Jean-François Roseau – La chute d’Icare – Roman – Editions de Fallois ( Albert Preciozi ) – … en cours … à suivre …

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Pour raconter  la vie courte et passionnée d’Albert Preciozi, le jeune auteur Jean-François Roseau ( il a  vingt six ans et  c’est son deuxième roman ) a adopté  un rythme souple, lyrique qui convient admirablement à son héros. On est porté par un grand souffle d’un bout à l’autre de cette épopée hors norme, hors du temps.

Albert Preciozi  est né  en 1915 dans  un village corse où la vie est modeste, et il y a passé une enfance heureuse, entre sa mère, douce et pieuse, son père gendarme volontiers impressionnant, qui  a l’autorité, la force et la bravoure. Il partage avec son frère l’amour d’apprendre et la curiosité, les longues marches même s’il se réserve des moments de solitude.

Puis au lycée de Bastia, il se fait d’autres camarades :  » Et eux, les lycéens, qui errent dans les cafés, en revenant d’une fugue ou bien à l’aube des trêves dominicales, ils s’en moquent bien de l’actualité. Ils sont trop occupés à découvrir ce que la vie leur  offre avec tant de facilité. Ils travaillent, certes, s’amusent autant que cela  se peut. Chacun a pris ses marques dans l’enceinte du lycée, ce vaste espace plein de recoins, de clans,  d’irrévérences, de puériles contrebandes …  Il a rejoint un petit groupe  … Ils sont cinq amis. Albert, brillant en mathématiques, réussit son bac  et sa vie traverse la mer :

 » A Marseille, il apprendra aussi, le nez dans de savants traités, que les chiffres ont un pouvoir insoupçonné. Voler. S’il veut voler. il lui faudra avec succès passer des concours militaires. Il veut cingler les vents comme d’autres marchent, tourner dans les nuages, monter jusqu’au soleil.  Depuis longtemps, Albert savoure cette rêverie, désir profondément enfoui dans un recoin intime de son âme d’enfant. Rêverie d’irresponsable. En bas, la mer, ressacs et embruns ; en haut, la brume, le soleil ou l’orage ; et les montagnes autour, les capricieuses montagnes sur lesquelles viennent se briser parfois d’orgueilleuses machines comme la vague au rocher. La mort en embuscade  pour quelques paysages …Vraiment, il faut être un enfant pour vouloir voler. 

Ou un poète.

Ou un tyran.

A Marseille, au lycée Thiers, il travaille dur. Ses camarades visent Polytechnique, et c’est ce qu’il laisse croire à sa mère pour la rassurer. Non, son but, son rêve, c’est la toute nouvelle Ecole de l’Air, qu’a voulu en 1933 le ministre de l’Air Pierre Cot, qui lui-même pilote parfois.

Albert a visité la base aérienne  d’Istres   :  » C’était  de là, un an auparavant,  que Jean Mermoz  –  royal archange   – avait décollé pour un périple  qui l’avait  conduit jusqu’en Mauritanie … Mermoz, Albert l’avait manqué.  Mais il avait tenu absolument à visiter ce lieu, marqué par les grands noms de l’aéronautique : Saint-Ex, Hélène Boucher,  Antoille Paillard, le compère de Mermoz,  et René Couzinet,  brillant ingénieur de l’aviation moderne.  Istres, c’était  une plaine, une plaine immense,  abritant de vastes hangars où dormaient les machines.  Mais sur cette plaine,  au spectacle des ailes et des  acrobaties,  les rêves d’Albert devinrent une vocation, comme un indéfectible pacte avec lui-même « .

Au mois de juin, il a un petit pécule, et au lieu de se rendre immédiatement en Corse, il prend un billet pour Paris car il veut voir, comme un pélerin,  l’aérodrome du Bourget , d’où  Costes et Bellonte s’étaient envolés vers 1930 vers New-York, reproduisant dans l’autre sens  l’exploit de Lindbergh. Sur place, il admire les loopings d’un appareil tandis que deux mécaniciens lui expliquent ce que, eux, ont vu.

Puis il prolonge  un peu son séjour à Paris, où il rencontre des camarades du Midi. Voici Vicenti, Joseph, Mathilde, et Antoinette. Paris vaut bien une nuit avec Antoinette retrouvée ! Leur liaison ne dura pas.

L’année d’après,  il a vingt ans, il a réussi le concours d’entrée à l’Ecole de l’Air, et il fait partie de la toute première promotion. Les bâtiments prévus  à Salon-de-Provence ne sont pas prêts. L’Ecole s’installe  à Versailles, aux Ecuries du Roy comme autrefois les pages, avec le château pour voisin. Parmi les soixante élèves, il se fait des amis, dont Maxime de Bellechasse.

 » Tous se rejoignaient dans des dogmes communs : la dignité, le sacrifice. La joie. Il n’y avait qu’à entendre leur hymne, ce chant qu’ils entonnaient avec entrain : La Chanson de l’escadrille, composée par Joseph Kessel.

