Aude Massot – Chronique du 115 – Une histoire du SAMU social – Reportage graphique – Editions Steinkis

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Le 115 – le Samu social – n’a pas toujours existé.  Qui en a eu l’idée ? Comment fonctionne-t-il ? Aude Massot, diplômée des ateliers BD de l’école bruxelloise Saint-Luc en 2006, décide, après d’autres réalisations et publications, de se lancer dans une grande enquête.

Elle rencontre Xavier Emmanuelli,   qui  est à l’origine de ce  mouvement  et lui pose toutes sortes de questions.  D’ailleurs, il préface le document, et exprime son approbation totale :

 » C’est un reportage réalisé par une dessinatrice de talent  …Elle a une vraie culture en ce domaine.  Elle ne dessine que ce qu’elle a vu.  Personne ne peut lui raconter d’histoires, elle est libre dans ce talent de reporter.  C’est pourquoi j’affirme que sa bande dessinée représente un matériel pédagogique irremplaçable, divertissant mais réel et sûr.  Elle sera, j’en suis persuadé, un ouvrage de référence pour les équipes médico-sociales qui travaillent sur le terrain. « 

Lire la biographie de Xavier Emmanuelli, c’est  retracer la genèse, l’histoire souvent complexe de ce numéro  115 qui nous est familier.

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Avant; cela se passait comment  ? C’était la police qui   » ramassait    » ceux qu’on appelait les vagabonds, les clochards, pour les conduire en autobus jusqu’à un centre situé  à Nanterre. Ils étaient alors considérés et traités comme des hors-la-loi. Xavier Emmanuelli  – (  » Médecins sans frontières  »  c’est aussi lui ) – est alors passé de l’urgence individuelle à l’urgence collective.

Il a exprimé ses idées au candidat Jacques Chirac,  qui, devenu Président de la République, lui a donné les moyens d’agir et de construire.

( On peut trouver les dates, les étapes dans Wikipedia )

Aude Massot rencontre aussi les responsables,  de divers échelons. Et surtout, elle a l’autorisation de se joindre aux maraudes, de nuit et de jour, mais de façon discrète, évidemment.

Si étonnant que cela soit, il est impossible de  secourir quelqu’un qui ne le veut pas, qui préfère rester dehors, sans véritables soins. Ainsi, on signale aux équipes un monsieur qui git sur le trottoir sans bouger depuis trois mois. Les jambes sous une couverture qu’il  refuse de soulever, il dit non aux soins – et en a le droit. Aude est évidemment sidérée, mais on lui explique que ce qu’il faut malheureusement souhaiter, c’est qu’il ait un malaise, car ainsi les pompiers viendront le chercher en urgence, et il aura enfin des soins. D’après les équipes et leur expérience, il se pourrait que ses jambes soient gangrenées. On lui dit que des maladies d’un autre âge se déclarent, des pathologies qu’on ne connaissait plus.

Dans son récit, Aude Massot alterne les séquences où elle se documente sur le terrain, montrant  ce qu’elle voit dans ses pages dessinées,  avec des moments calmes où  elle retrouve chez elle, dans le confort qu’elle apprécie,  et la sécurité.

Comment se fait-il que de plus en plus de personnes  se trouvent sans toit, sans protection  ?  Pour Xavier Emmanuelli,  parce que l’on a  construit  des mégalopoles, allant de pair  pourtant avec la raréfaction de logements  à  des prix convenables.

 

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J’ajoute que  je vois  ces jours-ci un  monsieur sur le trottoir avec son chien bien emmitouflé,  dont il  prend visiblement grand  soin.  Lui-même est d’apparence soignée, et il est  chaudement vêtu, mais il est tout de même assis par terre. Certes, il faisait du soleil aujourd’hui et la température était cet après-midi de 7 ° …   Il m’a dit  être à l’hôtel au moins pour un certain temps.  Des personnes laissent de l’argent, un monsieur qui semble bien le connaitre lui  a apporté un sandwich…

Rien à voir avec l’image tragique de la couverture, mais cette situation existe aussi.

La durée de vie moyenne d’un SDF est de 48 ans environ.

 

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Aude Massot – Chronique du social – Une  histoire du SAMU social  – Préface de Xavier Emmanuelli – Editions Steinkis –  Format cartonné  21 x 28 cm – 120 pages – 17 Euros  ( parution du 11 janvier 2017 )

 

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Tous droits réservés, etc – copyright

 

 

 

8 réflexions sur “Aude Massot – Chronique du 115 – Une histoire du SAMU social – Reportage graphique – Editions Steinkis

  1. Bonjour chère France, merci pour ton excellent billet. C’est triste de voir ces personnes dormir et vivre dans la rue. Mais, il est vrai que beaucoup d’entre eux ne veulent pas être aidés et aller dans un abri pour la nuit. On ne peut pas les forcer. Au TJ, j’ai vu des bénévoles parcourir les rues et parler avec ces personnes, leur offrir une boisson chaude, une soupe ou donner des sacs de couchage mais en aucun cas ne voulaient aller dans un abri.
    Merci France pour la présentation de ce livre.
    Je te souhaite un bel après-midi avec mes amitiés.
    Bisous ♥

    • Bonsoir chère Denise – merci à toi, oui, c’est un bon livre qui explique qu’on fait au mieux.
      Cela peut arriver… Nous faisions le marché à Paris, maman et moi, quand elle m’a dit qu’elle reconnaissait le frère de sa meilleure amie de jeunesse, dans un triste état. Il avait eu tout pour réussir, et on ne sait pas pourquoi il était dans cet état.
      Il fait froid, mais les jours allongent, et le soleil ne demande qu’à s’attarder.
      Prends bien soin de toi – bonne soirée, avec mes bises et amitiés – france 🙂

    • Bonjour gavroche, ce dessin est très étrange, et retient l’attention. Il symbolise ce qui peut se passer mais pas toujours – car les secours arrivent … encore faut-il les accepter. Beaucoup ont des animaux dont ils ne veulent évidemment pas être séparés. A la société de s’adapter pour fournir des abris qui conviennent. Amicalement – france

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