» La femme-auteur  » – dans  » Le Magasin du XIXème siècle  » et autres articles – par la Société des études romantiques et dix-neuvièmistes

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La couverture, réalisée par  Aurélia Wagneur- représente Marie Laurent – photographie de Nadar –  vers 1856 – Cliché BnF – tous leurs droits réservés, etc – copyright – de façon générale

Ce très copieux Magasin – ou Magazine – contient une grande variété d’articles consacrées  aux femmes du XIXème siècle, auteurs, vues par elles-mêmes, ou des confrères, consoeurs, pas toujours aimables. Combien moquèrent   » les bas-bleus  » comme le fit Jules Barbey d’Aurevilly dans un petit livre plein de formules qui, de nos jours, font sourire !

Cependant, on peut constater que, de nos jours,  certains préjugés restent ou que d’autres ont pris leur place. Au travail !

Les 300 pages bon format carré de ce gros volume contiennent de nombreuses illustrations,  » vignettes  » d’époque.

On lit avec amusement, intérêt, ou parfois indignation, des textes variés, études contemporaines de leur temps ou  d’aujourd’hui sur des femmes-écrivains d’hier, connues, ou injustement oubliées car elles ont toutes tracé leur – notre  chemin.

Voici le Sommaire très varié :

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Personnellement, je retiens les études sur  » les femmes chez Chateaubriand  » , Madame Claire de Duras, que j’aime bien pour sa rigueur morale, sa sensibilité, son style.  » Chère soeur  »  de Chateaubriand, elle dit de lui et c’est définitif :  » L’antique honneur français s’était réfugié dans cette âme-là afin qu’il en restât un échantillon sur cetteterre « . L’honneur, elle en est morte … Les Editions Des Femmes ont réédité ses romans.  ( J’ajoute ci-dessous mon article sur son « Ourika  » que j’ai publié en 1990 – tous mes droits réservés etc – copyright  – cliquer pour mieux lire !  )

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Même en donnant la première  place à Juliette Drouet, on peut saluer le courage de Léonie d’Aunet  ou Léonie Biard, du nom de son époux, qui fut exploratrice dans le grand Nord, à dix-neuf ans. Son  Voyage d’une femme dans le Spitzberg, Hachette, 1854 – relate son exploit et pourrait être réédité. Elle est une pionnière qui mérite d’être citée autrement qu’en tant que maîtresse de Victor Hugo, pris en flagrant délit d’adultère, lui  traité avec respect … elle, emprisonnée !

Passe Marie Bashkirtseff, célèbre par ses tableaux,  » Le Meeting  »  …  son Journal qui fut si longtemps expurgé, ses amitiés amoureuses, Guy de Maupassant… et son ambition justifiée,  morte trop tôt mais en beauté, de tuberculose.

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Surgit la silhouette en pantalons – George Sand n’a  pas été la seule à oser cette tenue,  mais elle fut plus protégée, peut-être par un  dosage personnel de virulence et de diplomatie… elle avait les bonnes relations ou plutôt les amants  qu’il fallait …  – donc, la silhouette de Marc de Montifaud, Madame de Montifaud, dont Guy de Maupassant écrit  (   » Les Femmes de lettres »  – le Gaulois, 24 avril 1883 )  :

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 » Mme de Montifaud, cette victime de l’intolérance des mâles, chassée de partout, emprisonnée, honnie pour des livres qui n’auraient pas fait sourciller signés d’un homme, a donné, certes, des preuves de talent  » .

Et voici des extraits du portrait d’une femme-auteur par une autre femme, Adèle Toussaint née Samson  – (  La Sylphide, 15 mars 1846 ) :

 » Cherchez parmi toutes ces jeunes femmes celle dont la mise respire  le désordre et dont les cheveux ignorent l’usage de la pommade, vous êtes sûr que c’est elle. Sa robe est de mousseline blanche ou de barège noir, mais presque toujours foncée, sa chaussure avachie et ses gants privés de boutons ; de longs rubans de velours dans les cheveux et presque toujours une écharpe. Voilà surtout ce qui doit vous la faire reconnaître, car la femme auteur ne connait pas de toilette sans son écharpe.  L’écharpe, à ce qu’elle croit, lui donne du vaporeux et de la poésie, l’écharpe l’aide à se poser et lui assure son maintien, l’écharpe enfin, et c’est là sa véritable utilité, sert à voiler toutes les négligences de son ajustement … 

Cette femme, sans être jolie, a la figure agréable parce que  cette figure est expressive  : elle a le front haut et elle le colossal par sa coiffure qui découvre toutes les racines de ses cheveux, et cela parce qu’elle pense qu’un front vaste est un signe de génie ; mais c’est là sa seule prétention.