Ils donnent un nom à leur promotion : Guynemer. Et adoptent une devise :  Faire face.

Leurs journées se passent entre instructions, leçons de stratégie militaire et exercices  de vol puisqu’ils doivent passer leur brevet de pilote. Il admire, parmi leurs professeurs, le général Hondout, un as parmi d’autres, blessé en 1917 après de nombreuses victoires sur l’ennemi.

Va-t-il inviter Antoinette pour le bal des élèves officiers ? Le destin décide autrement. Bellechasse  lui prête sa Bugatti pour se rendre à Paris, et Albert se brise contre un mur. On l’extirpe à grand peine de la voiture en miettes, et il se réveille à l’hôpital, blessé de partout, et surtout le cou enchâssé dans une coquille en plâtre. Certes, la  moelle épinière n’est pas atteinte, mais le jeune homme a perdu sa mobilité, et, semble-t-il, ses rêves.

Il est transporté au Val-de-Grâce pour une rééducation, et il lit des manuels militaires, il travaille. Les camarades le tiennent au courant de l’arrivée de la nouvelle promotion, et Antoinette lui annonce son mariage, qu’elle justifie. Au terme des soins et de la rééducation, des mois après, son destin se joue lors d’une convocation chez le médecin-chef. Il lui dit  qu’il a été jugé   » inapte à la navigation  »  et qu’il ne pourra pas voler, mais qu’ un emploi sédentaire l’attend dans un bureau.

Il ne peut qu’accepter. Mais il est soulagé de pouvoir partir à Bron, près de Lyon,  car il veut passer son brevet militaire, et il sait qu’il le peut.  Effectivement, à Bron, il a l’amitié et le soutien du bienveillant  instructeur Monsieur Monier qui lui permet d’accumuler les heures de pilotage, en douce, mais avec l’accord tacite de tous. Lui,  Monier, l’estime  tout à fait apte à piloter un avion, puisqu’il peut conduire une voiture !  La vie lui redonne l’espoir.

Et c’est le médecin-chef Michaelli qui, trois ans après l’accident,  la sortie de route, fait tout ce qu’il faut pour  que le jeune homme retrouve le chemin de l’active.

On a besoin de lui aussi,  car la guerre a éclaté. Pas question de subir un armistice.  Ils sont un certain nombre d’aviateurs à qui on a volé la bataille; et ils prennent la décision de partir …  Il en est, et sans le savoir, il fait partie des premiers Français libres, ceux qui ont désobéi. Tant pis pour  la carrière à laquelle ils ne pensent vraiment pas lors de leur envol.

 

16 réflexions sur “Jean-François Roseau – La chute d’Icare – Roman – Editions de Fallois ( Albert Preciozi ) – … en cours … à suivre …

  1. Merci chère France pour l’article de ce livre qui me semble passionnant. Je note 🙂
    Le ciel se couvre et la pluie devrait faire son apparition.
    Bel après-midi à toi avec toute mon amitié, bisous ♥

    • Bonsoir chère Denise – merci pour ton gentil mot. Je continuerai mon article plus tard, aujourd’hui j’ai été très absorbée … pas mis le nez dehors où il fait brumeux et frais !
      Bises et toutes mes amitiés pour une bonne soirée 🙂

    • Bonsoir voulaah, merci pour ton gentil message ! 🙂 J’ai peine à quitter ce livre d’aventures vraies, d’héroïsme .. et ai ajouté une partie aujourd’hui. Icare va voler vers le soleil … à suivre ….
      Bises, amitiés ( dans la pluie et la tempête ! ) – je te souhaite un week-end comme tu le souhaites 🙂 france

  2. Bonjour France,
    Ce livre me parait passionnant.. en plus se déroulant dans la région Méditerranéenne…
    Merci du partage, à conserver pour qui sait ?? un éventuel achat… mais j’ai tellement de retard à rattraper en lecture !
    Bon week end sous la pluie, et j’espère pas trop de dégâts par le vent dans ta région.

    Bizzz, amitié

    • Bonjour chère wzeig – Je m’attarde un peu à propos de ce livre, mais il en vaut la peine, et je souhaite le partager le plus possible; il y a toujours des livres à lire…
      La suite et le dénouement sont stupéfiants, entre l’Histoire et la légende, dit le jeune auteur.
      En ce moment, calme plat, et nuages gris tranquilles. On nous annonce une forte tempête. Je pense à celle du 26 décembre 1999 où après une journée de calme absolument plat aussi, une tempête terrifiante s’est déchainée. Espérons qu’il n’en sera pas de même. Il faut prendre des précautions. En écrivant cela, je pense à quelque chose laissé sur le balcon, que je dois mettre à l’abri !
      Bon week-end, que je te souhaite au bon soleil doré de ta région, avec mes bises et amitiés 🙂 – france

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