Patrick Tudoret – Juliette – Victor Hugo, mon fol amour – Editions Tallandier

Juliette Drouet s’exprime, avec son énergie, son élégance, son franc-parler,  et son honnêteté. Elle raconte à la première personne, donc, sa vie, elle qui fut la compagne, l’inspiratrice, le guide moral de Victor Hugo, elle à qui on écrivait, dans ses dernières années en indiquant sur l’enveloppe : » Mademoiselle Juliette Drouet, Boulevard Victor Hugo, Paris « .

Faire parler Juliette elle-même, c’est l’excellente, la merveilleuse  idée de l’auteur qui a assimilé à la perfection les nombreux écrits de Juliette, ses  22 000 lettres à Victor Hugo, ses lettres à sa famille, ses  » Souvenirs » rédigés à la demande de Victor Hugo- sa mémoire en quelque sorte, le catalogue de l’exposition consacrée à Juliette Drouet  » Mon âme à ton coeur s’est donnée  » dans la Maison de Victor Hugo, à Paris, 2006, rassemblant tant d’émouvants témoignages de leur passion sublime,  montrant aussi quelle femme raffinée elle était… et les écrits de Victor Hugo, la biographie de Gérard Pouchain, à l’origine aussi de la publication des  » Lettres à  sa famille « .

En exergue, ces mots de Victor Hugo, rendant hommage à l’héroisme de Juliette :

Le récit de Juliette  commence en septembre 1876, à Bruxelles où elle s’est réfugiée pour faire comprendre à Victor qu’elle ne supporte pas son infidélité. Elle avait bien voulu oublier le scandale causé par Léonie Biard, et déjà, elle s’était enfuie chez sa soeur à Brest, mais des années de passion après, elle ne l’admet plus.

D’ailleurs, Madame de Chateaubriand fera comprendre  de la même façon à son époux que trop, c’est trop, en partant à Lausanne.

La technique est identique, avec un résultat obtenu de la meilleure manière.  Ces messieurs affolés, se mettent en quête de la femme qu’ils aiment, et partent la retrouver.

Durant son passage à Bruxelles, Juliette réfléchit et retrace sa vie. Elle est née à Fougères, dans une rue située près du château médiéval, chez ses parents tailleurs -fileurs, artisans comme beaucoup, dont Fougères garde la tradition.  Les épidémies ont frappé ses parents, sa famille. Elle est devenue orpheline à douze mois, et il ne lui reste qu’une soeur.  Mais elle sait que sa mère, son père font partie des Chouans engagés pour leur foi et pour leur Roi ( il figure sur une liste conservée aux Archives, où sont inscrits aussi les noms de deux de mes ancêtres ). C’est son oncle, René-Henry Drouet, vétéran de l’Empire, plusieurs fois blessé, qui la sauve des Enfants-Trouvés, et la confie au Couvent des Soeurs de la Sagesse à Paris.

Adolescente, ses larmes attendrissent Monseigneur Quelen, en visite, qui  lui assure qu’elle ne deviendra pas religieuse contre son gré. Effectivement, elle rejoint son oncle Gauvain jusqu’à ce qu’il soit admis  aux Invalides.  Les théâtres, la vie d’artiste l’intéressent , et elle apprend la peinture chez Pierre-Joseph Redouté, puis lasse des  roses,  elle entre dans l’atelier de James Pradier. Elle  y rencontre musiciens, écrivains, artistes, et de leur liaison nait Claire,  que Pradier oublie de reconnaitre.  ( Victor Hugo aimera beaucoup  Claire dont la mort intervient à peu près en même temps que celle de Léopoldine.Quand Claire meurt, épuisée par la phtisie, Victor Hugo et James Pradier suivent tous les deux le cortège. Juliette n’en a pas la force. Mère et fille  reposent ensemble au cimetière de Saint-Mandé ).

Juliette connait le succès au théâtre, après avoir fait ses débuts  en Belgique, suivant les conseils de Pradier. Théophile Gautier célèbre  son talent,  sa beauté   » les plus belles épaules de Paris « , écrit -il dans l’une de ses chroniques dramatiques.

La rencontre a lieu dans un bal, où brillent les lumières. Juliette resplendit.

Lui a le coeur  malmené car il a appris la trahison de sa femme avec son ami Sainte-Beuve. Mais Juliette apparait … Leur nuit sublime devient celle de Cosette et Marius dans  » Les Misérables « , et tous les ans, Juliette et Victor en célébraient l’anniversaire.

 » Mademoiselle Juliette  » connait aussi   les intrigues qu’elle ne supporte pas, surtout  lorsque Madame Adèle Hugo la prive d’un rôle par une lettre odieuse qu’elle adresse au directeur du théâtre.

Son destin est ailleurs, aux côtés  de Victor Hugo, vivant avec lui l’exil,  toujours protectrice, quelquefois ironique, faisant toujours preuve de bon sens quand Victor exagère.

Elle fut belle, Juliette, en effet, au point d’inspirer une statuette, reproduite à des milliers d’exemplaires, d’être représentée en  » Ville de Strasbourg « , une des statues de la place de la Concorde. Comme elle en était fière !

Et quelle épistolière !

J’ai lu avec grand plaisir ce beau texte apocryphe, certes, mais entièrement respectueux de la forte personnalité de Juliette Drouet, née Gauvain, et des faits.

Un de ces livres rares qu’on reprend quand on arrive au terme de sa lecture, pour revenir sur certains épisodes.

Patrick Tudoret – Juliette – Victor Hugo, mon fol amour – Editions Tallandier – 272 pages-  18,50 Euros – Bibliographie

( Tous droits réservés, etc – copyright )

 

 

 

 

2 réflexions sur “Patrick Tudoret – Juliette – Victor Hugo, mon fol amour – Editions Tallandier

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