» Etonnants voyageurs », 2017 – le festival du livre à Saint-Malo est terminé. La question de la sécurité : faut-il mettre les livres et les lecteurs en cage ?

Impressions personnelles :

Comme d’habitude, on voit  le poste de la Croix-Rouge, en arrivant près du Palais du grand large et du Quai Duguay-Trouin, centre du Festival ( bien qu’il y ait une vingtaine d’autres lieux répartis dans la vieille ville,  la médiathèque, etc ).

Pas de voitures, effectivement, stationnées  le long du quai, contrairement  aux autres années, ainsi qu’il est annoncé dans l’interview.

Ce samedi, j’ai vu moins de monde, à l’intérieur comme à l’extérieur …  et de toutes façons, j’étais surtout pressée de consulter le programme, de repérer les  moments intéressants pour ce qui me concerne,  de feuilleter les livres.

Et, croyez-moi, je suis concentrée sur mes découvertes !  Le temps de dire bonjour  aux libraires ami-es,etc,  de reconnaitre des visages  … j’ai ainsi pu savoir que Sylvain Tesson viendrait signer en milieu d’après-midi, qu’une romancière qui m’intéresse beaucoup  ( je  suis enthousiaste de son livre, après lecture aussi ! ) serait présente pour son premier roman à peu près en même temps, et j’ai flâné,  j’ai feuilleté des livres, des catalogues.

Comme d’habitude,  la partie   » livres jeunesse  »  précède les grands stands de libraires locaux ou des environs regroupant chacun un  ou plusieurs   » grands  » éditeurs – et à la suite, des  » petits  » éditeurs, des stands régionaux, d’associations, qu’on ne peut voir que là.

Et comme d’habitude,  je m’arrête pour échanger, bavarder. C’est ainsi que j’ai appris, au joli stand  latéral  » Le Temps des Cerises « ,  les récentes nouvelles au sujet des chaises.  Les trois libraires en avaient une, bien dissimulée  sous les tables. Ce n’est pas que la chaise était interdite, non, mais il ne devait pas y avoir de chaise sur le passage. Les consignes avaient été données.

Bien sûr, des sièges pliants sont prévus pour que les auteurs puissent signer, derrière les tables.

J’ai aussi voulu m’asseoir au grand air pour  revoir le programme, donc sortir  …  C’est là que j’ai  remarqué que les sorties sur les côtés étaient obstruées par des grillages. Pour partir de là, même brièvement, il fallait obligatoirement passer  … par la grande sortie et donc, remonter tous les stands.

Et tout à coup aussi,  voilà  des pompiers, et des policiers, et d’autres policiers, à chaque fois, plusieurs, carrés, visibles.

J’ai trouvé une issue : sur le côté gauche donnant  vers le port,  un petit emplacement bien grillagé comme un poulailler était réservé  aux fumeurs. Un peu de liberté !

Dans ce monde supposé d’évasion par la littérature, la réalité s’imposait :   il n’y avait pas d’issue de secours ! J’ai senti comme un piège et je n’aime pas cela.

Une sorte de vertige : je vois aussi en même temps  les innombrables sacs à dos, ou gros sacs,  et avec toutes les consignes de sécurité  qu’on nous met dans la tête, je réalise que des mesures de sécurité manquent. Normalement, on  laisse  les sacs encombrants à l’entrée dans les musées, les bibliothèques, les lieux de culture dont il est question ici.

Que se passerait-il en cas d’incident, par exemple  un simple geste mal  interprété, un moment de panique  ? Nous serions tous là en masse pressée à aller chercher  la Grande et Unique Sortie, pas si large en réalité , une simple double porte, en remontant tous les stands, tout le salon, en longueur –   ?

Et j’ai aussi réalisé qu’il n’y avait aucun portique, aucune fouille. Bien sûr, les visiteurs sont ceux d’un salon du livre. Mais à l’entrée d’un musée, de la Bibliothèque nationale de France, tout le monde passe sous le portique, tout le monde ouvre son sac. Aucun gros sac n’est admis.

C’était samedi en fin d’après-midi, et le soir en rentrant, j’ai appris comme nous tous  les horribles nouveaux événements.

