Natsume SÔSEKI – Je suis un chat – Traduit du japonais – Gallimard / Unesco – ( en cours de lecture )

IMG_0002

… en cours de lecture  –   car le récit est extrêmement minutieux – et aussi délicieux que précis.

Le chat du savant raconte sa vie au jour le jour, émeut parfois, amuse souvent,  car il s’agit d’un chat observateur des humains, conscient de ses supériorités de Chat, doué du sens de l’humour.

Il vit chez un professeur qu’il aime, qu’il critique aussi, et souhaiterait améliorer, selon ses critères félins. Mais il n’hésite pas à le défendre courageusement …

Extrait :

 » Les pattes de chat font oublier leur existence ; on n’a jamais entendu dire qu’elles aient fait du bruit par maladresse, où qu’elles aillent. Les chats se déplacent aussi silencieusement que s’ils foulaient de l’air ou se déplaçaient sur des nuages. Leur pas est doux comme le bruit d’un gong en pierre qu’on frappe dans l’eau, doux comme le son d’une harpe chinoise au fond de quelque caverne. Leur marche est parfaite comme  l’intuition profonde et indescriptible des plus hautes vérités spirituelles  … Je vais où je veux, j’écoute ce que je veux, je tire la langue, je  secoue ma queue et je retourne calmement chez moi avec mes moustaches bien droites. Dans ce domaine,  je suis d’ailleurs le chat le plus doué du Japon. Je me demande même parfois si je n’aurais pas quelque parenté avec  Nekomata,  le chat légendaire des livres d’histoires illustrées d’autrefois « .

Ecrit par un lettré grand amoureux des chats   … une très fine approche de la civilisation japonaise, de l’histoire du Japon.

IMG_0003

Tous droits réservés, etc – copyright

 

Une autre charmante rencontre d’ Etonnants voyageurs : Jean-Pierre Mondy et son roman -conte de fées  » Mes yeux de chat  » – pour enfants de tous âges – Bleu Turquoise Editions

IMG

La fée a pris l’apparence d’ un chat extrêmement gentil, évidemment,  qui sait parler ( quand il veut bien ). Il voyage dans la péniche de  » Papou » , le grand-père et  les enfants Aline et Léo :

 »  Léo prit Gryps et l’assit entre eux deux. Le chat clignait des yeux.  Sorti des profondeurs de la péniche,  il s’habituait au ciel d’azur et à l’éclat du soleil. Il se laissait pénétrer par la douce chaleur  qui en  émanait.  … C’était  un soir, alors que Papou était plongé dans une lecture, que Gryps avait parlé pour la première fois. « 

Papou donne son avis sur  les   » Contes du Chat perché  » – et Gryps lui répond.

 » Il expliqua  plus tard à Papou  que tous les chats savent parler mais que, trop souvent,  les hommes refusaient de les écouter.  Alors, ils se contentaient de  s’asseoir au coin du feu pour contempler l’agitation de leurs maîtres. Ce  que les hommes prennent pour de la paresse n’est que sagesse « .

Cette  histoire  délicieuse   a des affinités avec le roman   » Le pays où l’on n’arrive jamais  » – mais son merveilleux est toujours gentil.  Le chat raconte ses aventures,  ses rencontres avec le renard, le pigeon  – qu’il rassure en lui affirmant qu’il n’a rien à craindre, car il est un chat qui ne mange que de la viande cuite.

L’humour est bien présent ! Le roman, délicatement didactique, fait passer toutes sortes d’anecdotes et incite à aller plus loin.

C’était un plaisir de bavarder non pas avec le chat – mais avec son  » père « , professeur des écoles souriant qui a vécu et enseigné à Fougères, Saint-Malo.  Ses élèves ont eu beaucoup de chance ! Un auteur à suivre.

Les illustrations de Sylvain Morel ajoutent au charme du récit.

IMG_0002

Jean-Pierre Mondy – Mes yeux de chat – Illustrations de Sylvain Morel – Bleu Turquoise Editions –  68 pages –  8 Euros – ( Dès 8  ans )

IMG_0001

Tous droits réservés, etc – copyright

 

IMG_0001

 

 

De Chateaubriand … au chat noir qui porte-bonheur comme tous les chats … essai de prévision de programme !

IMGMerci beaucoup  pour toutes vos visites en particulier en Bretagne qui me tient à coeur – je suis très touchée !

Madame de Chateaubriand appelait son époux   » Le Chat  » et ils les aimaient tous les  deux beaucoup. Les chats – et les oiseaux, et les arbres les ont accompagnés  au long de leur vie.

