Aga Lesiewicz – A perdre haleine – ( Premier roman – à suspense – traduit de l’anglais – GB ) – Editions Belfond Noir

Anna Wright a environ trente ans, et mène sa vie avec énergie. Quand elle fait  le bilan, elle voit une carrière brillante,  car elle est déjà manager dans une société de production audiovisuelle  à Londres où elle ne laisse personne l’intimider.  Elle s’entend à la perfection  avec son assistante, Claire,  » reine de l’efficacité « , a de nombreux amis y compris parmi ses voisins, et une meilleure amie,  Bell, confidente incomparable. Sa séparation tumultueuse d’avec  son ex-mari, Andrew fait partie du  passé.

Elle a une maison superbe agrémentée d’ un jardin dans un beau quartier, une voiture solide  où tient à l’aise son  amour inconditionnel,  Wispa, chienne labrador chocolat qui a toujours faim et doit prendre de l’exercice. D’où la dog-sitter qui promène Wispa  pendant qu’Anna est au travail.

Elle vient précisément de  confier à Bell  qu’elle a tout juste rompu avec James,  directeur financier quelque part dans la City, malgré ou à cause de son récent cadeau, un ours en peluche orné de rubans roses, paquet livré au bureau. Bell l’approuve car elle ne l’a jamais  apprécié et elles prévoient une  journée à elles deux, avec quelques bouteilles de bon vin.

Tout semble organisé.

Mais le samedi qui suit, après  un bon début de matinée,  elle  marche sur des morceaux de verre,  et elle se rend compte que c’est la vitre de sa voiture qui a été brisée. Elle réalise aussi que l’ours en peluche  qu’elle  y avait laissé car elle avait l’intention de le porter à une  oeuvre caritative a disparu. Etrange !  Qui a bien pu faire ça ? Elle pense à James, vexé par la rupture qu’il semblait accepter avec dignité, ou une mère d’enfant  voulant faire un cadeau à  un rejeton hyper gâté ?

Les dégâts nettoyés, l’assurance et le réparateur prévenus  dès midi, elle part en compagnie de  Wispa faire leur promenade favorite à Hampstead Heath, parc qui domine Londres :

 » Nous descendons Merton Lane  avant d’entrer dans  le parc  du côté des étangs.  C’est un après-midi magnifique. Je vois des gens qui déambulent avec leurs chiens, quelques silhouettes immobiles en train de surveiller leurs cannes à pêche,  des joggers au regard concentré de lévrier  et une poignée d’ornithologues amateurs  visiblement excités par une créature invisible dans les buissons sur l’autre côté d’un bassin.  Wispa et moi gravissons rapidement la colline, nous éloignant de la foule. Arrivées au sommet, nous  tournons à gauche, en direction de Kenwood House. L’atmosphère est plus calme et plus sombre dans les bois.  J’adore cette partie du parc. Elle n’est jamais trop fréquentée et ses  épais fourrés, ses arbres noueux lui donnent un air  coupé du monde et mystérieux.   Je m’asseois sur le banc  dédié   » à quelqu’un qui aimait cet endroit  » et ferme  les yeux. Bell a raison.  J’ai besoin de temps pour analyser ce qui se  passe dans ma vie. »

Le lendemain dimanche, il fait un temps épouvantable, mais elle décide de se réchauffer grâce à une autre course dans le parc. Wispa approuve.  A partir de ce moment, sa vie ne sera plus la même. Dans la partie du parc qu’elle aime tant, pas si désert malgré la pluie,  elle fait une rencontre fulgurante, en croisant un fort beau jogger, avec  échange de regards …   Puis elle voit l’ ours en peluche dans la vitrine d’une boutique caritative …  flippant : est-ce James qui serait assez tordu pour casser la vitre de sa voiture, voler l’ours et le confier à ce magasin ?  Elle décide en tous cas de lui téléphoner afin qu’il lui rende les clés de sa maison. Il est d’accord pour les mettre dans sa boite aux lettres.

Et le jour d’après, c’est la tempête dans son entreprise, le grand chambardement confié à une  société de restructuration :

 » Le mardi, Cadenca Global débarque. Elle surgit sous la forme de cinq super-cyborgs, jeunes et  impeccablement vêtus : quatre hommes et une femme. C’est la femme qui glace le plus le sang  : avec froideur, précision et sans décocher un seul sourire,  elle nous brosse un tableau effrayant des réalités du marché qui, telle une meute de loups,   sont apparemment en train de désosser  l’industrie des medias et du divertissement « .

Après une semaine stressante, alors que pourtant  elle sait qu’elle peut faire face à toutes les situations, Anna  retourne courir dans son parc préféré avec Wispa. Elle y va à plusieurs reprises, et, par un hasard pourtant improbable,  elle rencontre chaque fois  le beau jogger, auquel  elle donne le nom de  » mannequin Dior « … Brèves rencontres intenses.

Un jour, Wispa disparait puis est retrouvée.  Circonstance aussi mystérieuse que le bouquet de roses rouges que quelqu’un a posé sur le seuil de sa porte.

Mais des faits divers  l’inquiètent car une joggeuse  puis une autre sont  retrouvées assassinées à Hampstead Heath. Elle continue cependant  de s’y rendre, fascinée par l’ inconnu séduisant, malgré sa peur.

Le drame est à son paroxysme  quand Bell, vêtue de son imperméable, promène Wispa à  sa place, et, à sa place, est assassinée.

La police enquête. Anna n’ose pas  parler de l’inconnu séduisant.

Il y a d’autres faits inquiétants, et le récit s’accélère en réservant toutes sortes de révélations stupéfiantes.

Un premier roman haletant, brillant, écrit souvent  cash, vivement,  avec humour, sur l’  » urban life  » d’une jeune  femme forte qui devient une proie, et ne le veut pas.

Comment ne pas y penser en allant trottiner même dans un lieu familier, même avec un chien – car dans le récit, Wispa  l’aimante  devient aussi une cible.

Courir  donne des endorphines, dit-on, mais on peut les fabriquer bien à l’abri chez soi en lisant ce parfait roman à suspense  !

Aga Lesiewicz –  A perdre haleine – Roman traduit de l’anglais par  Claire-Marie Clévy – Editions Belfond Noir –  382  pages – 20 Euros

( Tous droits réservés, etc – copyright )

 

 

 

9 réflexions sur “Aga Lesiewicz – A perdre haleine – ( Premier roman – à suspense – traduit de l’anglais – GB ) – Editions Belfond Noir

  1. Une fois la lecture commencée, je crois que l’on ne peut plus s’arrêter 🙂 Merci de ce partage.
    Avec mes amitiés et mes bisous, je te souhaite, chère France, un bel après-midi ♥

  2. Une fois la lecture commencée, je crois que l’on ne peut plus s’arrêter. Merci de ce beau partage.
    Avec mes amitiés et mes bisous, je te souhaite chère France, un bel après-midi ♥

    • Bonjour chère Denise – ce roman commence comme le récit de la vie d’une jeune femme battante d’aujourd’hui et devient un thriller dont le ressort est psychologique. Je n’en dis pas plus !
      Pour toi aussi, un bon après-midi, et une belle soirée … amitiés et bises de france 🙂

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