Robert Doisneau, les années Vogue – Editions Flammarion – Beau livre ( et exposition à Versailles, Espace Richaud )

 

Somptueux catalogue qui montre les divers aspects du talent de  Robert Doisneau, photographe, pendant quelques années de l’après-guerre, quand il était en contrat d’exclusivité pour la revue Vogue, de 1949 à 1952 en totale exclusivité,  puis jusque vers les années 1960. Le directeur en était alors Michel de Brunhoff, la rédactrice en chef Edmonde Charles-Roux, qui eut une véritable complicité avec son ami reporter.

Vogue, c’est évidemment  la  Haute Couture, la mode, la vie artistique, les mondanités  à l’époque des réceptions dans les salons des  hôtels particuliers à Paris, des grands bals tels celui de Beistegui à Venise, des mariages très chics.

 

Imperméables à Paris au printemps :

 

Il capte aussi les visages et les silhouettes  des débutantes, Brigitte Bardot qui, grâce aux relations de sa mère, posait aussi pour  » Le Jardin des modes « ,   » Elle  » , Jeanne Moreau faisant alors partie de la troupe de TNP ( Théâtre national populaire ), Anouk Aimée dans des films, ou au théâtre, comme Suzanne Flon, Delphine Seyrig,  Danielle Darrieux sublime  » Madame de  « , Nicole Courcel … et Gérard Philipe en spectateur au théâtre, Bruno Cremer, Serge Reggiani,  ou Mouloudji à la Rose Rouge …

 

Danielle Darrieux , Charles Boyer

– et dans l’angle, l’auteur, Louise de Vilmorin  :

 

 

Il se glisse dans les coulisses de l’Opéra pour fixer les visages, les silhouettes de Maurice Béjart, Zizi Jeanmaire, Roland Petit,  Claude Bessy …   parcourt le Palais Royal à la rencontre de Jean Cocteau … et d’autres,  surprend Paul Léautaud sur le pas de sa porte  …

Robert Doisneau  s’intéresse aux métiers du théâtre et du cinéma, quand  les habilleuses transforment Martine Carol en   » Nana « , que Jean Gabin et Roland Lesaffre sont les héros d’un film de Marcel Carné, Jean Gabin encore avec Françoise Arnoul pour   » Moulin Rouge  » de Jean Renoir,  silhouette ronde et regard vif. Michèle Morgan s’entraîne au trapèze volant pour le gala de l’Union.

Le très beau livre s’ouvre sur des reproductions de couverture de Vogue, avec Bettina, puis suivent des photographies de villes après-guerre,  Bordeaux, Lyon, Lille, Marseille,  où  alternent la pauvreté qui se voit ou se devine, l’opulence qui s’affiche.

 

Robert Doisneau qui ne fut donc pas seulement  le photographe du   » Baiser de l’Hôtel de Ville  » ( d’ailleurs posé ) témoigne comme pour s’excuser de sa participation à la luxueuse revue :

«  Avec le recul, je m’explique pourquoi Michel de Brunhoff m’avait proposé ce contrat. J’étais le fils du jardinier  invité à venir avec les enfants du château,  à condition d’apporter avec lui  un regard neuf « .

Et Edmonde Charles-Roux :  » L’éternel badaud, le drôle, le tendre,  le gentil Doisneau, j’ai connu l’artiste sous ce jour-là, bien sûr, qui était celui de sa nature profonde.  Mais j’ai connu aussi un tout autre bonhomme dont personne jusqu’à présent n’a révélé l’existence. J’ai connu un  insatiable chasseur d’images,  un travailleur acharné, un dévoreur qui laissait ses nostalgies au vestiaire,  un débrouillard qui, s’il s’était fait licencié par les usines Renault  pour retards répétés,  ne fut pas moins à Vogue, le contraire d’un tire-au-flanc, un modèle d’exactitude, un passionné, un forcené,  exécutant lui-même ses tirages et restant  » sur le motif  »  jusqu’aux petites heures du matin,  que son lieu de travail ait été le carreau des Halles ou  le plus beau, le plus riche salon de Paris. 

Ce  que Vogue attendait de Doisneau n’était pas quelques portraits tirés à raison d’un ou deux par mois,    mais de longs reportages rassemblant un nombre incroyable de photos, qui paraissaient chaque mois sur six, huit, ou  dix pages.  Il était le seul reporter de la vie parisienne. J’écrivais, il illustrait « .

Les filles de Robert Doisneau,  Annette Doisneau et Francine Deroudille  racontent cette belle histoire dans le livre hommage à leur père et au cours de  l’exposition présentée à Versailles.

http://www.robert.doisneau.com

Robert Doisneau – les années Vogue – Editions Flammarion – Format relié  24 x 31 cm – 360 pages – plus de 300 photographies – 49, 90 Euros

 

(  Tous droits réservés, etc – copyright )

6 réflexions sur “Robert Doisneau, les années Vogue – Editions Flammarion – Beau livre ( et exposition à Versailles, Espace Richaud )

  1. Bonjour chère France, un grand merci pour ce billet qui est de toute beauté. J’aime l’élégance de cette période. C’est superbe et Robert Doisneau a fait tant de superbes photos. Merci pour tout.
    Bel après-midi avec toute mes amitiés. Chez nous, le soleil est présent mais la bise aussi.
    Mes bisous de fin de journée ♥

    • Bonsoir – déjà ! chère Denise ! Une véritable élégance. J’aime l’imperméable avec le petit chapeau au milieu, et aussi le sac en vannerie !
      Temps frais et ensoleillé chez nous aussi – la semaine sera belle, espérons-le. Merci à toi, bises et amitiés pour une bonne soirée – france 🙂

    • C’est juste Hervé, il raconte toujours quelque chose. Ses photos en noir et blanc sont lumineuses – et ses femmes ont une présence – une vie … Bonne soirée, bonne semaine – amitiés – france 🙂

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