Programme de la semaine : d’abord quelques informations pratiques d’après des coupures de presse, etc  – et ensuite la littérature, romans, etc en réserve depuis quelque temps. Pas trop longtemps … et puis, ce sera selon l’actualité !

Bonne semaine, amies et amis des blogs si passionnants – et beaux !

Amitiés

Chats – quelques conseils du vétérinaire

IMGMiss H a 3 ans et nous sommes allées chez le vétérinaire pour le vaccin annuel et le petit bilan.Tout est ok.

( nous nous connaissons depuis les 2 chats si aimés d’avant )

Il a dit :

  • croquettes de très bonne qualité  – car elles préviennent le tartre – ET petites boites ( 1/2  à la fois en plus car elle est menue – mais costaude )
  • jamais de petit bout de viande – ni même de minime cuillerée de yaourt  nature  : éviter les protéines et donc prévenir  à long terme l’urémie

à la rigueur elle peut lécher le pot quand il n’y a presque plus rien dedans. Et ce n’est pas de l’humour !

Dans la vraie vie : elle accourt au bruit du petit couvercle qu’on ouvre et lèche souvent le dessus du yaourt.

  • bannir absolument les jouets à plumes – car ils peuvent provoquer de graves accidents digestifs. D’ailleurs ils devraient être interdits, dit-il.
  • je lui ai demandé aussi pourquoi cette manie de lécher les sacs en plastique ? – réponse : on ne sait pas. Il faut faire attention de ne pas laisser de liens, qui peuvent être avalés. ( En tous cas, miss H aime ça )

Si quelqu’un veut ajouter quelque chose : bienvenue !

( le petit carnet est inclus dans le  N° du Cosmopolitan France  de  novembre  )

Claude Habib- Nous, les chats … – conte – Editions de Fallois – ( Poignante autobiographie d’un chat indépendant )

jpeg_0002

Son regard énigmatique et profond est celui  de beaucoup de chats, si changeant, si expressif, captivant, attachant. Mais le Chat de la couverture – un Chartreux tout en velours – qui repose sur un canapé douillet, n’a certainement pas l’existence risquée et aventureuse du Chat du récit.

Le Chat du livre se raconte dans son autobiographie, par l’intermédiaire de Claude Habib qui connait si  bien les félins, les comprend dans leur intimité, raconte leur psychologie, leur histoire complexe.

Il s’exprime pour tous les chats indépendants, nés libres dans la nature,  et qui ont choisi de le rester, loin des  hommes dont ils se méfient.

Leur mémoire commune intègre celle des chats de tous les temps qui  connaissent la cruauté des hommes – et le Chat  rappelle les diverses formes qu’elle peut prendre … ce sont des  passages douloureux, difficiles, mais  nécessaires.

Le Chat a connu la tendresse et la protection de sa mère qui les a abrités, sa soeur, son frère et lui, dans un trou profond  bien caché dans la pleine nature. Elle a chassé la nuit, leur interdisant de sortir, inventive  pour nettoyer leur abri. Comme tous les chatons, ils ont beaucoup joué.  Mais sa soeur a enfreint l’interdiction  et un oiseau l’a enlevée ( cela peut fonctionner dans ce sens-là aussi ! les oiseaux kidnappés par les chats avalant  de leur côté des insectes en nombre ).

Extrait :

 » Nous les chats, nous aimons notre mère plus que ne le font les autres bêtes. Parce que nous sommes supérieurs aux autres, c’est incontestable. Mais pas seulement. Aussi parce que nous naissons très petits. Une mère pour nous, c’est une montagne.  Et nous la gravissions, puis nous nous égarions, oublieux de notre but, et nous nagions dans son pelage.  L’un repartait à l’escalade,  et nous suivions, avant de rouler pêle-mêle dans un effondrement de chats. L’assaut était la joie, la chute était la joie.

Au commencement, la vie est un panier de surprises. Les chatons sont  joyeux et joueurs à l’extrême. D’un naturel remuant, ils calculent peu, risquent tout. Les chats adultes, non. La gaieté leur passe avec l’âge. Elle est incompatible avec la dignité de leur espèce. A chaque pas, à chaque souffle, nous sentons que nous sommes le fleuron de la vie sur terre, et la conscience de notre éminence va de pair avec la dignité de notre conduite. Nous avons grand soin de cacher nos avantages qui sont infinis. Donc nous sommes heureux mais nous n’exultons pas « .

