L’ours et la poupée – Album – Père Castor – ( dès 5 ans )

La tendresse, la beauté des dessins associées à la délicatesse du texte  font de cet album esthétique un livre éducatif à tous points de vue.

Car il s’agit d’un thème sensible, l’abandon, qui est une peur, une angoisse que peuvent ressentir des enfants sans pouvoir l’exprimer, et aussi la perte du doudou.

L’ours en peluche Grizzli a été oublié dans le train par  Arthur qui part en vacances au bord de la mer avec ses parents. Il est un ours un peu spécial avec des oreilles de lapin,  une queue d’écureuil,  un véritable compagnon pour le petit garçon.

Il se retrouve sur une étagère du bureau du chef de gare, dans le noir, et il se sent vraiment très seul. Puis dans la pénombre, il distingue une forme, et il s’agit d’une poupée très mignonne, vêtue d’un maillot de bain, avec des lunettes de soleil. Pas de doute, elle allait aussi à la plage ! Elle lui explique qu’elle se nomme Lola Belle,  qu’elle était dans le train avec une petite fille,et qu’elle attend dans cette pièce depuis un mois. Un mois à entendre le bruit des trains qui passent …  Grizzli ne peut l’accepter, et il décide la poupée à partir vers la mer, tout simplement en suivant les rails. Elle accepte, malgré ses inquiétudes.

Ils vont connaitre toutes sortes d’aventures, apprendre à faire très attention quand les trains passent, ils affrontent les tunnels  angoissants  et  s’aperçoivent qu’ils doivent continuer en suivant le cours d’eau qu’ils voient devant eux. Les voilà à bord d’une sorte de radeau qui vogue sur le fleuve … vers la mer !

Le courage d’agir, d’affronter les risques, plutôt que de rester passif …  la volonté d’aller jusqu’au bout, avec l’aide de l’amitié  …  sous cette forme charmante, le message passe.

Mais on peut se demander pourquoi les parents d’ Arthur et de Mathilde n’ont pas téléphoné au chef  de gare !

L’ours et la poupée – par Hubert Ben Kemoun –  Illustrations de Kim Seijung – Père Castor –  Album cartonné format 24 x 30 cm – 32 pages – 13,50 Euros – ( Dès 5 ans )

 

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Elizabeth Laird – Le garçon qui courait plus vite que ses rêves – Traduit de l’anglais – Flammarion Jeunesse- Coll. Tribal – ( Dès 11 – 12 ans )

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Une très belle histoire de famille, d’amitié, de loyauté, de traditions, de respect de l’héritage, de vocation, d’efforts  et de courage  : quel programme !

Salomon a  11  ans et vit dans un petit village en Ethiopie. Il présente sa maison, car c’est lui qui s’exprime:

 » Mais que je vous explique d’abord à  quoi notre maison ressemblait, pour le cas où vous ne seriez jamais venus  en Ethiopie. Elle était ronde, comme la plupart des habitations dans nos fraîches contrées de hauts plateaux, et son toit de chaume formait un cône. Elle se composait d’une pièce unique, au centre de laquelle un feu brûlait à toute heure.  Ce dernier nous enfumait un peu, mais il nous gardait au chaud et nous éclairait de sa lumière.  Il y avait aussi un paravent,  derrière lequel nous placions nos bêtes, la nuit seulement. Car, bien sûr, pendant la journée, elles étaient dehors, à pâturer. »

La famille vit paisiblement. Elle est composée de ses parents, son grand-père, et sa petite soeur. Il a un ami, Marcos, dont la maison est éclairée à l’électricité. Salomon et Marcos vont ensemble à l’école, mais pour Salomon, qui a toujours aimé courir, en toutes occasions, le trajet lui permet de s’exercer, deux fois par jour :

 » Mon école se situait à une huitaine de kilomètres de  chez nous. Je m’y rendais  chaque matin, car notre instituteur  enrageait quand nous arrivions en retard.  Et l’après-midi, je faisais le chemin en sens inverse,  toujours au pas de course bien entendu.  Il ne m’arrivait que rarement de finir en marchant « .

Ses parents vivent très modestement, préférant  que  leur fils reçoive une bonne instruction. Et il veut en être digne.

