Entendu dans l’autobus : la dame qui voulait un appartement pour sa retraite, sa maison vendue … pendant son hospitalisation … et le notaire … ( je relate simplement ses propos – sans engagement de ma part )

Donc, je me trouvais dans le bus et une dame monte, qui marchait mal, aidée par  un jeune monsieur, je crois quelqu’un de sa famille.

Elle lui explique qu’après avoir résidé dans la région parisienne, elle voulait vendre sa petite maison, et acquérir un  appartement en Côte d’Emeraude où elle revient.

Selon elle – et ce que j’ai entendu, elle  a confié un mandat à un notaire … puis a été hospitalisée le temps d’une opération à une jambe.

Quand elle est sortie,  elle a eu la stupéfaction d’apprendre que  – pendant son hospitalisation   –  sa maison avait été vendue à un prix très bas, non seulement sa maison,  et tout ce qu’il y avait à l’intérieur.

Elle a dit :  » Je n’ai plus rien, pas même une fourchette « .

Elle a dit :   » j’avais donné un mandat sans préciser le prix  ni rien …. » je faisais confiance   » …   et comme  j’ai signé le mandat, il parait que je n’ai aucun recours. Je cherche un logement social « .

Je n’ai pas revu cette dame.

Ce n’est pas le seul drame touchant des  dames âgées que j’ai pu connaitre.

Mon père était avocat, et j’ai été stagiaire en son Etude,  j’écoutais beaucoup, d’autant que Maman était sa collaboratrice,   avec son coeur d’or, sa bonté.  Elle veillait sur les personnes fragilisées, déstabilisées  même momentanément par des épreuves comme on peut en voir dans ces études d’avocats ou de notaires. Elle disait par exemple à une dame âgée de se méfier de son fils, qui était méchant, elle lui conseillait  d’éviter d’être trop proche des escaliers …   elle faisait des démarches auprès des administrations, y compris les services fiscaux … que n’a-t-elle pas fait !  Elle disait son admiration envers les dames qui enduraient des épreuves, par exemple des divorces forcés,  et avaient une dignité sans faille, elle remarquait qu’elles étaient toujours soignées, coquettes …   elle parlait des marchandes de poisson, travaillant les mains dans l’eau froide, et qui gardaient l’odeur du poisson ( Maman était très sensible aux odeurs, et elle plaignait ces dames ). Oui, il y a des métiers durs.

Les conseils de mon père qui reconduisait  ses clientes et clients  avec un bon sourire réconfortant … j’ai entendu :

  •  » on vous fait assez de mal comme cela, ne vous en faites pas à  vous-même en plus, prenez soin de vous, allez voir votre  médecin, et vous n’aurez peut-être plus besoin de moi »
  •  » ne donnez jamais de mandat, ne vous portez jamais caution, pour personne, pas même vos enfants. J’ai vu des drames et vous pourriez  perdre votre maison « .
  •   » n’oubliez pas que les plus belles escroqueries ont été commises au nom de la confiance  » !

–  » une consultation  ? mais non, c’était facile pour moi « .

Les clients  apportaient des cadeaux, venus du coeur   : ainsi   j’ai toujours une corbeille à ouvrage tendue de velours vert, galonnée, faite main dans un panier à huîtres par une cliente, qu’elle a offerte à Maman ( qui me l’a donnée, souvenir précieux pour moi )  … des poulets …  des bouteilles de champagne …

Mais par contre, pendant mon stage j’ai su que jamais je ne pourrais vivre dans cette ambiance éprouvante de conflits et de grandes détresses, surtout quand je prenais connaissance des rapports de certaines compagnies d’assurances, qui déniaient les souffrances des victimes   (  par exemple, après un accident, et un traumatisme crânien, osant écrire que    » c’est psychologique  » ! )

Et  il faut toujours écrire :

Sous toutes réserves  !

France Fougère

 

10 réflexions sur “Entendu dans l’autobus : la dame qui voulait un appartement pour sa retraite, sa maison vendue … pendant son hospitalisation … et le notaire … ( je relate simplement ses propos – sans engagement de ma part )

    • Bonsoir Hervé, on entend beaucoup de choses vraies dans les transports en commun ! Qu’est devenue cette dame ? Elle a dit avoir été entièrement dépouillée. Quelle cruauté alors que ces professions ont une obligation de conseil.
      Vigilance, toujours.
      Merci à toi, Hervé, bonne soirée – amitiés – france

  1. Magnifique témoignage, France ! les conflits d’intérêt sont légion au sein même des familles et il est bien difficile de faire entièrement confiance, même à ses Proches. Lorsque même les Notaires se révèlent peu scrupuleux et incompétents, les personnes affaiblies par l’âge ou la maladie n’ont plus aucun recours et c’est lamentable.Je plains cette dame de tout mon coeur ! malgré tout, Je veux croire que la majorité des Officiers Publics sont encore dévoués à leur charge: il n’y a que la foi qui sauve, dit-on .
    Bonne soirée.

    • Bonsoir runglaz, merci à toi.
      Quelquefois la gentillesse n’est que de surface, mais quelquefois aussi, elle est sincère ! Il faut du discernement.
      Ton commentaire est tout en nuances … amitiés bretonnes – france

  2. Merci chère France pour ce touchant témoignage. Je plains sincèrement cette pauvre dame. C’est triste de se trouver ainsi démunie du jour au lendemain. Tu as raison, soyons vigilants sur tout. Certains avocats ou notaires ont un toit, à manger et aucun souci d’argent donc aucun problème pour eux.
    Merci pour tes mots.
    Bisous ♥

  3. Bonjour toutes et tous, je reviendrai pour répondre plus longuement à vos coms, dont je vous remercie, – bises 🙂
    J’ajoute que mon père qui avait un grand sens de l’humour ( hérité parait-il de nos ancêtres anglais ?? – il avait le style british vraiment ) aimait à dire :  » Moi, aucun de mes clients ne s’est suicidé, aucun ! Tandis que ceux des confrères … on en retrouve dans le bassin Vauban !  »
    Et c’est vrai !
    Attention, coeurs sensibles : il y avait l’avocat au grand coeur, généreux – et d’un autre côté, le mari et le père … Celle qui a fait une tentative de suicide, c’est ma mère alors qu’elle était à tous points de vue une force de la nature … il pouvait être extrêmement violent, et quand j’ai compris que je ne pouvais rien faire,à 13 ans, j’ai demandé à aller en pension. J’étais en sécurité chez les ,Soeurs. J’ai toujours dû me protéger et rien n’est arrivé sauf une fois où il m’a jetée sans raison évidemment contre le radiateur et j’ai été blessée à la tête.
    Un de ses plaisirs, c’était de nous gâcher Noël, avec une scène à tout casser avant la messe de Minuit ou au retour – mais nous nous sommes organisées, Maman et moi … et elle a toujours invité du monde, pas seulement la famille.

    • Merci, chère Denise, je préfère refermer la boite à souvenirs … et j’ai eu plein de » pères  » … plus un homme bien …
      Maman disait :  » Je ne veux plus y penser ; il faut garder l’hygiène mentale  »
      – Bises, de tout coeur – france 🙂

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