Penelope Mortimer – Le mangeur de citrouille – Roman traduit de l’anglais – Belfond Vintage

 

Nervous breakdown,  dépression nerveuse, qui  débute chez Mrs Armitage  par une violente crise de larmes  alors qu’elle se trouve au rayon  « linge de table, serviettes de toilette  » etc, du magasin Harrod’s, Londres, ce qui convient beaucoup mieux pour sécher les larmes et s’effondrer que le rayon   » porcelaines « . On voit là l’humour assez caustique de l’auteur, Mrs Penelope Mortimer.

Mrs Armitage est évacuée du rayon » linge » avec beaucoup de douceur et de considération, et nous la retrouvons chez le psychiatre où elle débute une série d’entretiens  réguliers. Il lui dit, à chaque séance :  » nous faisons des progrès, nous avançons,  prenez vos comprimés « .  Des progrès ?  Elle doute.

Il lui fait la même remarque que son entourage : – mais pourquoi avez-vous six enfants, pourquoi voulez-vous tant d’enfants  ?  – Que peut-elle répondre ? Elle les a, ses six enfants, elle les aime, de même qu’elle a divorcé de deux maris, qu’elle est veuve, et qu’actuellement elle est mariée à Jack, qui a les deux derniers enfants à son actif et a accepté tous les autres. Il travaille assidûment comme scénariste et   améliore constamment les conditions de vie confortables de la famille.

Mrs Armitage revient sur sa première rencontre avec le père de Jack. Il lui demande :   » Je suppose que vous savez ce que vous faites. Qu’en pensent les enfants ? » …

Il entend à peine les réponses et continue : – »  Vous êtes courageuse …  Il met tout en oeuvre pour s’emparer de ce qu’il peut avoir  : une jolie femme sachant cuisiner,  des enfants tout faits, un mobilier important.   Il exigera beaucoup de choses de vous « …

Nul doute que le couple est uni, mais il connait de graves perturbations, quand  Philpot, la jeune fille qui s’occupe des enfants,   » se trouve à la portée   » de Jack et qu’il ne résiste pas. Mais cette histoire lui inspire le scenario qui lui permet d’accéder au succès et à la notoriété.

Les séquences alternent, séjour chez  les Armitage d’une amie de leur fille,  réunions amicales, vie sociale, avances d’un Mr Simpkin dont elle ne veut pas. Son père meurt, et c’est aussi l’occasion d’une conversation entre mère et fille, sa mère lui reprochant d’aimer les enfants et de se réjouir car elle attend le septième !

C »est la même incompréhension de la part du psychiatre, qu’elle finit par quitter en tenant ce solide raisonnement : il lui explique qu’il a besoin de trois semaines de vacances, et elle lui fait observer que si elle peut se passer de lui pendant  ce temps-là, cela signifie que  leur relation est terminée.

A l’ annonce de la nouvelle grossesse, Jack a une réaction violente. En fait, il explose, il lui dit ce qu’il a sur le coeur, car il estime que les enfants  les ont privés de soirées partagées à deux seulement, qu’ils leur ont consacré trop de temps. De  plus, il a accepté des travaux alimentaires.  La tension est à un point tel que Mrs Armitage se réfugie chez un ex-mari qui la reçoit très bien. Mais Jack tient à elle, et elle consent à  faire ce qu’il demande :

 » Non seulement ils ont mis fin ( pour employer leurs propres termes ) à ma grossesse, mais encore ils m’ont stérilisée de façon à ce que je n’aie plus jamais à craindre d’avoir des enfants. J’ai consenti à tout.  Je croyais en Jack, et, de plus, je commençais, très timidement, à croire en moi-même. J’avais l’impression de tâter mon visage très timidement dans l’obscurité « .

Son corps lui devient étranger  par la douleur nouvelle qu’elle ressent, physique autant que morale.  Et elle connaitra d’autres perturbations au point de s’enfuir  une fois encore. Il semblerait alors que  le récit pourrait se terminer par un dénouement à la Hitchcock, mais ses enfants – qu’on lui reproche tant, la relient à la vie.

Pourquoi   » Le mangeur de citrouille   »  ? On ne trouvera aucune recette, mais en exergue, une strophe d’une petite chanson :

«  Pierre, le mangeur de citrouille / Ne pouvait nourrir son épouse./ Dans une citrouille il la mit. /  Et dès lors fort bien la nourrit ».

De ce voyage au fond d’elle-même, de cette confrontation entre sa sensibilité, son intelligence, sa perspicacité  et les réactions de son entourage, qu’elle ne peut occulter, Mrs Armitage sort, différente, apaisée peut-être. Un témoignage émouvant sur une certaine condition féminine.

Extrait :

 

Penelope Mortimer – Le mangeur de citrouille  – Roman traduit de  l’anglais par Jacques Papy – Belfond – 258 pages – 16 Euros – Collection  » Vintage « 

( Tous droits réservés, etc – copyright )

3 réflexions sur “Penelope Mortimer – Le mangeur de citrouille – Roman traduit de l’anglais – Belfond Vintage

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