André Chastel – L’art italien – Editions Flammarion- Collection  » Les Essentiels « 

 

IMG_0001

Un voyage en Italie est toujours un éblouissement. André Chastel l’explique et l’analyse avec son érudition si agréable, son enthousiasme, dans un style clair et vif.

Voici un grand livre, un ouvrage de référence, qui permet d’aborder de façon simple et sûre les richesses d’un art multiforme, depuis ses commencements jusqu’au cinéma – et Fellini.

Il cite au tout début Stendhal :

 »  Stendhal, qui goûtait vivement l’art italien, l’expliquait par l’intensité des sentiments,  la vivacité des moeurs, et ces traits, à leur tour, par le sol, le rythme  du travail et de la vie, les particularités du climat :  …  –  » En Italie,  le climat met des passions plus fortes, les gouvernements ne pèsent pas sur les passions; il n’y a pas de capitale.  Il y a donc plus d’originalité, plus de  génie naturel  » – « 

André Chastel continue :   » Il n’est à peu près aucun des aspects du paysage  qui n’ait trouvé sa place dans l’art. Les mosaïques paléochrétiennes  recèlent des paysages types, de saveur italienne,  comme plus tard les jardins de l’Angelico.  Les contreforts du Cadore  seront magnifiés par Titien, les monts euganéens  par Mantegna, les collines toscanes, ponctuées de vignes,  par Piero ou Gozzoli ; les bords de la Brenta inspirèrent Guardi,  les sommets noirs de  l’Apennin Salvator Rosa et Magnasco, et la Lagune tous les modernes …

Il continue ses descriptions, remarquant par exemple qu’il n’y a  pas de grands fleuves, et :

 » Il résulte de toutes ces données  deux traits intéressants pour le comportement artistique : d’abord la force des écoles locales et le cloisonnement des provinces, mais aussi, parmi un certain nombre de réactions communes dans le goût des extérieurs et des décors, la perpétuelle association des techniques pour des effets d’ensemble où il n’y a plus lieu de distinguer la structure et l’ornement « .

Au terme d’un beau voyage, il conclut :

 » Les nouvelles techniques ne pouvaient laisser indifférents les artistes. Les  » futuristes  » se jetèrent sur l’image en mouvement avec une curiosité qui bouleversait l’assiette même du tableau  » dynamisé « . Quand le glissement général  des arts de la représentation vers le film s’opéra en Italie,  ce fut avec des réussites qui rentrent de plein droit dans l’histoire artistique. La tendance sobre et forte du naturalisme  lombard, par exemple,  a revécu avec le cinéma après les désastres de la Seconde guerre mondiale : le néo-réalisme,  avec des films comme Le Voleur de bicyclette,  s’inscrit parfaitement dans la ligne modeste et sans illusion, mais attentive à la beauté du cadrage qui traverse la peinture italienne depuis Lotto, Savoldo, Caravage …

La place occupée par les réalisateurs  comme Antonioni,  Visconti dans le cinéma mondial tient pour beaucoup à un riche atavisme, au sens des compositions et des couleurs, qui oblige à les considérer comme les héritiers de l’activité qui fut celle de Piero della Francesca, de Corrège ou de Carache. L’utilisation pour les films des ressources de la peinture semble naturelle aux cinéastes italiens.  Et avec elles, une aptitude  à capter les moments pleins de la conscience humaine. C’est dire la place qui, au terme d’une perspective sommaire de l’art de l’Italie, revient tout naturellement au cinéaste Federico Fellini ; parti du  néo-réalisme  » caravagesque  »  de La Strada, il a pu traiter les tableaux des moeurs modernes dans La Dolce Vita, antiques dans Le Satiricon, avec l’autorité  des baroques romains, avant de célébrer dans des images ironiques, impitoyables et séduisantes, Roma, foyer absurde et poignant,  qui alimente depuis vingt siècles la fierté et l’amertume, la noblesse et l’humanité italiennes, en somme, toute  la  » comédie humaine « .

Magistral !

Constamment réédité et augmenté depuis la première édition de 1982 : 1989, 1995, 2008, 2015 …

Notices biographiques des artistes cités avec de multiples références – Notices topographiques –  Liste des principaux musées – Vaste bibliographie générale – Index des noms propres – Index topographique –  Cartes des principaux monuments – Cartes des principaux musées –  Illustrations en cahier

André Chastel  –  L’art italien – Editions Flammarion  – Format broché 12 x 20 cm – 656 pages – 18 Euros – Collection  » Les Essentiels « 

IMG_0002

( Tous droits réservés, etc – copyright )

IMG_0003

2 réflexions sur “André Chastel – L’art italien – Editions Flammarion- Collection  » Les Essentiels « 

  1. Coucou France, ce livre me semble une perle. J’aime l’Italie et ma fille aînée a vécu quelques années en Italie à Venise.
    Je retiens le titre de ce livre 🙂
    Douce soirée!

    • Merci, dear Denise – de votre attention – C’est un guide merveilleux à tous points de vue- avec les notices biographiques et topographiques on peut voyager – je n’ai rien trouvé dans l’inventaire du patrimoine sur le beau puits de Rothéneuf ! Des quantités de puits en Bretagne sont répertoriés et photographiés, mais pas celui-là. – Voici le soleil… je te souhaite une douce journée avec d’autres promenades et tes photographies si raffinées que tu sais partager – bisous et amitiés – France 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s