Philippe Bertin- Histoires extraordinaires du Jour le plus long – Editions Ouest-France

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Philippe Bertin a recueilli les témoignages de divers témoins qui ont vécu la guerre en Normandie, l’approche du Débarquement, et ses suites. Il les transmet avec  » les mots du coeur « ‘ et tous émeuvent profondément.

Tout d’abord, Marie-Louise :  » Un soir, tout près d’Utah Beach, calée dans son fauteuil d’où elle regardait fixement la mer et les vagues, Marie-Louise nous a raconté qu’en écoutant le vent, parfois trop violent du large, elle croyait soudain revivre ces terribles  moments lorsqu’ elle assistait, terrorisée et impuissante, à la destruction de sa ville natale, Saint-Lô. Marie-Louise  n’a rien oublié de ces temps-là : le soir, elle ne supporte  plus les images de violence qu’elle entr’aperçoit dans la lucarne de son téléviseur, au journal de vingt heures. Ces morts, ces enfants  meurtris par les bombes qu’on étale, sans pudeur, à la une des journaux lui rappellent trop de drames et de déchirures.

Le 6 juin 1944, à vingt heures quand, au-dessus de Saint-Lô,  apparurent les premières forteresses volantes,  Marie-Louise venait de fêter ses dix-sept ans : elle a vécu ce moment-là dans les ruines fumantes  d’une ville qui allait, d’un seul coup, devenir martyre.  La peur, la  fuite sur les routes de campagne, l’exode de ferme en ferme : Marie-Louise, pour conjurer le sort et la peur, a tout écrit, sur un petit cahier d’écolier aux feuilles quadrillées « .

Il y eut un mot, parmi tant d’autres, pour décrire ce qu’était devenue Saint-Lô :   » rôtie « .

Marcel Fauvel, maintenant médecin de campagne retraité à Caen, tient à parler de son engagement  dès ses quinze ans dans la Résistance à Caen. Il a souffert quand  son père,  combattant de 1914-1918, est mort trop tôt des gaz  et d’ épuisement, il s’est révolté quand il a vu les Allemands entrer dans sa ville, l’un d’eux occuper sa maison, et oser demander à sa mère un service qu’il aurait pu accomplir lui-même:  » Entre 1941 et 1943 , Marcel Fauvel et Claude Lemarchand, tous deux lycéens, vont agir dans l’ombre à la recherche de renseignements qu’ils communiquent aux membres du réseau Libé-Nord. »

Claude Lemarchand est arrêté le premier. alors qu’il transporte en plein Caen un chariot rempli d’armes. Il est torturé, jugé en Allemagne, et meurt en prison, atteint de tuberculose. Une plaque apposée sur un mur du lycée Malherbe de Caen, devenu Hôtel de Ville, rappelle le souvenir du jeune résistant de la première heure.

Marcel Fauve se savait traqué, mais n’eut  jamais peur. Lui aussi fut arrêté par la Gestapo, le 17 février 1943, au cours d’une grande rafle organisée par les occupants. Il fut longuement torturé par un   » Monsieur Hervé  » puis transféré en Allemagne avec beaucoup d’autres dans des wagons fermés, sans eau ni nourriture, sous la chaleur torride. Beaucoup trouvèrent la mort. Au bout du voyage, c’était Büchenwald, puis le camp de Langeinstein, où les survivants creusaient à la main des tunnels. Il craint que, les  échos du Débarquement se précisant, les SS ne les transforment en fosse commune, et il réussit  à s’échapper avec deux compagnons. Ils parviennent à gagner le front russe. Le jour de ses vingt ans, le 24 avril 1945, il entre victorieux dans Berlin, avec « l’impression de vivre l’histoire, d’y participer  pleinement « .

Ce qu’il garde de ces années : deux documents, le plan du camp de Langelstein, où  l’architecte avait prévu un emplacement  pour une potence, et une photographie prise quelques semaines plus tard devant le Lutétia à Paris,quand il  échange une poignée de main avec le Général de Gaulle.

Connaissez-vous Mortain ? C’est une des  plus belles régions de la Manche, qui en compte tant. Mortain – la poche de Mortain- subit aussi de terribles bombardements. Deux soeurs, Suzanne et Yvonne, onze et quatorze ans, avaient quitté Sotteville près de Rouen  pour rejoindre leur grand mère dans le Sud de la Manche, où, supposent leurs parents, elles seraient davantage en sécurité. Etant donné l’ampleur des combats, le sous-préfet, M. Panzani, décide la réquisition de la mine de Cambremont, près de Neufborg,  et son directeur  organise son aménagement.  A près de vingt mètres sous terre, une terre humide, friable, environ huit cents personnes y trouvèrent un abri. Cela dura plus de deux mois. Quand elles en sortent, elles voient des ruines et des cadavres… elles trouvent des lettres adressées depuis l’Ohio à un soldat, Tommy, et elles les recueillent. Les lettres à Tommy sont  publiées en fin de volume.

De ces histoires terribles, Philippe Bertin fait surgir une épopée presque romantique. (Elles m’émeuvent personnellement profondément, car je suis attachée à la terre manchoise, où j’ai vécu quelque temps, certes en « horsain  » !  et entendu des souvenirs  » d’après le Débarquement « , le soir à la veillée).

Au revers du livre, la quatrième de couverture, on peut découvrir d’autres noms, d’autres récits intenses.

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Format de poche –  219 p- 6;90 €

Tous droits réservés- Copyright, etc.

 

 

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