Un jour, son grand-père explique qu’il doit  se rendre à Addis- Abeba voir un ami. Il a donc  besoin de la présence et de l’aide de son petit-fils. C’est ainsi qu’un matin très tôt, tous les deux  vont à pied jusqu’à  Kidame, où ils prendront l’autobus jusqu’à la capitale.

Chemin faisant, le grand-père fait ses confidences à Salomon.  C’est qu’il a été un coureur distingué par une médaille, et il a fait partie de la garde d’honneur de l’Empereur Hailé Sélassié. Persécuté, il a été emprisonné, a été condamné à des travaux forcés, et en héros, a pris la défense d’un ami maltraité. Il a pu s’enfuir, courir, sauter sur un cheval au galop, et ensuite il s’est caché jusqu’à  des temps meilleurs.

Il s’est retrouvé en son petit-fils, qui a hérité de sa passion pour la course, et sans le lui dire, a contribué à son entraînement.  Les liens se resserrent entre eux deux. Pourtant Salomon est inquiet, car son grand père a beaucoup marché, au point que son teint est devenu gris et qu’il a du mal à respirer.

Quand ils arrivent à Addis Abeba, Salomon est surpris par tout ce qu’il voit, les grands immeubles et leurs fenêtres, la circulation, le bruit  …

Grand-Père rassemble ses forces, et  il peut revoir son ami … puis il décide d’observer l’arrivée des sportifs vainqueurs olympiques de  course à pied qui font une arrivée triomphale dans leur pays. Salomon se fait lui aussi un nouvel ami,   Kebede,  qui lui vient en aide.

Dans la foule, Salomon perd son grand-père, et quand il le retrouve, il voit le vieux monsieur inanimé, luttant contre une crise cardiaque.  Son grand père  est allé jusqu’au bout de ses forces et de sa mission.  Il demande à son petit-fils de retourner à la maison chercher son fils car  il veut être entouré de tous les siens.

Salomon marche, marche, avec Kebede, tout d’abord, qui  le guide vers l’autobus. Mais le véhicule  fort vétuste tombe rapidement en panne.

Cours, Salomon, cours ! Le  jeune garçon  va aussi vite qu’il le  peut vers son village, se souvenant des conseils de son grand-père  :  »  Cours mon garçon, garde le rythme, lent et régulier « . Le trajet représente  près de quarante  kilomètres, et Salomon souffre, de tous ses muscles jusque dans les os, tandis que ses pieds saignent.

Mais il arrive au village avant l’autobus, et il va garder le nom du   » garçon qui va plus vite que l’autobus  » !

Après une courte nuit de repos à la maison, dès le lendemain matin, malgré les douleurs, il repart afin d’ atteindre le village avec son père  … et tous les deux pourront revoir le grand père, qui  les attend à l’hôpital, pour son dernier souffle.

Salomon va reprendre sa vie à la maison, avec le souvenir de son grand père. Il a un rêve, être un jour  un des héros olympiques reçus en triomphe, et il le réalise, recevant médaille sur médaille,  gardant ses amis.

Superbe histoire ! Qu’en penseront les scolaires d’aujourd’hui, qui  vont de l’école  à la maison en bus,  sans faire aucun effort  …  Ils peuvent  comparer avec l’enfance de Salomon, et celle d’autres enfants qui font des kilomètres à pied pour rejoindre leur classe, longeant des précipices, tels les jeunes Népalais, ou en barque,  comme en Amérique du Sud  !

Salomon, lui, s’est dépassé, car il a du courage. Il a reçu encouragements et bons conseils, qu’il  a su entendre et suivre.

Elizabeth Laird  est née à Wellington, en Nouvelle Zélande.  En 1945, sa famille s’installe au sud de Londres et quand elle a  18 ans,  elle part enseigner en Malaisie, puis en Ethiopie et en Inde.  Elle est l’auteur de nombreux livres pour la jeunesse.

Elizabeth Laird  –  Le Garçon qui courait plus vite que ses rêves – Roman traduit de l’anglais (  Royaume – Uni ) par Catherine  Guillet  – Flammarion Jeunesse –  Format 14 x 21 cm –  144 pages – 12 Euros – ( Dès 11- 12 ans )

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