Les Bretonnes – par James Eveillard et Alain Lamour – Editions Ouest-France

 

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Les richesses des cartes postales …  A partir de ces témoignages  simples, les deux auteurs racontent ce qu’étaient la vie des femmes et la condition féminine au début du XXe siècle en Bretagne.

Ils sont tous deux collectionneurs, écrivains historiens. James Eveillard est à l’origine du Conservatoire  régional de la carte postale à Baud ( Morbihan ).

Tous les aspects de la vie sont évoqués, naissance, baptême,  mariage, mort.  Il faut noter qu’il existe très peu d’  » hospices de vieillards « , car les anciens restaient à leur place dans la maison familiale, accomplissant toutes sortes de petits travaux.  Pour les cas extrêmes, il y a eu l’oeuvre de Sainte Jeanne Jugan, fille d’un marin-pêcheur de Cancale, fondatrice des Petites Soeurs des Pauvres. Ses maisons existent toujours, non seulement en Bretagne, mais à Paris, et dans d’autres pays.

Elles travaillent : en Argoat, les fermières traient les vaches, gardent les troupeaux,  ou font des travaux plus difficiles,  comme la coupe de la tourbe en Grande Brière. Elles participent aux moissons, et réalisent tous les travaux des champs. C’était très dur de cueillir les fraises, de récolter les pommes de terre, agenouillées durant une pleine journée.

En Armor, elles sont ramendeuses de filets, pêcheuses de crevettes, de coquillages,  paludières dans les marais salants, ostréicultrices – …  les  » Laveuses d’Huitres », sculpture célèbre à Cancale  » … et elles continuent.

On les trouve aussi marchandes sur les marchés, aubergistes, crêpières  …  vendeuses dans les grands magasins qui s’installent. Les usines fournissent des emplois :  les verreries près de Fougères, et aussi les usines de chaussures où elles  occupent la majorité des postes divers, rapportant  du travail à la maison.  Brodeuses également  ( voir au dos de la couverture ).

Faïenceries, conserveries, biscuiteries, laiteries, beurreries …  fournissent  des emplois.

Dans le domaine de la santé,  les  » ramendeuses « , guérisseuses, magnétiseuses, sont appréciées de la population – et il en existe toujours sous la dénomination de  » médecine parallèle « .  Officiellement,  une école de médecins ouvre à Rennes en 1803- et celles qui  s’orientent vers la santé deviennent infirmières, ( principalement des religieuses ) ou exercent en sanatorium car la tuberculose atteint de  nombreuses personnes.

On ne peut occulter la misère qui pousse les jeunes filles à émigrer jusqu’à Paris, ou plus loin.

Certaines sont célèbres :   Sophie Renot   » ange laïque de la charité  » est l’âme de  Douarnenez et  utilise sa fortune pour fonder un hôpital. Eugénie Bourgès fit des études de sage-femme, et revint exercer en île d’Houat, où elle rendait de multiples services, notamment administratifs. Jeanne Malivel,  après avoir été infirmière à l’hôpital  militaire de Loudéac en 1915 suit les cours de l’Académie Julian à  Paris, puis de l’Académie des Beaux-Arts et rencontre des artistes tels Maurice Denis et Georges Desvallières. Elle devint professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Rennes et a fait partie de mouvements bretons. Yvonne Jean-Haffen, née dans l’Est de la France,  devint l’amie et la collaboratrice d Mathurin Méheut, travaillant comme lui en particulier  pour les faïenceries de Quimper. On visite toujours sa maison-musée  à Dinan.

Maï le Manac’h, née à Belle-Isle-en-Terre, partit à Paris où elle fréquenta le monde des artistes. Elle épousa Simon Guggenheim, eut ensuite une liaison avec l’infant d’Espagne, Antoine d’Orléans.  En 1910, elle rencontre le richissime roi du nickel Lord Robert Monod et l’épouse en 1922. Train de vie luxueux : elle vit entre Londres, Paris, la Bretagne, où elle possède  deux propriétés dont Castel-Mond à Dinard.  Elle défendit la culture bretonne au point de devenir   » bardesse d’honneur  »  du Gorsedd de Bretagne.

Femmes de courage :  Joséphine Pencallet, héroïne de la grève des sardinières, qui eut un grand retentissement. Marie-Joseph Jacq du Faouët, affronta un taureau et sauva un homme à elle toute seule. Rose Héré se jeta à la mer en pleine tempête pour  venir au secours des quatorze hommes du navire Vesper qui avaient trouvé refuge dans une barque : elle ramena la barque au rivage !  Les institutrices de Plouzané  ont sauvé six fillettes de la noyade lors  d’une petite sortie autorisée en bord de mer. Mais une lame de fond est survenue ! Et les religieuses de la Piletière qui bravent les flammes pour évacuer  pensionnaires et personnel d’un hospice. De même,  Madame Gourret, fermière à Tréguennec, se précipite dans une ferme pour sauver les enfants de l’incendie. La gardienne du phare de Belle-Isle-en-Mer remplace son mari pris d’un malaise, et avec ses enfants, remet  le mécanisme défaillant en route pour que les bateaux ne  prennent pas le feu pour un feu fixe. Elle reçut la Légion d’Honneur.

Comme distractions, les fêtes de famille, fiançailles, mariages, les pardons, pèlerinages, processions qui donnaient lieu à toutes sortes de préparatifs, fêtes des fleurs, fêtes religieuses et populaires, danses, jeux de société …  On n’oublie pas les  » trains de plaisir  » menant par exemple le dimanche les touristes de Fougères à la Côte d’Emeraude.

Et puis la guerre  1914-1918 qui apporta ses épreuves, avec l’attente, mais aussi une émancipation par le travail puisque les hommes étaient partis et qu’il fallait continuer.

James Eveillard et Alain Lamour  – Les Bretonnes  – Editions Ouest-France – Format  17 x 24 cm – 128 pages – 150 photos – 15, 5 Euros

 

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( Tous droits réservés, etc – copyright )

6 réflexions sur “Les Bretonnes – par James Eveillard et Alain Lamour – Editions Ouest-France

  1. Bonjour chère France, ce beau livre devrait me passionner. Ces femmes courageuses ont beaucoup donné et j’ai toujours apprécier les anciennes photos ou cartes postale d’une autre siècle.
    Merci pour ce beau billet en te souhaitant une douce fin de journée.
    Bisous et mes amitiés.

    • Bonjour dear Denise, oui, c’est un beau livre qui n’est pas seulement un rassemblement de cartes postales. Les auteurs ont su mettre en valeur les illustrations et leur texte est riche, bien documenté.
      Automne doré aujourd’hui, et il fait bon, pas trop chaud 🙂 J’espère la même chose pour toi, avec de nouvelles belles promenades – mes mercis, et bises 🙂 france

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