Le Chat connait son territoire, et il est prudent. Il  se nourrit de mulots  mais un jour son petit coeur parle, et il est discrètement intéressé par une Chatte dans son jardin.  Ainsi qu’il le dit, elle sera, sans le savoir,  la cause de sa perte, car il  va connaitre, en cachette,  le bon goût des nourritures que les humains peuvent donner à leurs chats.

Il s’introduit dans une maison, et au lieu de l’accueillir, des  gens lui assènent un jet de produit caustique :  » le poison a touché mon dos… sous les poils la peau brûle, et l’odeur soulève le coeur « .

Avant de mourir, il tient à parler.

Terrible, et magnifique. Un beau récit, tendu, écrit avec amour, immense sensibilité, avec force, ironie souvent, et une colère retenue.

Pour entrer dans l’âme profonde du chat, dont le regard  est le miroir.

Claude Habib, agrégée de lettres modernes, est professeur à l’Université de la Sorbonne nouvelle Paris 3.

Elle a publié Le consentement amoureux. Rousseau, les femmes et la cité ( Hachette Littératures ) – Rousseau aux Charmettes ( Editions de Fallois, 2012 ) – Le goût de la vie commune ( Flammarion, 2013 ) – deux romans  – Préfère l’impair ( Viviane Hamy, 1996 ) – Un sauveur ( Editions de Fallois, 2008 ) …Elle a été critique littéraire ( Esprit- l’Express) et est membre du jury du prix Guizot.

Claude Habib – Nous, les chats…  Conte – Editions de Fallois – 190 pages – 15 Euros

Tous droits réservés, etc – Copyright

ATTENTION : ce livre sera en librairie à partir du 17 février

Il faut croire que j’avais hâte d’en parler !

Nils Uddenberg – Le chat et moi – Traduit du suédois – Illustrations d’Ane Gustavsson – Presses de la Cité

jpeg_0006

jpeg_0007

Cette histoire vécue passionne et touche pour plusieurs raisons :

– il y a un véritable  » suspense  » car la jolie jeune chatte est d’abord livrée à elle-même, dans un jardin suédois froid et hivernal. Personnellement, j’ai trouvé que l’auteur, un psychologue-psychiatre en retraite, réfléchissait un peu trop, et tergiversait pour toutes sortes de ( mauvaises ) raisons alors que lui, sa femme – et ses chiens – étaient confortablement installés dans la maison.
Il consent à l’installer d’abord dans une petite cabane, lui organise une couchette et choisit le panier à outils.
On se dit : qu’il se décide ! Elle a froid, elle a faim !

Peu à peu, la chatte l’apprivoise – vous savez comment sont les chats ! – et elle peut rentrer au chaud, par étapes.

Il s’aperçoit qu’elle a seulement une apparence de beau poil et que si elle est gonflée, c’est qu’elle est sous-alimentée.

Il la trouve si jolie… si charmante. Et la voilà chez elle.

Elle sera soignée, bien alimentée, elle peut sortir et rentrer à sa convenance, et la séduction est complète.

Toute la famille l’adopte, et il y a toujours moyen de s’organiser en cas de départ en vacances.

– Bien souvent, les histoires de chats sont racontées après leur mort. Et évidemment, c’est triste.

Mais Minette, elle, est toute jeune. C’est son propriétaire qui avance en âge !

– Nils Uddenberg a une expérience de psychiatre et il observe sa Minette de façon professionnelle en quelque sorte, réfléchissant sur les mystères du chat. Il fait ce qu’il peut…

Il a lu Doris Lessing, qui elle a toujours aimé sincèrement les chats et il s’y réfère, de même qu’à Montaigne, et d’autres.

– On suit la vie quotidienne, les saisons, en Suède, on est informé sur les règlements et les habitudes envers les chats et ainsi il est possible de les comparer avec d’autres pays.

– Le texte est émouvant, charmant, et il est accompagné de fort jolies illustrations.

– Il frappe par son honnêteté : Nils Uddenberg ne cache pas ses réticences du début et il doit bien savoir qu’on peut le juger sévèrement car il a été longtemps insensible à la vie dure de la douce chatte.

Mais il se rattrape…

Et le succès accompagne ce que l’on peut appeler sa rédemption féline !

Nils ODDENBERG – Le chat et moi – Traduit du suédois par Carine BRUY – Illustrations intérieures par Ane GUSTAVSSON – Presses de la Cité – 168 pages – 21 Euros