compétent, une revue à New-York  qui est le lieu de beaucoup de passions, des restaurants dont les patrons ont été objets de pressions, des policiers très motivés.

Quels sont les rapports entre toutes ces personnes et ces lieux  ?

Pourquoi Stephanie Mailer  a-t-elle pris un billet d’avion  pour Los Angeles, pourquoi a-t-elle fait le voyage, qui a-t-elle rencontré,  alors qu’elle gagne très peu à l’ Orphea Chronicle ?

Anna, chef-adjoint de la police d’Orphea, pourra-t-elle dépasser les préjugés  alors qu’elle est fort compétente et  devrait accéder à un échelon supérieur – mais  le chef lui dit un  jour  qu’elle est là en tant que  » quota  » ?

Ses parents n’ont pas compris qu’elle ait quitté  New-York pour Orphea, ville où elle se plait :

 »  En dehors de mes soucis d’acclimatation professionnelle, je me plaisais dans les Hamptons. Orphea était une ville paisible où il faisait bon vivre, bordée par l’océan et entourée d’une nature sauvage.  Les longues plages sablonneuses, les forêts profondes, les étangs couverts de nénuphars, les bras de mer sinueux attirant une faune abondante étaient autant d’endroits enchanteurs que l’on pouvait trouver tout autour de la ville. Les étés y étaient merveilleux et chauds, les hivers rigoureux mais lumineux « .

Joël Dicker –  La Disparition de Stephanie Mailer – Roman  – Editions de Fallois – 640 pages – 23 Euros

 

 

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Juliette Benzoni –  » reine – française – du roman policier historique  » nous a quittés …

Voici le bel article paru dans  « Point de vue  » du 17 au 24 Février 2016 – Tous leurs droits réservés, etc – copyright

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Je n’en ai lu qu’un seul, extrêmement intéressant, alerte, appuyé sur une riche documentation,  Ces belles  inconnues de la révolution – Editions Perrin   …   il m’en reste 85 à découvrir !

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