Bill Bryson – Des cornflakes dans le porridge – Récit traduit de l’anglais ( Etats-Unis )  » Notes from a small island « – Editions Payot Rivages

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Bill  Bryson, journaliste, écrivain, observateur sociologue,  scientifique du genre vulgarisateur, voyageur, humoriste …  voyage beaucoup, relate avec humour  ce qu’il voit  à sa manière qui est singulièrement minutieuse. Certes, c’est drôle, affuté,  et il faut remarquer qu’ il s’envole vite avant que le trait ne soit trop percutant.

J’ai lu en premier American rigolos, chroniques d’un grand pays – où le père de famille raconte ses expériences de père et de citoyen. Puis Nos voisins du dessous, chroniques australiennes,  et aussi Motel blues…  il me reste  cinq livres à découvrir, tous traduits en français  et publiés chez Payot Rivages.

Du  » blues « , Bill Bryson en ressent  tout au long de son voyage d’au revoir en Grande-Bretagne.  Il y a travaillé, y  a fondé une famille, mais sa famille, et en particulier sa femme, veut aller vivre aux Etats-Unis. Il décide de retourner observer le pays qui l’a séduit, et il le parcourt seul, à l’aventure, sans rien réserver, sautant d’un train  à un autre, arrivant tard le soir dans une ville où il choisit un hôtel qui lui réserve de bonnes ou de moins bonnes surprises.

Il veut retrouver la sensation qu’on éprouve  tout au sommet d’un autobus à deux étages, pour mieux voir à l’intérieur des maisons ! Il compare l’avant et maintenant : ainsi Bournemouth, où il a fait ses débuts de très jeune journaliste au Bournemouth Evening Echo, dans des conditions rappelant les romans de Dickens. Et  voici ce qu’il  observe  :

 » Une autre chose avait changé à Bournemouth :  tous les petits cafés avaient disparu. Avant, il y en avait un tous les trois ou quatre maisons, chacun avec sa machine à expresso soufflante et ahanante et ses tables poisseuses. J’ignore où vont les vacanciers d’aujourd’hui quand ils veulent un café  – si, en fait je le sais : sur la Costa del Sol – mais je dus marcher quasiment  jusqu’au Triangle, là où les bus du coin vont se reposer entre deux tournées, afin de m’en offrir une bonne petite tasse.

Ensuite, comme j’avais envie de sortir de la ville, je pris le bus pour Christchurch avec l’intention de revenir à pied.  Je m’assis à l’avant,  en haut d’un autobus jaune à deux niveaux. Il y a quelque chose de terriblement grisant à se trouver là-haut.  On peut voir à travers les fenêtres de premier étage des maisons, regarder le sommet du crâne des gens aux arrêts de bus (  et quand ils montent l’escalier un instant plus tard,  leur lancer un regard entendu signifiant :   » Je viens de voir le sommet de ton crâne  » ), et puis il y a le frisson d’excitation qu’on ressent quand on prend un virage ou un  rond-point  à toute vitesse en frôlant la catastrophe. On voit le monde sous un jour entièrement nouveau.

Les cités sont souvent  plus belles vues de l’impériale, et c’est particulièrement vrai de Bournemouth. Au niveau de la rue, elle ressemble pour l’essentiel à n’importe quelle ville anglaise – beaucoup d’agences de crédit immobilier et de grands magasins à succursales multiples, tous avec d’immenses vitrines  –  mais au premier étage on s’aperçoit tout à  coup qu’il s’agit d’un des haut-lieux victoriens du pays. Bournemouth n’existait même pas avant les années 1850 …  et à cette date elle explosa littéralement, donnant naissance à des digues, à  des promenades, à des kilomètres de bureaux de briques très ornés et à des demeures majestueuses, pour la plupart flanquées  de tours d’angle très élaborées et d’autres enjolivures foisonnantes qui ne sont plus vues  à présent que des passagers d’autobus et des laveurs de carreaux « …

