Les Bretons dans la guerre de 14-18 – Editions Ouest-France – et le Mémorial breton pour les 240 000 morts à Ste Anne d’Auray

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«  Au déclenchement des hostilités, la Bretagne présente le visage  d’une région à forte proportion rurale – 850 000 citadins pour  2 400 000  ruraux répartis sur cinq départements – fortement ancrée dans ses traditions avec un million de bretonnants dont la majorité est monolangue, et où l’ Eglise, malgré sa séparation  d’avec l’Etat, demeure extrêmement influente. En Bretagne les familles nombreuses sont légion… Mais l’instituteur a  inculqué l’esprit d’une revanche face aux Prussiens  qui ont annexé en 1871 l’Alsace et la Lorraine, deux provinces voilées d’un crêpe noir  sur la carte de France de la salle de classe.

Surpeuplée, la Bretagne va ainsi fournir à l’armée un grand nombre de soldats « …

Jean-Pascal Soudagne, rédacteur en chef de la revue  » 14-18″, auteur  de deux monographies  » La Somme  dans la guerre 14-18  »  et  » La ligne Maginot  » ( Editions Ouest-France ), fait l’historique de ces cinq années terribles, en indiquant  les particularités bretonnes,  et aussi ce que toutes – à l’arrière aussi – tous, ont dû partager, quelle que soit la région.

Ainsi, il montre la composition des régiments d’infanterie, de Pontivy à  Brest, Vannes, Lorient… Il précise que, de 1916 à 1920, l’infanterie  a été organisée en  » légions  » départementales portant  le nom des région où  elles recrutaient, donc spécifiquement bretonnes. Puis les régiments font mouvement et c’est ainsi qu’ils se portent jusque vers la Belgique, tandis que les routes se couvrent de malheureux réfugiés belges.

( Certains trouveront abri en Angleterre…  inspirant  à Agatha Christie son célèbre Hercule Poirot, tandis  qu’Edith Wharton, et  des femmes de coeur organisent leur accueil en France  – voir articles précédents à ces noms ).

Les premiers terribles  affrontements  ont lieu à Maissin, ainsi qu’en témoignent les nécropoles dont le cimetière N° 2, dit  » le calvaire breton », Auvelais, où une autre, en forme de phare de granit,  évoque le souvenir des Bretons…

Suivent les autres batailles, auxquelles ont pris part les braves fusiliers marins. Il fallait sans cesse de nouvelles recrues :

 » Ce premier conflit mondial  est en fait scindé en deux parties : la guerre de mouvement, du début jusqu’à novembre-décembre 1914, puis à partir du printemps 1918 lorsque les Allemands prendront l’initiative de percer le front.  Entre ces deux périodes, il y eut  la  » guerre de position  » menée dans les tranchées et d’où ont été lancées  ces fameuses offensives  d’Artois,  de Champagne ( 1915 ), de la Somme ( 1916 ), du Chemin des Dames ( 1917 ).

Certains Bretons sont  entrés dans la mémoire collective : De Langle de Cary, l’amiral Pierre Ronarc’h,   Jean Corentin Carré, originaire de Le Faouët, officiellement le plus jeune poilu de France ( engagé à 14 ans ), les artistes Jean-Julien Lemordant, Mathurin Méheut, Théodore Botrel, Marcel Brindejonc des Moulinais l’aviateur, Paul Marie Teste, le poète Jean-Pierre Calloc’h…

 » Bretagne dévote  » ?  c’est vrai ; la  plupart des mourants tenaient un chapelet, et  il est exact aussi que la religion, par le réconfort qu’elle  apportait,  a tenu  une grande place sur le front, les aumôniers militaires montrant la  même bravoure que les hommes.

Ce qui leur remontait aussi  le moral, à tous,  ce furent les colis, les lettres  qu’ils recevaient  ( ils en envoyaient,  avec  les cartes spéciales du front) , les journaux de tranchées, et évidemment les rares permissions.

A l’arrière, divers immeubles furent transformés en hôpitaux auxiliaires,  tels la faculté de droit de Rennes, le château de Combourg.

A l’arrière, les femmes ont fait marcher les fermes, les commerces,  elles ont travaillé dans les usines, fabriquant du matériel de guerre, des vêtements pour les soldats. Elles choisissent de s’habiller différemment,  et  bientôt les plus âgées seules portent la coiffe. Mais leurs rémunérations sont moindres,  malgré  leur travail dur, intensif.

Et au retour, on a compté les morts, les veuves, les orphelins. On a édifié des monuments aux morts à côté des croix, des calvaires… ce devait être  » la der des der ».

Très vaste iconographie par Christian Le Corre, qui fut marin dans la Royale, et contribue à l’édition de plusieurs dizaines de livres ( chez Ouest-France ).

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Remise de décorations dans une tranchée  – les soldats portent des casques  » Adrian « – au fond de la tranchée, des caillebottis,  et au-dessus, une protection de fils de fer barbelés. ( « L’Illustration  »  16 septembre 1916 )

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Bibliographie – 128 p – 14, 90 euros

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La basilique,  le cloître, l’autel, la  » Scala Santa – puis au milieu, à droite, le  » Mémorial breton  » édifié par les cinq diocèses bretons, où sont inscrits les noms des

240  000 soldats bretons morts pendant cette guerre – la maison Yves Nicolazevic

( Carte postale  » Jack  » )

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