… suite… Van Gogh / Artaud/ le suicidé de la société – Exposition au M’O et catalogue Skira

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Vincent Van Gogh – Champ avec des coquelicots – Auvers-sur-Oise, juin 1890 – Huile sur toile- La Haye, Gemeenentemuseum  – ( Tous droits réservés – Copyright , etc -RMN et Gemeentemuseum La Haye )

Ensemble, les oeuvres des deux artistes, les mots d’Antonin Artaud pour guide  de tableau en tableau, et on se rend compte à quel point ils frappent juste et fort :

 » Une terrible sensibilité -Un convulsionnaire tranquille- La couleur roturière – L’orageuse lumière – Paysage de convulsions fortes « 

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Vincent Van Gogh- Fritillaires couronne impériale dans un vase de cuivre ( détail) – 1887 – Huile sur toile – Musée d’Orsay-

( RMN – Musée d’Orsay -Tous droits réservés – Copyright, etc)

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Ensemble, les oeuvres et les destins se ressemblent et se rejoignent. Ainsi, Van Gogh peint, avec une terrible humilité,  » Le Jardin de l’Hôpital Saint-Paul   » de Saint-Rémy-de-Provence, mai 1889 ( Musée d’Orsay, RMN – Copyright, tous droits réservés , etc ); l’exposition, le catalogue montrent la photographie, sinistre de l’Hospice d’Ivry ( 1947 ) dont les murs noirs et laids ne pouvaient soulager le mal de quiconque, et certainement pas d’Antonin Artaud.

De très nombreux dessins d’Artaud illustrent les propos des deux artistes. « Qu’est-ce que dessiner ? Comment y arrive-t-on ? » demande Artaud, qui répond avec les mots de Van Gogh :  » C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible, qui semble se trouver entre ce que l’on sent, et ce que l’on peut.Comment doit-on traverser ce mur, car il ne sert de rien d’y frapper fort, on doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement et avec patience à mon sens » .  ( Lettre de Vincent à Théo Van Gogh, La Haye, 22 octobre 1882; citée dans  » Van Gogh le suicidé de la société » d’Antonin Artaud ).

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Antonin Artaud – Autoportrait, 17 décembre 1946  – Mine de plomb sur papier – Coll. particulière ( Tous droits réservés, copyright, etc, Photo Sotheby’s/ Art Digital Studio; adagp, RMN )

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Détail d’un autoportrait de Van Gogh  – Citation d’Antonin Artaud – ( Tous droits réservés, Copyright, etc, Musée d’Orsay, RMN, Gallimard )

Précisions :  le catalogue est évidemment parfait.

Surtout, il évite de subir dans le sas d’entrée de l’exposition au Musée d’Orsay une sorte de trou noir zébré par des éclairs,  des hurlements, des cris, dont on s’échappe au plus vite. Je n’ose penser que ce stratagème est utilisé pour faire ressentir au visiteur innocent ce que peut être la « folie » . Ce procédé est grossier, et fait  injure à tous, artistes et /ou visiteurs.

Par ailleurs, Antonin Artaud, acteur, est présent dans de nombreux films, muets ou parlants; où son beau visage,  son regard ardent s’expriment magnifiquement.  Mais le metteur en scène de l’exposition n’a pas prévu de pièce spéciale et on doit regarder les extraits, une vingtaine, debout, dans  un passage, alors qu’il faudrait prendre son temps, et les découvrir le plus confortablement possible, assis, avec l’obscurité !

Autrement dit, c’est bizarrement pensé et pas compréhensible du tout.

Mais…. on voit – bien- dans une  pièce adéquate !  cela compte –  une vidéo consacrée à l’oeuvre ultime de Van Gogh, son  » Champ de blé aux corbeaux « , juillet 1890, Alain Cuny disant, et comment !  les mots d’Antonin Artaud :

  »  Ces corbeaux peints deux jours avant sa mort ne lui ont, pas plus que ses autres  toiles, ouvert la porte d’une certaine gloire posthume,mais ils ouvrent à la peinture peinte, ou plutôt à la nature non peinte, la porte occulte d’un au-delà  possible, d’une réalité permanente possible, à travers la porte par Van Gogh ouverte d’un énigmatique et sinistre au-delà.

Il n‘est pas ordinaire  de voir un homme, avec, dans le ventre, le coup de fusil qui le tua, fourrer sur une toile des corbeaux noirs avec au-dessous  une espèce de plaine livide peut-être; vide en tous cas, où la couleur lie-de-vin de la terre s’affronte éperdument avec la jaune sale des blés.

Mais nul autre peintre que Van Gogh n’aura su comme lui trouver, pour peindre ses corbeaux, ce noir de truffes,  ce noir  » de gueuleton  riche  » et en même temps comme excrémentiel des ailes des corbeaux surpris par la lueur descendante du soir…

Le ciel du tableau est très bas, écrasé;

violacé, comme des bas-côtés de foudre.

La frange ténébreuse insolite du vide montant d’après l’éclair….

Et pourtant tout le tableau est riche.

Riche, somptueux et calme le tableau.

Digne accompagnement à la mort  de celui qui, durant sa vie,  fit tournoyer tant de soleils ivres sur tant de meules en rupture de ban, et qui, désespéré, un coup de fusil dans le ventre, ne sut pas ne pas inonder de sang et de vin un paysage, tremper la terre d’une dernière émulsion, joyeuse à la fois et ténébreuse, d’un goût de vin aigre et de vinaigre taré…

le plus peintre de tous les peintres… »

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Amsterdam, Van Gogh Museum ( Fondation Vincent Van Gogh ) – et RMN ( tous droits réservés, copyright, etc, de même que pour le texte d’Antonin Artaud, Gallimard/

( Tous droits réservés – Copyright, etc )

 

 

 

 

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