Après l’autobus, le retour   »  pedibus  » au bord de la mer   :  » M’appuyant résolument contre le vent, je longeai la rue dans la même position que si je poussais une voiture vers le haut d’une colline et passai devant un alignement de cabines de plage disposées en arc de cercle, toutes de forme identiques, mais peintes de différentes couleurs vives …

L’un des charmes des Britanniques, c’est qu’ils n’ont pas conscience de leurs propres vertus, et cela s’applique particulièrement de leur capacité au bonheur … Et ils sont si faciles à satisfaire !C’est proprement extraordinaire. Ils aiment réellement les petits plaisirs …    Un jour où je me trouvais dans un café glacial, sur une promenade de bord de mer monotone, dans des vêtements humides, on m’a apporté une tasse de thé avec un petit pain brioché, et  je me suis exclamé :   » Humm,  merveilleux !  » . Ce jour-là, j’ai su que le processus était engagé. Bientôt,  j’en vins à considérer un grand nombre de démarches  – demander un supplément de toasts à l’hôtel,  m’offrir des chaussettes   » laine majoritaire  »  chez Marks et Spencer,  acheter deux pantalons quand un seul m’eût suffi  – comme des actes audacieux quasiment illicites,  et ma vie    devint infiniment plus riche « .

Un délice à parcourir, étape après étape – et elles sont nombreuses, tout aussi détaillées et amusantes. Ses observations  ne sont  pas superficielles, mais incitent à réfléchir sur ce que l’on fait de nos paysages, réflexions valables pour nombre de pays.

 

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Bill Bryson  –  Des cornflakes dans le porridge  – Un Américain chez les Anglais – Traduit de l’anglais  ( Etats-Unis ) par Hélène  Hinfray  –  » Notes from a small  island – Carte par Nathalie Cottrel – Editions Payot Rivages  –  352 pages – 21 Euros

 

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( Tous droits réservés – etc – copyright )

 

 

11 réflexions sur “Bill Bryson – Des cornflakes dans le porridge – Récit traduit de l’anglais ( Etats-Unis )  » Notes from a small island « – Editions Payot Rivages

    • Merci Floray pour le beau cadeau de ton message illustré. Je te souhaite un très bon  » Action de grâces  » – et je suis allée aussi voir sur ton blog car je ne connaissais pas du tout ! Bises et amitiés 🙂

    • Merci wzeig – c’est fort gentil ! C’est le libraire qui m’avait signalé – avec un grand sourire –  » mon  » premier Bill Bryson  » American rigolos « et j’ai été séduite par son originalité et son humour. Je te souhaite un bon week-end, avec le soleil qui chez nous a fait une apparition ce matin, et est enfoui sous la brume cet après-midi !!! oh ! bises et amitiés 🙂

  1. Bonjour chère France, merci pour le partage de ta découverte. Ce livre me semble très agréable à lire, Je t’avoue ne pas aimer le porridge mais les cornflakes oui 🙂
    Que ton samedi se poursuive agréablement avec mes amitiés et bisous ♥

    • Bonjour, dear Denise, effectivement, c’est un livre de voyages dans le présent, et dans les souvenirs de l’auteur, entre humour et nostalgie. Drôle de titre en français ! ( Pour moi, c’est le contraire, oui pour le porridge, flocons d’avoine et … non pour les cornflakes dont je ne garde pas un très bon souvenir dans le lait froid. Même si on met des noisettes et des myrtilles dedans 🙂 )
      Je te souhaite une bonne suite de week-end, avec du soleil, le beau soleil d’automne ! 🙂 avec mes bises et amitiés – france

    • Bonjour Hervé ! Il joue à cache-cache en ce moment – je te remercie et te souhaite aussi une bonne suite de week-end, avec des découvertes, champignons, chat, bruyères, grès, etc ! amitiés – france 🙂

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