Le 2 octobre célèbre les Anges Gardiens qui nous protègent : ne pas oublier de les remercier ! Comme chaque dimanche, voici de Bonnes Nouvelles Catholiques, en souhaitant la Paix pour tout le monde

Bonne idée : à l »occasion du Festival du Film britannique à Dinard, des écoles privées adoptent certaines coutumes, port de l’uniforme, etc

Mauvaise idée : faire nettoyer les rues et les trottoirs par les scolaires, non. C’est le rôle des employés de la ville. Par contre, les scolaires doivent tenir propres leurs classes et leurs terrains de jeu, voilà qui est bien suffisant.

Une belle fête entre terre et mer

Deux héros qui méritent bien un livre, pour honorer leur mémoire.

Sophie Kinsella – La vie rêvée d’Ava – Roman traduit de l’anglais (RU )- Editions Belfond

Elles sont tout un groupe d’amies qui échangent leurs expériences, leurs conseils et se tiennent chaud en partageant leurs vies : une pour toutes, toutes pour une.

Ava est lassée d’essayer de trouver l’âme soeur en ligne, fatiguée de tous ces algorithmes qui ne la mènent à personne. Elle décide de faire quelque chose de concret et s’inscrit à un atelier d’écriture dans un endroit de rêve, en Italie, pour terminer son roman en cours. Mais auparavant, elle confie Harold son chien très aimé à une amie sûre; et que se passe -t-il dans ce lieu idéal ?

Elle rencontre Matt, un beau sportif intelligent, charmant. Leur histoire commence par une sorte de défi, un plongeon de haut vol, et elle se poursuit à Londres, où Matt partage un appartement avec des colocataires très geeks. Lui travaille pour l’entreprise familiale, des maisons de poupées célèbres, et il faut constamment enrichir la collection. Le gros ennui est que l’ex de Matt est très appréciée de ses parents, qu’elle est partie prenante dans l’entreprise.

Une autre difficulté : Matt ne peut vivre dans l’appartement d’Ava, mignon, cosy, encombré, et il ne supporte pas son chien Harold qui, il est vrai, fait des bêtises.

Une précision qui a son importance pour Ava, car elle dort mal ou pas du tout chez Matt, en raison de l’inconfort du lit.

Pas de doute : ils ont des modes de vie très différents.

On les suit avec grand plaisir au cours de leurs tribulations, car le ton est résolument joyeux et optimiste.

Une très bonne lecture d’une auteure à grand succès, qui se comprend.

Alain Léonard – Un ange dans la tourmente -Roman – Editions De Borée

Un très beau roman, dont il faut souligner l’écriture descriptive, harmonieuse, facile à suivre, ce qui permet d’apprécier pleinement la trame de l’histoire, sans faire de retours en arrière, procédé certes intéressant, mais parfois compliqué !

C’est qu’ils sont durs, les temps où nous sommes transportés. Tout au début, le décor familial est planté et c’est la douceur de vivre dans une famille unie, au bord de la Loire, en plein été paisible et ensoleillé.

Mais c’est l’été 1914, et tout va changer.

La famille fort traditionnelle, selon les critères de l’époque, va évoluer aussi, par la force des événements, et aussi des caractères. Monsieur Decourson, le père de famille, gère son entreprise de négoce en vins, et il connait particulièrement bien son métier. Sa femme voudrait tellement marier leur fille ainée Aurélia au fils d’un banquier, relation toujours utile selon elle. Elle organise un déjeuner afin que les jeunes gens se rencontrent. Lui fait sa demande en mariage, et même en ce jour de juin où les oiseaux chantent leur bonheur, Aurélia, très ferme, refuse. Elle sait que d’autres femmes ne souhaitent pas rester au foyer, qu’elles ont déjà acquis leur émancipation professionnelle, et ce qu’Aurélia veut, c’est gagner sa liberté, devenir avocate. Sa mère est effondrée. Sophie, sa jeune soeur, Armand, son frère aîné, la comprennent.

Armand se prépare à rejoindre son école d’ingénieurs; mais M. Decourson suit les informations inquiétantes sur son journal qui annonce un triste jour, la mobilisation générale.

Armand s’y attendait, au point qu’il avait déjà préparé son livret militaire. Il rassure sa famille, affirmant que les forces ennemies n’étant ps prêtes, la guerre sera de courte durée, et qu’il reviendra pour Noël.

La séparation est évidemment douloureuse, même avec cet espoir. Aurélia avait envoyé des demandes d’admission à plusieurs écoles du Barreau, sans recevoir de réponse, et elle comprend qu’il lui faudra mettre ses projets en attente.

La famille du bord de la Loire attend les nouvelles du fils parti au front, et ses lettres arrivent d’abord régulièrement, réconfortantes autant que possible; puis rapidement, le silence. L’inquiétude est inévitable, et effectivement, on finit par leur dire qu’Armand est  » porté disparu « .

Pour sa mère, c’est comme si son fils était mort, et elle s’enfonce dans le deuil.

Pas Aurélia qui décide de partir à la recherche de son frère, aussi loin que possible sur les lignes du front. Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de devenir infirmière. Elle se rend dans un hôpital de l’armée, et on l’accueille certes avec rudesse, mais elle fait partie de l’équipe, elle se dit qu’elle pourra rencontrer des blessés qui auront connu son frère. Au moins savoir ce qui lui est arrivé !

