Marie Noël – Abbé Mugnier –  » J’ai bien souvent de la peine avec Dieu « – Correspondance – Les Editions du Cerf -( avec son poème inédit  » Ténèbres  » )

 

Je le confesse …   je souhaitais  retrouver d’autres écrits du cher Abbé Mugnier – dont le Journal ( Mercure de France ) m’enchante toujours à la relecture rafraîchissante souvent recommencée, car  on y rencontre sa belle  âme si pure, et ses notes toujours passionnantes puisque ses ouailles sont  des poètes, des écrivains, ou des artistes, en plus de sa paroisse à Paris. Il est une référence de l’histoire littéraire de notre temps, lui qui était un familier de la Comtesse de Noailles, Louise de Vilmorin, Marie Laurencin…  et qui guida Joris-Karl Huysmans vers la conversion. Sous oublier son immense affection et admiration pour Chateaubriand qu’il citait souvent. Il aimait voyager et se rendit en pèlerinage ému à Combourg. Quand l’abbé Mugnier est mort, quelqu’un,  sa gouvernante, je crois, car il était devenu aveugle, a dit :   »  Monsieur le chanoine doit être bien heureux maintenant, car il a rencontré Monsieur  le Vicomte « .

Marie Noël, c’était en plus,  si je puis dire !  Elle était un souvenir de lectures assez lointaines, même liée à des années passées  en Champagne et Bourgogne  qui me sont si précieuses.

Et puis, j’ai été émue, intéressée par ce coeur à coeur entre la poète et croyante mystique tourmentée se confiant au prêtre rassurant,  trouvant toujours des réponses,  puis admirative de cette élégance d’écriture si naturelle.

La correspondance entre Auxerre et Paris débute par une lettre de Marie Noël  du 16 février 1918,  » le jour de mes  35 ans « ,  précise-t-elle, dans laquelle elle demande à l’abbé Mugnier quelques conseils pour ses lectures. Elle lui explique :

 » Il y a chez nous un vieux sang janséniste  mal éliminé. Et puis, mon père, professeur de philosophie, nous a surtout appliqué les directions de Kant, la défiance de ce qui nous plait,  le rejet du sentiment et des convenances personnelles, la recherche et l’obligation morale.

Rencontrant l’Index,  je me suis inclinée là plus bas  qu’ailleurs avec une crainte religieuse qui n’allait pas sans impatience et je dois avouer que je  me suis trouvée très heureuse de l’ ignorer en de maintes occasions.

Je lisais, j’éprouvais du bien de mes lectures  puis, à mon premier examen de conscience,  prise de scrupules, la conscience bourdonnante d’effroi, je questionnais … et je me heurtais à la difficulté pressentie. C’est ainsi que je me suis vu condamner Maeterlinck  où j’avais pourtant  trouvé un rayon qui a illuminé  ma vie obscure et dénuée, faute de santé ou d’autres moyens,  de presque toutes joies ou réussites apparentes…  De  même pour Victor Hugo. J’ai là déjà des livres de prix qui dorment et que je n’ose ouvrir. J’aurais aimé me procurer   » Lé Légende des Siècles « ,   » l’Année Terrible « ,  »  Les Châtiments  » et surtout   » Les Misérables  »  que je ne connais pas. Je n’ai pas osé.

Quels amis suspects vous nommerai-je encore ? Vigny, Musset, Lamartine dans  »  Jocelyn  »  que j’ai peu ou point lus sans m’être renseignée  sur l’ordonnance formelle à  leur  sujet. Je ne vous cite pas de romans.  Je ne les ai jamais beaucoup aimés. Je leur préfère le conte, la fantaisie d’imagination pure …  »

Elle signe Marie Rouget la lettre sur laquelle est imprimé son monogramme.

Qu’a répondu l’abbé Mugnier  à cette première lettre qui  sollicite déjà beaucoup ?

A suivre !

( Tous droits réservés, etc – copyright )

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