Vous la trouverez toujours courant par les rues les poches bourrées de manuscrits, un volume sous le bras et  crottée jusqu’aux genoux…  Cette femme, que les devoirs de la maternité importunent, laisse ses enfants en nourrice jusqu’à l’âge de cinq ou six ans. Ils ne deviennent  intéressants pour elle qu’à cette époque, parce que seulement alors  l’intelligence se développe en eux, et que leur mère peut essayer divers plans d’intelligence qu’elle a médités  d’avance, et qui sont tous intéressants en théorie,  mais impossibles en pratique …

Si vous allez chez elle, vous y retrouverez le même mélange de luxe et de misère  qui vous aura frappé dans son ajustement.  Son cabinet d’études est tendu tout en damas rouge; mais un divan taché,  une chaise cassée, un anneau de moins à une des portières, tout indique le désordre de la maîtresse des logis. Au milieu de cette pièce est une table recouverte d’un tapis vert et encombrée de papiers, de livres,  de manuscrits; à cette table est assise  la femme auteur,  la tête dans ses deux mains,  les cheveux dénoués et les doigts tachés d’encre.  Là, plongée dans ses méditations, elle  ne s’inquiète pas si son enfant crie,  si son dîner l’attend,  la vie réelle bourdonne en vain à ses oreilles; elle ne voit rien, n’entend rien ; son esprit est tout entier dans un monde imaginaire, peuplé de personnages  qu’elle a créés, qui lui sont chers, et avec lesquels  elle se plait à s’entretenir…

Croyant à tous les sentiments généreux,  supportant les mauvais jours avec courage,  et vendant jusqu’à son dernier vêtement pour secourir un malheureux,  la femme auteur est enfin, malgré tous ses travers, un amie sûre, une femme forte et un honnête homme « .

!!!

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6 réflexions sur “ » La femme-auteur  » – dans  » Le Magasin du XIXème siècle  » et autres articles – par la Société des études romantiques et dix-neuvièmistes

  1. Nostalgia… and great literature, I read some of them, French literature is a great. But I didn’t know that you were a writer too. How nice dear France, woman is a long story in the human history… By the way, I wanted to share with you, Marguerite Duras, and Marguerite Yourcenar, they are my favorite names, I don’t know what reminded me them now, but maybe because of the woman point… Thank you, have a nice day, love, nia

    • Dear Nia,I do share your point of view – it is a great feminine litterature and an important century for books and arts.
      Marguerite Yourcenar is one of my loved ones, also because she really fighted for animals. Marguerite Duras is interesting, really , I like Doris Lessing, do you ?
      We have a sunny cold weather – so it is a nice day and I do hope the same for you. You are such a sensible, beautiful photograh – love to Nia 🙂

  2. Bonjour chère France, cette revue semble une mine d’or avec des articles très intéressants. Merci de ce beau partage.
    Je te souhaite une belle journée, ici, c’est couvert et toujours froid.
    Reçois toute mon amitié, bisous ♥

    • Bonsoir chère Denise, qui passe chaque jour avec une si gentille appréciation 🙂 Merci ! C’est effectivement un livre très riche, et il y aurait encore plus à écrire sur les femmes auteurs au XIXème siècle. Elles ont été dans la lumière, et beaucoup sont oubliées. Oui, nous avons toute une suite de bonnes journées, avec du soleil et du froid. Cela change de la tempête de la semaine dernière ! Un monsieur qui a un grand parc a failli être écrasé par la chute d’un sapin centenaire de plus de 10 mètres de hauteur. Certaines grosses branches se sont enfoncées à plus de 30 – 40 cm dans le sol. Il rentrait sa voiture et juste à côté de lui, et de la voiture, l’arbre s’est coupé en deux.
      Il vient d’être grand-père d’une toute petite fille qui sourit tout le temps …
      Je te souhaite une paisible soirée et t’envoie mes amicales pensées – avec bisous 😉

      • Bonsoir chère France, merci de tes mots. Ouf!!! Heureusement pour ce monsieur grand-papa. C’est terrible ce qui s’est passé chez vous.
        Bisous de bonne soirée 🙂
        A bientôt.

    • Bonjour chère Denise – oui, quel soulagement ! – une chance véritable.
      Le beau soleil continue – le froid aussi – Je te souhaite une nouvelle belle journée, avec les promenades si variées que tu sais si bien partager – Bises et amitiés du matin 🙂

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