Sergio Claudio Perroni – Dans le ventre – Traduit de l’italien par Philippe Godoy – Editions de Fallois

IMG_0002

A cause d’une femme, la guerre de Troie a bien eu lieu :  elle a pour origine l’enlèvement d’Hélène, épouse de Ménélas, roi de Sparte, par Pâris,  fils de Priam, roi de Troie.

Et voilà pourquoi les Grecs ont  eu l’idée d’édifier un énorme cheval de bois, qu’ils laissèrent sur le rivage devant les murailles de Troie assiégée, invaincue. Le siège durait,  durait …  et il fallait  trouver quelque chose. L’excellente ruse a fait son chemin jusqu’à nos jours et est bien connue  : le cheval pénètre  à l’intérieur de Troie, etc  …

La stratégie était simple : offrande  du cheval  de bois, aucun signe de vie, les navires grecs disparus au loin …

Mais à l’intérieur, tout un monde de soldats, cuirassés, armés, et les grands chefs grecs, Ulysse, Epéios, qui a construit le cheval selon les instructions de  la déesse Athéna  et est très fier de sa réalisation, Neoptolème, le jeune  fils  du défunt Achille. Et on se bouscule un peu dans le noir. Car  seule une ouverture a été prévue, une petite trappe cachée donnant sur la mer, et rien pour suivre les mouvements des Troyens, venus voir cet étrange animal.

Un blessé, déjà. Des ombres, une Femme fantomatique, ou bien des fantasmes  ? Car l’attente est pénible, angoissante. Un des soldats raconte.

Voilà que les guerriers entendent dehors une femme, Cassandre, qui prédit le pire aux Troyens …

Néoptolème, si juvénile, raconte son terrible rêve, repousse  Ulysse qui voudrait l’empêcher de parler  :

 »  Ils pourraient  pousser le cheval dans la mer  et le regarder couler … ou  le précipiter dans le ravin pour voir  s’il peut voler…  ou l’ensevelir sous  une seconde Troie  afin de renforcer les fondations de la première. Ou en faire un bûcher gigantesque  pour servir de phare aux marins de tous les océans « … Effrayé, Epeios tourne vers Ulysse un visage consterné, en quête d’un regard rassurant,  mais Néoptolème, impitoyable,  s’interpose et le fixe des yeux.

…  » ou alors ils pourraient simplement le laisser là pendant des mois, à rôtir au soleil, à pourrir sous la pluie. Jour après jour. Avec nous à l’intérieur … « 

Tout à coup un choc violent secoue notre antre. Les planches tremblent sous nos pieds, les lances et les épées posées contre les parois vacillent soudain, et les moins solides d’entre nous vacillent, cherchent un appui, se retiennent aux autres … 

 » Il avance, s’exclame le charpentier en levant les bras. Ils sont en train de traîner le cheval !  Ils sont tombés dans le piège !  »

Le  général esquisse un sourire  » …

Mais qui va tomber dans le piège ? Quel piège ? Le feu ?  Le sang ?

Cette histoire dramatique, au lyrisme  » d’époque « , se lit  avec un regard neuf, et on est vite  comme envoûté  par le rythme incantatoire,  la progression dramatique dans l’étroite et  sombre cage de bois où sont concentrées tant de vies.

Pour réfléchir,  et transposer à notre époque.

Maquette de la couverture par  Tim Burton.  Magnifique traduction de Philippe Godoy.

Sergio Claudio  Perroni –  Dans le ventre  – Traduit de l’italien par Philippe Godoy – Editions de Fallois – 127 pages – 18 Euros

IMG_0004IMG_0003

( Tous droits réservés etc- copyright )

 

 

2 réflexions sur “Sergio Claudio Perroni – Dans le ventre – Traduit de l’italien par Philippe Godoy – Editions de Fallois

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s