Laurent Guillemot – La Liste de Foch- Les 42 généraux morts au champ d’honneur – Editions de Fallois

Dans un premier livre émouvant, Laurent Guillemot retrace les vies de soldats de  2ème classe, dont il remarque  les 37 noms sur le monument aux morts d’Auriat ( Creuse ) : Génération champ d’honneur  » ( Editions de Fallois ), un succès.

Suivit  un  recueil de nouvelles, brillant également, dans un genre différent, fort spirituel :   » Les Chemins d’escarpette  » ( Editions de Fallois ).

Il explique que lors des signatures, les lecteurs lui faisaient deux remarques :   – mon grand-père était à Verdun. ( Cela m’est arrivé de le dire aussi, avec la même réponse : – mais  les troupes sont toutes passées par Verdun !) – Laurent Guillemot estime que 80 % des combattants ont connu les horreurs de Verdun.

Une autre réflexion souvent entendue et lue est que   : – les généraux étaient tous planqués et n’ont pas combattu – ce qui est faux. L’auteur le démontre avec son beau livre, extrêmement précis et riche.

Il a cette formule :   » Des étoiles dans la boue. Les généraux aussi mouraient dans les tranchées  » – avec leurs hommes, ou devant eux, en chefs.  »  Le rôle du chef  n’est  pas de mourir, certes d’une façon glorieuse,  mais de commander et de mener son unité à la victoire. Ces officiers supérieurs, en se portant dans les endroits les plus exposés,  voulaient évaluer les chances de réussite des ordres qu’ils venaient de recevoir « .  Il leur fallait aussi  regrouper les renseignements, de les faire remonter jusqu’au haut commandement.

Pourquoi la liste de Foch ?  A la fin de la Grande Guerre, le maréchal Foch décida d’honorer les généraux  » Morts pour la France  » entre 1914 et 1918. Il en compta 90, environ, mais  en retint 42, ceux qui étaient morts immédiatement ou en très peu de temps, dans les lieux même du combat. Leurs noms figurent  sur une plaque que l’on peut lire  sur un mur de  la chapelle Saint Louis des Invalides.

Ce sont ces 42 généraux dont Laurent Guillemot retrace en plusieurs pages la carrière militaire, dans l’ordre chronologique de leurs décès, commençant  par ceux qui sont morts dès le début des combats, jusqu’à la fin – comme leurs hommes.

Puis il ajoute  les noms des autres généraux décédés quelques mois ou quelques années après des suites de leurs blessures ou de maladies contractées pendant le service, infections de blessures mal soignées,  typhoïde …

Et on arrive au chiffre de 90 pour les généraux.

Voici la présentation de Laurent Guillemot :

 

Il relate   la chronologie  de la situation historique des conflits depuis la guerre de 1970 jusqu’au déclenchement du conflit mondial  dont nul ne pouvait prévoir qu’il pourrait être aussi sanglant et aussi durable. Il présente aussi les unités et les grades, puis  suivent les notices des 42 généraux :

– Le premier de la liste est le général Raffenel- né à Saint-Servan,  qui fit partie de Saint-Cyr dans la même promotion que Barbade, Pétain, Roques, d’Urbal et Charles de Foucault. A sa sortie, s’engagea dans le 1er régiment d’infanterie de marine. Il fait une belle carrière dans les troupes coloniales,  puis à Vannes, se familiarise avec le maniement du .nouveau canon de 75. En juin 1914,  il rejoint Brest pour prendre le commandement de la 3e Division d’infanterie coloniale,   » l’une des plus prestigieuses de l’année française, à l’âge de 58  ans « .

Le 22 août a lieu  la terrible attaque de Rossignol, sous un soleil torride, les hommes étant déjà épuisés, et les Allemands arrivant de tous les côtés. Ce fut un massacre.

« La vision du champ de bataille est effroyable.  Partout gisent les combattants des deux camps, au milieu des ruines du village de Rossignol … C’est là  qu’au soir de la bataille, au lieu-dit les Douze jours,  le capitaine Hartmann, du 3e régiment d’infanterie  colonial, découvre le corps sans vie du général Raffenel.  Le 22  août 1914 est le jour le plus sanglant de l’histoire de France,  avec le triste bilan de 22 000 jeunes Français morts au champ d’honneur. »

Le corps du général Ravenel fut rendu à sa famille et  il repose dans le caveau familial.  La citation à l’ordre de l’armée à titre posthume  le concernant indique laconiquement, comme si on était submergé par le nombre de tués, déjà    :   » Tombé glorieusement le 22 août 1914 « .

… vers le milieu de la liste, le général  Arrivet, né à Paris :

 » Il meurt à l’hôpital de Soissons,  à presque 64 ans,  après avoir gravi tous les échelons, de 2ème classe à général, et avoir passé quarante-quatre ans au service de son pays.

Citation à l’ordre de l’armée :  

 » A conduit brillamment sa brigade au feu. A trouvé une mort glorieuse, le 29 octobre 1914,  frappé d’une balle dans la tête pendant la visite de tranchées  situées à moins de 300 mètres de l’ennemi « . Il est enterré à Pommérieux « .

… – Général Serret :

Cité ainsi à l’ordre de l’armée  après sa mort des suites de ses blessures, le 6 janvier 1916  :

 » A conduit une série d’opérations  avec une énergie magnifique et une habileté consommée. Officier général de la plus haute valeur, d’une grande valeur et d’une activité inlassable. A montré toutes ses qualités dans la longue lutte qui s’est déroulée dans le secteur de sa division.  Officier général  de valeur exceptionnelle et de la plus haute distinction. Commande depuis plus de onze mois une division d’élite, dont il a su porter le moral au degré le plus haut, par son activité de tous les instants, son ardeur guerrière et l’élévation de ses sentiments. A fait preuve d’une éclatante bravoure et d’une entière compréhension de ses devoirs de chef en se portant, sous un feu d’artillerie extrêmement violent, jusqu’aux tranchées de première ligne, pour juger personnellement de la situation et se montrer à ses troupes. A été grièvement blessé et amputé de la jambe droite « .

A 48  ans, il est un des plus jeunes généraux de cette guerre morts au champ  d’honneur « .

… – Général Van Watermeulen  :

Né dans le Nord, père cultivateur, il gravit tous les échelons :

 » Blessé une première fois le 15 juillet 1916,  il est cité à l’ordre de l’armée :

 » A refusé de se laisser évacuer et a continué à commander sa brigade,  dans une situation très délicate, donnant à tous un magnifique exemple d’énergie, de sang-froid et de mépris du danger. …

Puis il est cité une seconde fois dans des termes tout aussi élogieux. Commandeur de la Légion d’honneur,  Croix de guerre 1914-1918  avec cinq palmes et une étoile de vermeil.  Il est mort deux jours après son 56 ème anniversaire.

Tels sont quelques-uns des héros auxquels  Laurent Guillemot rend hommage avec une affection attentive et admirative. Il y en eut tant, et parmi  nos Alliés aussi.

Un livre à faire figurer dans toutes les bibliothèques. Un trésor.

Carte – lexique militaire – Importante bibliographie  – Index des noms de personnes – Index des noms de lieux

Laurent Guillemot – La liste de Foch – Les 42 généraux morts pour la France – Editions de Fallois –  448 pages – 22 Euros

( Tous droits réservés, etc – copyright )

 

 

3 réflexions sur “Laurent Guillemot – La Liste de Foch- Les 42 généraux morts au champ d’honneur – Editions de Fallois

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