France FOUGERE

 

6 réflexions sur “ » Etonnants voyageurs », 2017 – le festival du livre à Saint-Malo est terminé. La question de la sécurité : faut-il mettre les livres et les lecteurs en cage ?

  1. La bonne nouvelle est que la police, les pompiers, la préfecture, la mairie, le SAMU s’intéressent à la lecture. Que la nouvelle la plus importante soit la (pseudo-) sécurité plutôt que l’édition est une nouvelle un tantinet moins bonne. Mais tout le monde a le droit de vivre, n’est-ce pas ?

    • Gilles, ce Festival existe depuis 1990, et j’y étais. J’ai aussi le droit de ne pas être blessée, de ne pas mourir étouffée, ce qui aurait été possible en cas de panique.Ou on organise la sécurité à fond, ou on ne fait pas croire que tout est prévu, ce qui est faux.
      Il est un événement culturel mais aussi commercial. Je suis toujours contente de voir des personnes en fauteuil roulant avoir enfin accès aux livres avec plaisir, car les librairies trop souvent ne sont pas accessibles, en raison des marches, ou même d’un escalier intérieur.
      Je mentionne qu’étudiante, j’ai été prise dans un mouvement de foule, avec un bras écrasé contre une barrière de fer forgé. Rien de cassé, mais des hématomes.

      Très larges subventions locales – grâce à nos impôts qui contribuent à offrir voyages, séjours frais divers, etc, et même les frais d’avocat du patron du festival … lors d’un litige avec un auteur breton non invité.
      Amicalement – france

  2. Bonjour chère France, comme je te comprends! J’aime aussi ces endroits mais la sécurité doit être présente. Tu as raison de relever tous ces faits, sacs à dos interdits et fouille obligatoire. De plus, des sorties de secours assez larges.
    Merci pour ton billet qui donne à réfléchir pour d’autres manifestations, même culturelles.
    Je te souhaite une belle journée, mes amitiés et bisous ♥

    • Merci, chère Denise – Cette année, le contexte de sécurité est différent des autres années. Or, aux entrées, d’après ce que j’ai remarqué, ce sont uniquement les bénévoles habituels qui contrôlent rapidement si on a bien un titre d’accès, et c’est désinvolte au point que j’aurais pu utiliser le badge de l’année dernière. ( Mais je ne l’ai pas fait !).
      C’est une évidence que des portiques de contrôle sont nécessaires.
      De plus, c’est du bon sens de prévoir des sorties de secours bien indiquées, larges, au lieu de les boucher. A mon avis et ce n’est que mon avis, on pourrait prévoir des agents de sécurité en stationnement devant ces accès latéraux, se relayant.
      De plus, la température monte vite dans ces chapiteaux sous le soleil… on a besoin d’air.
      Il y a tout de même à Saint-Malo, et tout près, l’Ecole nationale de Police, et ses élèves policiers qu’on voit souvent faire leurs exercices sur la plage. Cela leur ferait des travaux pratiques.
      En cas de simple alerte, qui peut toujours survenir, ce serait la pagaille, avec les sacs laissés sur place comme des obstacles, avec les piles de livres pouvant s’écrouler … oui, il faut y réfléchir.
      Déjà dans les autobus malouins, les lycéens laissent tomber leurs sacoches dans les allées … le civisme n’est visiblement pas au programme ! Et pourtant, penser aux autres, penser à la sécurité, c’est une forme de civisme indispensable pour le fameux  » vivre ensemble « .
      A la Bibliothèque nationale de France, où le public de lecteurs ne représente vraiment pas un danger – je ne crois pas … – la sécurité a été renforcée visiblement dès le triste 11 septembre 2001.
      J’ai vécu une alerte au Grand Palais ( finalement fausse ), et nous étions au 2ème étage… je ne veux plus revivre cela, et pourtant je retourne à Paris dans les musées et bibliothèques, où l’on voit que notre sécurité est prise au sérieux, par des professionnels.
      Il n’y a pas que le tourisme et le profit !
      Je t’envoie mes bises et mes amitiés – france 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s