Linwood Barclay – En lieux sûrs – Thriller traduit de l’anglais ( Canada ) – Belfond Noir

Pour vraiment apprécier ce thriller angoissant, mieux vaut s’assurer que les êtres chers et vous-même sont   » en lieux sûrs « ,  que les ouvertures de la maison sont bien fermées … ensuite … enjoy !

 » Les Bradley vivaient dans cette modeste maison de Milford, sa rue centenaire avec ses grands arbres, depuis près de trente ans. Ils avaient vu les voisins se succéder. Pour le meilleur et pour le pire. Mais jamais le voisinage n’avait été aussi détestable, et ça durait depuis un moment. Deux ans auparavant, le propriétaire de la maison qui jouxtait la leur avait commencé à la louer à des étudiants du centre universitaire de Housatonic, là-bas, à Bridgeport, et depuis, comme Richard Bradley aimait à le répéter tous les jours,  » le quartier allait à vau-l’eau ». 

Certains étudiants s’étaient montrés pires que d’autres. Mais avec ceux-là, c’était le pompon.  La musique à fond presque tous les soirs. L’odeur de cannabis qui entrait par les fenêtres.  Les bouteilles de bière fracassées sur le trottoir.

Avant, c’était un quartier agréable. De jeunes couples  y achetaient leurs premières maisons, d’autres y fondaient une famille. »

Richard et Esther Bradley forment un couple fort calme  de retraités de l’enseignement, mais ce soir-là, Richard se met en colère et décide d’aller trouver les voisins. Il y va  pieds nus, en pyjama et peignoir, accompagné d’Esther, inquiète pour lui, dans la même tenue.  L’entrevue se passe bien, et le jeune Brian, quand il parvient à entendre Richard,  s’excuse et fait baisser le son.

En partant si précipitamment, Richard et Esther ont laissé leur porte entrebaillée :

 »  Ce n’est qu’une fois à l’intérieur, après avoir fermé et verrouillé  la porte, qu’ils ont remarqué  les deux intrus assis dans le salon. 

Un homme et une femme. Entre trente-cinq et quarante-cinq ans. Tous les deux élégamment vêtus en jeans – était-ce un pli de repassage sur celui de la femme ?  – et blousons légers  … 

– » Je vais vous poser une question – dit la femme –  et je ne la poserai qu’une seule fois … Où est-il ? « 

Les malheureux Bradley ne comprennent absolument pas, et ça part   : double meurtre, commis de sang-froid. Leur fille, appelée  en hâte, subit évidemment un choc terrible.

Ailleurs  à  Milford,  la famille Archer est sous tension. La mère, Cynthia,  a vécu un drame  dans sa jeunesse, et elle ne s’en remet pas vraiment. Elle a tendance à sur-protéger sa fille Grace qui se rebelle et veut vivre comme les adolescentes de son âge. Leurs conflits sont quotidiens, et un jour  plus difficile,  Cynthia décide d’aller vivre quelque temps de façon autonome dans un appartement que lui loue une amie. C’est  Terry, le père, enseignant, qui a la responsabilité de sa fille.

Ce soir-là, Grace a raconté à son père qu’elle allait au cinéma avec une amie qui la raccompagnerait. En réalité, elle est à  un rendez-vous avec  Stuart :

 » Grace n’avait pas dit à son père qu’elle fréquentait Stuart, parce qu’il connaissait parfaitement  le personnage. Elle se rappelait qu’il avait mentionné son nom plus  d’une  fois,  quand Stuart était dans sa classe de lettres, deux ans auparavant. Un soir qu’il corrigeait des copies sur la table de la cuisine, il avait dit que Stuart était bête à manger du foin, commentaire que son père  ne faisait pas très souvent, car il estimait que ce n’était pas  professionnel.  Qu’il ne devait rien dire du travail d’élèves que sa fille était susceptible de connaître,   – mais de temps en temps, si le gamin était suffisamment abruti, ça lui échappait. » 

Stuart décide d’essayer une grosse voiture, mais pas dans une concession ; il veut faire un tour pour ensuite la remettre où il l’a prise. Il sait où elle se trouve :  il suffit d’entrer dans une maison qu’il sait déserte,  en  cassant une vitre. Cela ne plait pas du tout à Grace qui commence à penser que son père a raison au sujet de Stuart, mais c’est Stuart qui est au volant de la voiture des parents, et qui met son plan à exécution. Très vite,  tout dérape.  A l’intérieur de la maison, quelqu’un est déjà là, dans le noir. Stuart a remis un revolver à Grace qui tire, affolée car elle  a visé au hasard et Stuart ne répond plus …

Grace n’a qu’une solution, téléphoner à son père  :

 » – Papa ? Papa ? Il faut que tu viennes.

Elle parlait rapidement, d’une voix tremblante. J’ai deviné immédiatement que quelque chose  n’allait pas. Aussi suis-je passé de Papa-en-rogne à  Papa-inquiet… 

– Il faut que tu viennes,  tout de suite… Il est arrivé quelque chose, papa, il est arrivé quelque chose … Elle m’a dit que je la trouverais  dans une petite boutique  attenante à une station-service  à l’angle de  Gulf Street et de New Haven Avenue. Quand j’ai tenté de  la faire parler, elle m’a seulement demandé de faire vite.

Et aussi de ne pas en parler à sa mère « .

Une autre famille tranquille à Wilford  est donc prise dans un engrenage tragique. Car on ne retrouvera aucun corps dans  cette maison. Le mafieux qui dirige une sinistre organisation sous l’apparence d’un atelier de carrosserie n’hésite devant aucun meurtre pour ne pas laisser de trace. Et il est fort habile. ( Attention, scène  » gore  » au point que je n’avais pas idée qu’on puisse inventer çà ).

Terry connait ce mafieux, et  il veut avant tout préserver sa fille. Jusqu’où peut-il aller ?

Quels sont ces   » lieux sûrs  » ? Pour qui  ?  Et pour quelles raisons   ?  Même la maison de Terry est concernée.

Un suspense redoutablement construit et efficace, aux dialogues brefs, qui fait une bonne  place à l’humour.

Un maître du genre :

Linwood Barclay – En lieux sûrs – Traduit de l’anglais ( Canada ) par Renaud Morin – Editions Belfond Noir – 432 pages – 21, 90 Euros

 

( Tous droits réservés, etc – copyright )

 

 

 

 

 

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