Elle apprend très vite, prend sur elle pour s’endurcir tant la vue de jeunes gens abimés, parfois atteints de lourdes blessures au ventre, hurlant leur douleur, ou cherchant le bras, la jambe disparus, est insoutenable. Mais elle tient, elle fait au mieux pour trouver les paroles réconfortantes, ou au contraire, elle se tait quand on fait le tri des blessés puisqu’ on ne doit pas perdre de temps quand ils ne sont pas guérissables.

Lors d’un remplacement en chirurgie, elle gagne la confiance du chirurgien, qui peut travailler sans s’arrêter pendant plus d’une journée. Elle fait de même, et il apprécie de pouvoir compter sur elle.

Ses courts temps de repos, elle les passe avec d’autres infirmières, et les amitiés se nouent, très fortes.

Il faut qu’elles le soient, car ceux qui partaient n’avaient pas prévu l’épouvantable : les blessés qui ont perdu une partie de leur visage.

Des nouvelles de son frère, elle n’en a toujours pas, mais des Poilus lui expliquent que les obus qui arrivaient sur les champs de bataille projetaient si violemment la terre qu’elle pouvait ensevelir des hommes. On ne les distinguait plus des amas de ferraille et de boue, et le plus pressé, c’était d’essayer de dégager les blessés visibles. Elle entend, mais ne se résigne pas.

Même dans ces circonstances, la vie continue. Une attirance existe entre le chirurgien et son assistante préférée, et un jour de permission, il l’invite à dîner. Vous devinez la suite. Il faudra que les parents s’habituent : leur fille vit avec un homme, et ils ne sont pas mariés !

Ensemble, ils vont plus près du front, rencontrant toujours davantage d’horreurs. Les blessés qui parviennent jusqu’à eux ont été atteints par les gaz asphyxiants, terrifiants. Ces gaz mis au point par les Allemands tuent, aveuglent, envahissent les poumons et causent de graves lésions. On n’a pas les antidotes, on tente de soigner au mieux.

Un jour pourtant, très tard, beaucoup plus tard, elle entend des paroles d’espoir – et si c’était vrai ? Mais il y a encore des rebondissements.

Détail touchant : Alain Léonard a donné le prénom de sa fille, Aurélia, à son héroïne dotée d’une forte personnalité.

Il explique dans sa Note en tête de son magnifique récit, qu’il a lui-même servi au sein du Service de santé des armées, en métropole ou en missions extérieures. Il a voulu rendre hommage à celles et ceux qui l’ont précédé, notamment au cours de la Première guerre mondiale, si proche encore de nous, si présente par les Monuments aux Morts.

Mais il n’existe pas de Monument à la mémoire de celles, de ceux qui ont donné leur vie en soignant les combattants, alors qu’elles prenaient des risques elles aussi.

Son livre est déjà un beau monument, comme on les aime en France : un livre.

La reine qui avait un joli sourire- et Dinard, ville bretonne so british, son église anglicane, son magasin de thé – ( et ma touche personnelle ! )

Article complet à lire dans Ouest-France, 10-11 Septembre 2022

Et ma touche personnelle :

Impressionnantes funérailles, comme tout le monde a pu le voir.

J’ai pensé que cette fois les petits -enfants avaient été préservés, car Charlotte et son frère semblaient très à l’aise, émus certes, Charlotte ravissante avec son chapeau ( déjà ! ) conseillant son jeune frère. Ils avaient leur mère à leurs côtés, leur famille, et cela change tout. Rien à voir avec le malheureux Harry suivant le cercueil de sa mère. Je pensais que son père aurait dû avoir le geste spontané d’un père, prendre son fils dans ses bras, le serrer contre lui, ou le mettre sur ses épaules. Quand on a de la personnalité, on invente le protocole, on l’adapte.

On se souvient de John-John Kennedy saluant son père, sa mère avec lui.

Lundi, à l’issue de la cérémonie, à Windsor, on a pu voir des gestes symboliques, le sceptre, l’orbe, la couronne retirés du cercueil pour prendre place sur l’autel, avec les gestes respectueux du bijoutier de la Couronne.

Puis le lourd cercueil, bardé de plomb, est descendu par le sol qui s’ouvrait. Une sortie à la James Bond !

La gerbe de fleurs aurait pu être plus fournie, plus harmonieuse. Elizabeth II a vu mieux, de son vivant.

Il manquait un chapeau sur le cercueil, ce qui aurait pu être le dernier chapeau de la reine qui les aimait tant, un chapeau couleur d’automne, orné de feuilles mortes qui peuvent être si jolies, d’une plume de faisan, ou deux, tombées naturellement, cela va de soi, de quelques noix, de marrons avec leurs coques vertes, et peut-être un champignon, en rappel, et même un corgi miniature en peluche. La reine a porté des chapeaux agrémentés de petits citrons, de garnitures si diverses !

Il y eut pourtant à mon avis, son « fashion faux-pas », lorsque pour honorer M. Mitterrand lors de l’inauguration de l’Euro-tunnel, elle était tout en rouge, y compris évidemment le chapeau. Or, il n’était pas là en tant que socialiste, mais comme Président de tous les Français.

France FOUGERE